Le Blog de BENDRIHEM Haider, Le CRI pour le Changement: L’Algérie mérite mieux que son sort actuel:Démocratie, Justice et Dignité.

Militons pour la Refondation de l’Etat National. Justice, Équité, Liberté, Démocratie, Dignité, nos objectifs et les principes constants et indéfectibles de notre projet.

Archive for mai, 2010

La résistance pour la dignité en Algérie

Posted by bendrihem-haider on 10th mai 2010

“Nous faisons face à un pouvoir qui empéche toujours le peuple Algérien de s’exprimer libremennt; à un pouvoir déterminer à briser toute opposition et tout opposant; un pouvoir qui n’a d’autre alternative que d’aggraver la répression ou de disparaitre politiquement. En dépit de toutes les crises qui se succedent, se chevauchent et secouent le pouvoir, l’opposition peine à reprendre l’initiative politique. Autour de nous, les Algériennnes et les Algériens vivent dans la précarité morale et sociale. Même les espérances qu’ils avaient placées dans la conscience internationale, comme remparts et garanties de la liberté et de la démocratie sont entrain de s’éffondrer. La gestion de hasard menée pendant des décennies a fini par installer la violence au coeur des institutions et des rapports sociaux. Elle bloque toute évolution et toute réforme. Elle nous maintient dans l’archaisme et compromet serieusement l’avenir du pays. Seuls ont droit de cité les rapports de forces nus.”   Hocine Ait-Ahmed l’un des chefs historiques de la glorieuse révolution Algérienne encore en vie et à qui l’histoire a donné raison dans toutes ses positions prises même les plus controversées de l’époque en 1963 et en 1992, longue vie à des Hommes comme lui qui ont combattu et milité pour la justice, l’équité, la liberté, la démocratie et la dignité de son peuple et de son pays. L’Algérie finira par se libérer encore une fois pour enfin instaurer la république démocratique et sociale dans le cadre des principes et valeurs de l’islam tel que rêvée par les concepteurs de novembre.

La situation du pays ne cesse de s’aggraver. Les libertés se sont amenuisées, au point où l’on ne peut parler d’opposition ou d’opinion discordante, tout simplement. L’Etat de l’économie ne cesse de se dégrader, malgré une embellie financière qui ne profite pas aux citoyens et qui continue à sourire aux prédateurs de tout acabit. L’alternance au pouvoir vient d’être enterrée par le coup d’Etat fomenté contre la Constitution par le biais d’une Assemblée populaire mal élue et ne représentant que les 20 % du corps électoral national. Un troisième mandat fatidique pour le pays, est quasi assuré par un conglomérat de partis politiques qui a pris en otage l’ensemble des Assemblées, et participe à la dilapidation du patrimoine national, à savoir sa culture, sa religion, la glorieuse histoire et ses ressources naturelles.

Le pouvoir en place qui s’est attelé le long d’une décennie à museler le champ médiatique, à miner toute tentative de création d’un mouvement politique ou citoyen, à niveler par le bas en limitant le droit au rassemblement, à déstabiliser et opérer des changements au sein des partis existants dans le but de maintenir un unanisme hérité de la période stalinienne et à dissuader le citoyen de s’intéresser aux questions politiques de son pays, en lui suggérant “qu’il est inutile de penser au changement, à partir du moment où ce pouvoir est une fatalité pour le pays”, tout cela sous la menace de l’état d’urgence qui reste comme le seul projet du pouvoir à proposer à la société.

L’Etat déliquescent de fait du terrorisme, de la bureaucratie, du népotisme, du régionalisme et de la corruption, est squatté par l’ambition d’un clan autour d’un président fatigué, dont la seule gloire est la pérennité au pouvoir méprisant tout un peuple et défiant les lois de la biologie.

Le désespoir frappe de plein fouet une jeunesse, réduite au statut de mineure perpétuel, et à qui on a imposé le choix de la misère et le chômage ou de la « Harga » et les maux sociaux. La répression est devenue le seul langage que le pouvoir réserve à toute contestation; le peuple voit ainsi ses acquis chèrement arrachés, disparaitre petits à petits.

Le bilan de la décennie 1999-2009 est frappant:

- Sur le plan politique, en 1999, le président Bouteflika a eu comme adversaires politiques les Ait Ahmed, Taleb Ibrahimi, Khatib, Hamrouche, Sifi et Djaballah  des courants politiques en voie de structuration, ce qui montre que la société était sur la bonne voie de s’organiser. En 2009, le président candidat se retrouve en face du vide qu’il a crée.

- Sur le plan économique et social, en 1999, la facture des importations ne dépassait pas les 10 milliards de dollars et en 2009, elle dépasse largement les 40 milliards de dollars, équivaut à plus de dépendance de l’extérieur, à l’anéantissement du tissu industriel productif, à la mauvaise gouvernance et à la mauvaise politique agricole malgré les milliards injectés avec les conséquences socio-économiques désastreuses. La décennie Bouteflika est créatrice du phénomène des harragas et des détournements, vols et corruptions à coûts de milliards.

- Sur le plan diplomatique, en 1999 et malgré une décennie d’isolation, l’Algérie avait gardé le cap de ses  positions historiques qui ont toujours caractérisé sa diplomatie courageuse et claire à la hauteur de son passé glorieux, en 2009 il ne nous reste ni positions ni même le discours mais rien que la diplomatie du cheque.

Durant les élections de 2007, organisées par le pouvoir et pour les sous traitants du pouvoir, et au mépris du citoyen, la majorité des Algériens a tournée le dos aux urnes avec une volonté clairement exprimée, pour signifier son opposition au pouvoir en place qui s’est foncièrement discrédité. Moins de 20% du corps électoral décide ainsi pour le sort de tout un peuple, voilà le miracle de la démocratie de BOUTEFLIKA qui vient se greffer à ses miracles que le peuple a eu à vérifier le long d’une décennie, marquée par la misère, la dilapidation des deniers publics, la déperdition des richesses nationales, la généralisation de la corruption et la déliquescence de l’autorité de l’Etat.

Malgré tout cela, le pouvoir est resté autiste et méprisant et l’opposition n’a pas su exploité ces brèches qui se sont offertes à elle, pour s’organiser et renverser la tendance, en faisant adhérer les citoyens à son projet. Ceci est du, essentiellement, à des ambitions individuelles des leaders de l’opposition conjuguées aux pratiques d’obstructions anti démocratiques au demeurant, machiavéliques dans leurs essences, exercées par le pouvoir en place.

Aujourd’hui, les animateurs de l’opposition, qu’ils adhérent au CRI pour le changement ou pas,  devraient reconnaitre qu’il est fondamentalement urgent de se rassembler pour s’opposer aux conséquences d’un troisième mandat, qui seront fatales pour le devenir du pays.  Devant un constat aussi alarmant, nous sommes nombreux à partager la même conviction, celle d’œuvrer en concert pour engager une réflexion débouchant sur des initiatives concrètes pour redonner espoir à ce peuple désorienté, désabusé, mais qui continue à porter le pays dans son cœur, malgré les déceptions, les trahisons, les fraudes et la confiscation de son ultime droit à présider à son destin .

Nous sommes nombreux et nous formons l’ensemble des franges de la société, refusant de sombrer dans un populisme ravageur, ou succomber à l’attrait d’un élitisme craintif, salonnard et coupé de la réalité, aspirons à réunir l’ensemble des valeurs sûres de la nation, à fédérer tous les patriotes qui vivent avec le souci  d’œuvrer à sauvegarder la nation d’un naufrage imminent, à mobiliser toutes les capacités du pays réduites à vivre dans l’ombre, afin d’accomplir l’ultime sursaut patriotique, à travers d’initiatives sous formes de réflexions et d’actions capables de redonner espoir à ce peuple trahit.

Nous sommes nombreux à récuser toute velléité de sectarisme et de régionalisme et nous refusons de faire dans la surenchère nationaliste, républicaine ou religieuse, nous sommes condamnés à travailler dans la concertation, l’échange de point de vue, la collecte d’informations et d’expertises utiles, dans la diversité sous l’unique emprise des règles de la démocratie.

Notre conviction, c’est fournir les efforts pour traduire ces idées en projet, justice et équité pour faire adhérer la majorité à ce projet, et surtout patience face aux entraves qu’on va subir. Mais, aussi, ni cupidité, ni peur, ni fatalisme. Ceci est notre crédo, notre point de mire, notre chemin et notre vocation.

Ayant une croyance, selon laquelle rien n’est imposé » à l’homme, sans son propre bon vouloir, nous devons appeler à l’affranchissement de nos concitoyens des fatalismes, des modèles préétablis, du conditionnement et des paternalismes.

Nous devons nous pencher sérieusement sur la crise qui secoue notre pays. Le pouvoir a manqué de clairvoyance, de transparence et de cohérence. La nécessité d’une opération vérité est devenue plus qu’obligatoire. On doit agir avec pragmatisme et vigueur.

Désormais, le combat n’est pas de s’opposer politiquement au président  Bouteflika, car cette bataille est déjà dépassée depuis la violation de la Constitution, l’important est de préparer l’avenir, et s’opposer avec détermination à un pouvoir autoritaire et dangereux pour la cohésion nationale. Le véritable affrontement avec le pouvoir en place passe inéluctablement par cette bataille pour une démocratie durable, politique d’abord, mais aussi économique, sociale et culturelle et ainsi vaincre l’injustice et la terreur par la force de la liberté.

Sommes-nous capables de réussir là où le système a échoué, et de répondre aux exigences et valeurs incarnées dans l’esprit de l’Appel du 1er Novembre 1954, à savoir l’édification d’un Etat souverain, démocratique et sociale, dans le cadre des valeurs de l’Islam ? Tellement souillé, cet Appel est oublié, voire jeté dans les calendes grecques car, nous avons vite oublié ceux qui sont morts pour cet idéal ; un idéal de résistance. Ce même esprit de résistance qui est toujours d’actualité.

C’est en s’inspirant de l’esprit et des valeurs du 1er Novembre que l’on peut mobiliser, à travers un débat sérieux, serein et responsable,  pour engager cette bataille salvatrice pour la nation. Car, ces valeurs ont, ensemble ou séparément, la capacité de motiver ceux qui désespèrent et d’inciter à se battre ceux  qui ont perdu le gout du militantisme et des risques qu’il implique.

Sommes-nous prêts à nous battre et capables d’adopter comme projet politique, celui qui vise à mettre en œuvre la démocratie, à travers les valeurs de solidarité, de liberté et de responsabilité dont elle est porteuse ?

Sommes-nous prêts à nous battre au quotidien pour que nous puissions vivre et exprimer nos points de vue dans les différents domaines, qu’ils soient politiques, économiques… afin d’éradiquer les inégalités et la précarité, sources de frustrations, de violences et d’instabilité permanente.

Aussi, sommes-nous capables de nous battre pour que la culture soit à la portée de chacun, que le développement soit bénéfique à l’ensemble des citoyens et l’éducation soit le ciment de la République, que la santé soit accessible pour tous, que la justice soit indépendante, que la solidarité sociale soit effective, bref pour l’édification d’une société algérienne plus humaine, plus généreuse, plus justes et morale ? Le CRI de l’Algérie pour le changement aspire à faire de la démocratie et de la liberté d’une part et du savoir et de la connaissance d’autre part la clé de lecture des problèmes de notre pays et de l’ensemble de la société algérienne.

Avec cette modeste contribution, il s’agit de reveiller les colères contenues, de stimuler de la résistance démocratique collective. Nos ancétres ont libéré en 1962 un territoire, notre génération doit remettre l’Algérie sur ses pieds, la tête en haut et les pieds en bas. Notre génération devrait mener la libération contre la faim, contre le sous-développement et contre le pouvoir autoritaire, mais une révolution sous forme de resistance pacifique et continuelle jusqu’à broyer cette main invisible qui maintient notre beau pays riche en pays misérable, afin que la richesse de notre pays ne servirait plus à l’enrichissement illicite des tenants du pouvoir et des instruments de repression contre la societé et ces citoyens.Il s’agit de mettre cette richesse et ces moyens au service d’un seul but: le bonheur de la société. Il faut transformer l’algérien commun de spectateur affamé, chomeur, humilié, méprisé, harrag, en  citoyen acteur, combattif, conscient, révolté et même insurgé. La victime devient alors acteur de son destin. C’est à la mise en oeuvre de ce processus pour le changemennt que le CRI veut contribuer. Notre rôle est de contribuer à réveiller les consciennces en vue de ce changement. Il ne suffit plus de dénoncer ou de faire le constat, mais le temps est arrivé pour que le peu de cercles ou mouvements ou partis d’opposition ou personnalités encore engagés contre l’autoritarisme, l’injustice, la corruption et le deni de droit, se mobilisent, se concertent et se rassemblent pour engager un vrai Front d’opposition pacifique pour la démocratisation du pays et afin de montrer à l’opinion nationale et internationale que les Algériens en ont assez de ce pouvoir anti démocratique et autoritaire, pour signifier à ces gouvernants d’un autre temps, notre maturité, notre refus du tutorat imposé et notre ras le bol de la précarité de notre situation et du risque de désinntégration de la nation. Seule une longue résistance citoyenne est capable de rétablir les citoyens dans leurs droits fondamentaux et garantir la cohésion nationale..

Haider BENDRIHEM Ancien Député : Une partie de ce document a été publié dans le journal El Watan au mois de février 2009 habendri57@yahoo.fr

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أزمة نظام الحكم و المبادرة من أجل التغيير

Posted by bendrihem-haider on 9th mai 2010

أزمة نظام الحكم و المبادرة من أجل التغيير

بقلم بن ادريهم حيدر[1]

 

إن أزمتنا في الجزائر هي أزمة نظام الحكم, وأزمة الحكم هي أزمة ديمقراطية, وأزمة الديمقراطية في الجزائر هي أزمة الوعي والمعرفة, أي أزمة تحرر من الخوف والطمع والتسلح بالعلم والإيمان, فالأزمة أزمة النخبة التي تخلت عن مهمتها الأساسية وباعت ضميرها وكرامتها إلى سلطة حلت محل الدولة , مقابل بعض التسهيلات التي هي حق من حقوقها الأساسية والتي أصبحت لدى الأنظمة الاستبدادية تبجيل للخاضعين.

وأصبحت المقولة الشهيرة حقيقة مرة أننا نجحنا أو نجح الشهداء في تحرير التراب وأخفقنا في بناء الدولة التي حلم بها الشهداء. لأن الدولة هي تراب محرر وشعب محرر ليس فقط من الاستعمار بل من القيود والعبودية والاستذلال وسلطة تدافع عن التراب المحرر بدم الشهداء وتحترم الشعب الذي يعطي لها الشرعية وينزعها عندما تنحرف عن خدمته.

 

لبناء دولة ذات سيادة ديمقراطية في إطار المبادئ الإسلامية يجب علينا أن نضع لها شروط, وأول هذه الشروط أن نخرج شعوبنا من الجهل والفقر والخوف والمرض وهذا يتطلب إصلاحات عميقة في المنظومة التربوية والمنظومة الصحية والمنظومة القضائية وأخيرا المنظومة الاقتصادية.

 

فمن دون المعرفة, أي من دون أن يكون للنخبة الجزائرية الجرأة في التعبير على مشاكل المواطن, سنبقي نشاهد برامج عبارة عن شيتة للحاكم, وتكسع علي أبواب السلطان, وستبقي المساعي خاضعة لرغبة السلطان , وستبقي الديمقراطية رغبة يمليها الحاكم أو استفتاء تقرر نتائجه مسبقا وانتخابات مزورة تحسم سلفا لزبائن السلطان والإصلاحات العميقة للخروج من نفق الجهل والفقر والخوف تبقي تتراوح مكانها.

لأن الاستبداد في الحكم لايتطلب سوي بضعة أفكار أما الديمقراطية فإنها تحتاج إلي أفكار كثيرة من التمكن من الحوار مع الغير ومن أجل معرفة المجتمع والتاريخ والمستقبل لذلك تصح المعادلة ً الاستبداد بالجهل والديمقراطية بالفكر والمعرفة ً

 

لقد ركز النظام الحاكم في الجزائر كل عمله على خنق كل محاولة تنظيم سياسي أو نقابي أو جمعوي وقتل في المهد جميع المحاولات الهادفة إلى التغيير السياسي وفبرك في مخابره لكل مرحلة فئة سياسية يمارس بها التداور على السلطة في إطار دائرة الاستبداد التي لاتتغير لضمان مصالحه الدائمة المستدامة, وبعد قضاء الحاجة يلتجئ النظام غالبا إلى تهميش هذه الفئة سياسيا واجتماعيا لاستبدالها بأخرى ملائمة للمخادعة.

إن التغيير يحدث لامحالة سواء بتعميم العلم والحريات ونقتصر المسافات للوصول بوطننا إلي التنمية المستدامة وتعم الرفاهية والعدالة على الجميع أو يأتي بتعميم الظلم والاستبداد وتعم الفوضى والظلم وتكاد البلاد تدخل في دوامة خطيرة تضر البلاد والعباد وفى مقدمتها السلطة وكل المحسوبين عليها. فاليوم لنا الاختيار أما غدا فلا أحد يستطيع التحكم في ما تؤول إليه البلاد والمسئول الأول أمام التاريخ وأمام الشعب هو النظام الحالي.

لقد أدى هذا الاحتباس السياسي والثقافي وتحويل الرهانات فقط حول التحكم في السلطة والبقاء

في أحضانها إلى جمود شامل , حيث كشفت الأزمة السياسية والمؤسساتية والاجتماعية والاقتصادية عن عجز النظام والسلطة الجزائرية في التأقلم مع نظام ديمقراطي, هذا وقد كشف الجميع أن نظام الحكم الحالي لم يكن في المستوى وحاول إخفاء إخفاقاته وتناقضاته بكثرة الخطب الرنانة والمهرجانات وتنظيم الاستفتاءات المتكررة المحسوم في نتائجها.

 

فالسلم والمصالحة أصبح شعارمميع لايعني شيئا, تبنته السلطة لاختفاء الكوارث التي هي مسئولة عليها, واستفتاء استغلته كمنبر لإخفاء عجزها في التعامل مع الأزمة الاقتصادية والاجتماعية. واليوم وبعد تكرار التمديد والتعميم من قانون الرحمة إلى قانون الوئام وميثاق السلم أصبح مشكوك أن هذه القوانين والاستفتاءات تمثل آلية في يد السلطة لتشجيع وفتح المجال أمام النشاط الإرهابي والإجرامي ليصبح أشبه بمهمة متجددة ومعترف بها وهذا يكرس منطق الاعقاب وإغفال الحقيقة والعدالة والإنصاف. ومما لا شك فيه أن السلم الدائم مرهون بإرادة سياسية قوية ومبادرات ملموسة وبسيطة منها رفع حالة الطوارئ وفتح الساحة السياسية والإعلامية وتفعيل الديمقراطية كأداة حضارية للوصول إلى السلطة وقبول فكرة التداول على السلطة والاعتراف بالتعددية السياسية وليس استفتاءات وعفو شامل عن الفشل الشام.

 

أما السعي إلى تعديل الدستور بدون هذه الآليات المذكورة , فانه لايعدو أن يكون دستورا على المقاس, علما أن الدستور الحالي مداس في حد ذاته ولم يحترم حتى من حاميه.

ولهذه الاعتبارات فان الرأي العام يعتقد جازما أن مصرحية التعديل الدستوري بدون نقاش ولا حرية الرأي وتحت حالة الطوارئ محسومة النتيجة مسبقا بأكثر من تسعون بالمئة المتعود عليها ماهي إلا كلفة باهظة على الخزينة العمومية ستنعكس سلبا على المواطن, يؤكد حقيقة مرة مفادها أن المستبد يسخر المال العام ويجند الإدارة العمومية ويسلح القوة العمومية على حساب المصلحة العامة لإغراضه الضيقة.

 

وبهذه الممارسات فقدت السلطة ماتبقى لها من ماء الوجه على الصعيدين الداخلي والخارجي, ولم يبق لها لامشروعا سياسيا ولاهدفا ولا إستراتيجية, متجاهلتا الشعب ومعتمدة على تكسير المعارضة وكل القوى السياسية التي تعمل من أجل التغيير السلمي . وثار لها ذلك ممكنا بفضل البترول الذي يضمن اقتسام الريع والتسيير البيروقراطي لمؤسسات الدولة وتغطية الضعف السياسي والاقتصادي والاجتماعي.

 

لذلك فمن الطبيعي أن تخفق السلطة الحالية في تحقيق الإصلاحات التي قامت بها وفشلت حتى في توفير الحد الأدنى من الكرامة الإنسانية للمواطن الجزائري.

إنها تتعامل مع المواطن كقاصر غير ناضج للديمقراطية والحريات, فالمشكلة النظرية والفلسفية تكمن في من يحدد ماذا والى متى, من الذي يملك شرعية القول أن مجتمعنا ناضج للديمقراطية, ومتى سينضج, وفي اعتقادنا فان الشعب الذي قهر الاستعمار الفرنسي لجدير بممارسة سيادته الحرة كاملة غير منقوصة دون وصاية من ـحد.

إن ماتحتاج إليه البلاد والشعب هي القيادة لا الوصاية, والقيادة مسألة سياسية لاتتعلق بالطبقية الاجتماعية ولا الجهوية, بل بالرؤية والقدرة على تحفيز المجتمع وإطلاق طاقاته.

 

إن الوصول إلى النقطة الحرجة في طريق التحول نحو الديمقراطية هي التكفل بالتربية والصحة والعدالة وخاصة أجور تضمن كرامة المواطن, تلك آليات تسمح لإنشاء طبقة وسطى عريضة في المجتمع قوية في الفكر متحررة في العمل , في خضم معانات طويلة ونضال شاق. وهذا لايمكن أن يتم عن طريق السلطة الحالية, لأن هذه السلطة ببساطة معادية لهذه الطبقة الوسطى التي تتكون من المعلم والأستاذ والطبيب والموظف والعامل

والسبب في ذلك هو أن تطوير وقوة الطبقة الوسطى يعني بداية النهاية للنظام الأبوي التسلطي.

 

وإذا كانت مسؤولية السلطة السياسية كبيرة في ما يعانيه المواطن الجزائري من مشاكل اجتماعية وثقافية وسياسية أنزلته إلى مادون مستوى المواطنة, فان المواطن بصفة عامة والنخبة بصفة خاصة لهم نصيبهم من المسؤولية في استمرار الاحتقان السياسي والاجتماعي, وعليه فان مايقتضيه الواقع المر من المواطنين هو أن يتحركوا بقوة لفرض سلطة الشعب على النظام الحاكم وعدم الاكتفاء بالشكوى واللوم فقط وتحريك المجتمع نحو المقاومة الفكرية والممانعة من أجل التغيير.

إن الحد الفاصل اليوم هو بين راغب في تكريس الحكم الفردي الاستبدادي الذي يفقر الشعوب ويذلها ويزدهر الفساد وتكثر الفضائح في زمنه وبين معلنين لإرادة قوية لبناء دولة القانون والمؤسسات وتحصين الديمقراطية والحريات ويعم العدل وتزدهر الرفاهية وتسترجع الكرامة التي يأمل فيها الجزائريون.

ولا شك أن هناك كثيرين ناضلوا من أجل هذه الأفكار والمبادئ التي تنهض بها الأمم وتتقدم بها الشعوب وتحضي السلطة بالمصداقية والشرعية وبذلك فقط يصبح العمل السياسي عملا شريفا يتعاطاها الأخيار.

 

وعلى هذا إلزام علي كل مواطن شريف يعشق الحرية ويموت من أجل الكرامة ويضحي من اجل بناء الدولة التي حلم بها الشهداء, لا يطمع في فتات السلطان ولا يخاف من عقابه أن يرفع صرخة عالية تعبر عن القول بأن الوقت قد حان لانجاز إصلاحات عميقة تتجسد في ترجمة بيان أول نوفمبر 1954 إلى واقع سياسي ملموس.

السجن لايخيفنا والموت شرف لنا.

 

[1] باحث ونائب بالبرلمان سابقا

 

 

 

 

 

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لا صوت يعلو فوق صوت الانتهازية

Posted by bendrihem-haider on 9th mai 2010

لا صوت يعلو فوق صوت الانتهازية

رحلة تفقير وتجهيل الشعب تتواصل

 

مع سقوط كل قلاع المعارضة والرأي الآخر وانحصار كل فضاءات التعبير، لم يعد للنظام إلا صوته الذي أضحى باهتا في أفواه الانتهازيين .

إن أنبل الأفكار والقيم يكون مصيرها الفشل إذا تبنتها الانتهازية ونطقت بها ألسنة متسخة بالكذب، تفقد معناها وتصبح مجرد بوق لدعاية رعناء.

الانتهازية لا يهمها شعب ذاق المرارة والحقرة والفقر المدقع والفساد المعمم ولا يهمها حتى شخص الرئيس نفسه، وإذا تأكدوا أن الرئيس القادم ليس هو الرئيس الحالي سينقلبون عليه وشرهم ليس له حدود كانبطاحهم. الانتهازية تبحث عن مصالحها ولا يهمها الدم المراق ولا الكرامة المداسة ولا الديمقراطية ولا حتى الوطنية .

إن هؤلاء الإنتهازيون الذين يطبلون اليوم لعهدة ثالثة هم الذين طبلوا لكل الرؤساء. هؤلاء يؤمنون بالمبايعة عن طريق علبة الدعاية ولا يقبلون الحوار والديمقراطية والحريات وأصبحت نداءاتهم والتأييد والمساندة لعهدة ثالثة تعذيبا إعلاميا تقوم به التلفزة الممولة بأموال الشعب. فليس لهم لا قناعة ولا أفكارا ولا كرامة يدافعون عنها، بل لهم مصالح دائمة حتى مع الشيطان، ومثل هذه النماذج هي التي تسيء إلى الجزائر الرئيس أكثر مما تنفعه.

كيف يمكننا أن نتكلم عن تعديل الدستور وإنشاء الأحزاب والجمعيات والنقابات ممنوعة رغم تكريسها دستوريا في المادة 41 التي تنص صراحة أن حق إنشاء أحزاب سياسية معترف به ومضمون.

كيف يمكننا أن نتكلم عن تعديل الدستور والحريات مقهورة رغم تكريسها في المادة 41 من الدستور والتي تنص أن حريات التعبير وإنشاء الجمعيات والاجتماع مضمونة.

كيف يمكننا أن نتكلم عن تعديل الدستور في ظل الخوصصة المشبوهة والسرقة العلنية والفساد الإقتصادي الشامل رغم تكريس حماية الاقتصاد الوطني من أي شكل من أشكال التلاعب، أو الاختلاس أو الاستحواذ أو المصادرة غير الشرعية التي تنص عليها المادة 8 من الدستور.

كيف يمكننا أن نتكلم عن تعديل الدستور والملكية العامة التي تعتبر ملك للمجموعة الوطنية كادت أن تعطى كهدية للشركات الأجنبية عن طريق قانون المحروقات رغم صراحة المادة 17 من الدستور التي تنص: “الملكية العامة هي ملك للمجموعة الوطنية وتشمل باطن الأرض والمناجم والمقالع والمواد الطبيعية للطاقة … ”

كيف يمكننا أن نتكلم عن تعديل الدستور والساحة الإعلامية مغلقة في وجه المعارضة وحالة الطوارئ سارية المفعول.

كيف يمكننا أن نتكلم عن تعديل الدستور وملايين المواطنين يعيشون في فقر مدقع وعشرات الملايير من الدولارات مخزونة في البنوك الأمريكية والبرميل الواحد يفوق 140 دولار رغم صراحة المادة 96 التي تنص: ” ظروف معيشة المواطنين الذين لم يبلغوا سن العمل والذين لا يستطعون القيام به والذين عجزوا عنه نهائيا مضمونة” . وهذه هي وضعية الدستور الحالي، الذي يستغيث طالبا التطبيق فقط.

كما هو الحال الذي تبدوا عليه سلطتنا اليوم التي تناست مشاكل المواطن الكثيرة، وأضحى همها الوحيد التهليل بالعهدة الثالثة وبتعديل الدستور في ظل صمت أول رجل معني دستوريا بالمسألة.

فقبيل أن ينطق رئيس الجمهورية ويعبر عن رغباته، هاهو السيد زياري رئيس السلطة التشريعية يضع الغرفة التي يترأسها قربانا للعهدة الثالثة وبتالي يضمن بقاءه في القبة البرلمانية لعهدة أخرى، ويذهب الناخبون إلى الجحيم. وهو ما عبر عنه كذلك السيد بن صالح رئيس مجلس الأمة بالرغم من أن الرجلين كانا ضمن أولئك الذين شاركوا كمسئولين في صنع الدستور الحالي.

فعندما ينحني رؤساء البرلمان ويصبح همهم الوحيد الركض وراء رضا رئيس الجمهورية لضمان بقائهم فقط على رأس هذه المؤسسة الدستورية، فمعنى ذلك أن أصل المشكل ليس الرئيس وحده رغم المسؤولية التاريخية التي يتحملها ، يقع بالضبط في النظام ورجالاته.

إن الإستبداب والفساد لا يمكن أن تبنى بهم حضارة، وبدون حضارة لا وجود للحرية وبدون حرية لا يمكن أن نتكلم عن الديمقراطية وبدون ديمقراطية لا يمكن أن نتكلم عن دولة أو عن شعب. لم تعد هناك قيما وأصول سياسية في غياب الحرية وتقديسها حتى على حساب الوطنية.

إن الإستبداد يفقر الشعوب ويذلها ويجعل الحاكم لعبة في أيادي قوى تعمل ضد الوطن والمواطن والفساد يزدهر في غياب الحرية والشرعية.

إن السعي إلى تعديل الدستور بدون فتح الساحة السياسية والإعلامية ورفع حالة الطوارئ والإعتراف بالتعددية السياسية، فإنه يعدوا إن يكون الدستور على مقاس حاشية الرئيس، علما أن أزمة الجزائر ليست أزمة تعديل الدستور وإنما إحترام الدساتير وتطبيق قوانين الجمهورية وجعلها فوق الجميع، وليس دستورا يرفع قلم المحاسبة على حاشية الرئيس. فحتى الرسل لم يرفع عليها الرب سبحانه قلم المحاسبة، دستور جديد يكرس الإستبداد والجمهورية الوراثية بدل التداول على السلطة التي تضمنه المادة 74 من الدستور والتي تعتبر كمكسب تاريخي للجزائر.

السؤال المطروح هل سيدرك السيد رئيس الجمهورية الفخ وهو في أواخر عمره وتنتصر الحكمة عنده ويدرك أن ضمان الإنتصار مبدأ التداول على السلطة سيجعله ينضم إلى نادي العظماء ؟

من سخرية القدر أن يكون الحزب العتيد، الحزب الذي عرف بوضياف وبن بولعيد وبن مهيدي وعبان رمضان وكريم بلقاسم والعقيد لطفي وعثمان بن حدو وقائمة أبطاله طويلة وطويلة جدا، أضحى مجرد بوق بين أيدي الانتهازية. ماذا تبقى عمليا من الحزب الذي قاد الشعب الجزائري لتحرر من 132 سنة من الإحتلال المدمر.

مع نهاية الأسبوع الماضي تم إنقاذ 74 شابا جزائريا في عرض البحر كحراقة. وتقول الأرقام الرسمية أن عدد الشباب الذين تم توقيفهم في عرض البحر تجاوز 420 شابا منذ بداية السنة، أي بمعدل 7 شبان في كل يوم.

الوضع خطير وخطير جدا ولا أحد يكترث لذالك، فعوض أن يتكفل الطاقم الحكومي بإيجاد الحلول السحرية للأزمة التي تتخبط فيها البلاد والعباد، نجد معظمهم مجندون لضرب الدستور.

لقد أكدت دراسة اقتصادية اجتماعية قام بإنجازها مختصون جزائريون أن عدد الفقراء أصبح يمثل نصف تعداد السكان، أي أكثر من 16 مليون جزائري، وعدد السكان الذين يعيشون في أوضاع الفقر المدقع وصل 07 مليون شخص، بينما وصل عدد البلديات التي لا تمتلك المرافق الضرورية للحياة الكريمة لمواطنيها أكثر من 120 بلدية.

أمام هذه المآسي، يجد المواطن نفسه أمام مأساة حقيقية أخرى وتتمثل في الطريقة التي تعالج بها السلطة هذه المسائل. ولكل عشرية مسيلمته ومسيلمة عشرية الفساد هذه هو السيد وزير التضامن جمال ولد عباس. هذا الرجل الذي وضع وزارته في خانة معهد للإحصائيات في بلادنا، يسعى للعب دور رجل المطافئ، وهو الدور الذي لا يتقنه تماما بل عودنا على تزوير الأرقام وتبيض الحقائق.

هناك من صدف التاريخ ما هو قاتل للشعوب والأمم، وصدفة التاريخ لدينا هي مأساة شعبنا الفقير مع السيد الوزير المكلف بالتضامن.

عندما يتحدث السيد وزير التضامن من دون حياء عن 10% من البطالين في الجزائر، نتساءل كيف يهرول هؤلاء الجزائريين المرتاحين في وطنهم حسب وزيرنا للأعمال الخيريةصوب البحر لينتهوا وجبة للحوت. عندما تقول عائلة من ولاية مستغانم، أنها لم تعد تأكل الحوت منذ وفاة ابنها في عرض البحر، فإن ذالك دليلا على عمق مأساتنا.

وهنا تتفاقم مأساتنا أمام الخوصصة المشبوهة للسيد تمار وزير الخوصصة، وحافلات الفقراء التي تأخذ اتجاهات أخرى وأحسن دليل على ذلك هي أغرب عملية خوصصة في الجزائر وهي خوصصة نقاوس للمصبرات والمشروبات لشركة يوجد من بينها شخصان قضيا مدة حبس نافذة سنة 2005 بتورطهما في تهريب حاويات سجائر وتزوير وثائق رسمية وقد لجئ هذا المتعامل الخاص إلى الاستعانة بخدمات صناعي محترم معروف وتعاقدا معه لتضليل وإخفاء الحقائق.

فإذا كان المواطن الذي يؤمن بالمستقبل الديمقراطي للجزائر، قد دفع الثمن غاليا طيلة العشرية الحمراء لإنقاذ البلاد من الانقراض التي مازالت أثارها متواصلة، فإن هذا المواطن وجد نفسه أمام معضلة جديدة وهي معضلة عشرية الفساد التي تفاقمت بنهب البترول، وتحطيم النسيج الصناعي للبلاد، وتحويل الأراضي الفلاحية ونهب المال العام، ووضع الجزائريين في خانة الشحاذينالذين ينتظرون قفة رمضان التي يتصدق بها وزيرنا للتضامن من المال العام.

ويتساءل المواطن عن أسباب تفاؤل السيد وزير التضامن، هل يقرأ الصحافة ؟ هل يسمع بإختطاف لأطفال وأغتصاب القصر ؟ هل يستطيع أن يقدم لنا إحصائية واحدة عن عدد الأمهات العازبات وعن عدد الأطفال الذين لا يعرفون آبائهم ولا أمهاتهم ؟

لم يشعر الجزائري في تاريخه كله بالذل وفقدان الكرامة والعزة في بلاده كما هو الحال عليه اليوم، ولم يشعر باليأس والتشاؤم.

إن حلم الشهداء لن يتحقق أبدا إلا بتحرر الشعب، وهذا التحرر يبداء بإزالة الفقر والجهل والمرض.

عندما يقول السيد لكساسي محافظ البنك المركزي، أن البنوك الجزائرية لا تقترض إلا لأقلية معروفة، علما أن القليل منهم يتكرم بتسديد هذه القروض، فإن الأمر قد بلغ جدا من الخطورة يصعب السكوت عنه وذلك بالنظر إلى حجم الفقر والمأساة الاجتماعية وتوسع رقعتها في أوساط الشعب وهذا بالرغم من التطورات الحاصلة بعد الاستقلال والمجهودات التي بذلت من أجل التنمية.

إن المختصين الجزائريين والدوليين قد أكدوا على حقيقة مفادها أن الشروط التي يبنى عليها النمو الإقتصادي غير متوفرة إلى غاية اليوم. وفي هذا السياق، يجب الإشارة إلى الوضع المأساوي الذي آلت إليه المنظومة التربوية بصفة عامة والعلم والمعرفة بصفة خاصة، القاعدة الأساسية التي تنهض بها الأمم وعلى سبيل المثال ولا الحصر، فإن المعلم الجزائري في السبعينات كان يتقاضى خمسة مرات ضعف الحد الأدنى للأجر المضمون آنذاك، بما يقابل 60.000 دينار جزائري اليوم، وبالمقابل فإن الأستاذ الجامعي والباحث يعيشان اليوم وضعا مأساويا، يجعلنا نقول أنهما في وضعية المنكوب تماما وأصبح يبحث سوى عن الهجرة نحو سماء أكثر حلما. أما باقي المربين والمعلمين فإنهم يعيشون اليوم تحت أدنى حد الفقر بأجور هزيلة ناتجة عن تراجع كبير لقدرتهم الشرائية مقارنة لسنوات السبعينات. فخلال الأسابيع الماضية، فإن المعلمين والأساتذة والموظفين الإداريين، قد عبروا عن مأساتهم من خلال تنظيمهم لإضرابات وطنية معلنين بذالك عن رفضهم للحلول الترقيعية التي تقترحها الحكومة.

وهذا ما ذهب إليه أحد الخبراء الجزائريين المعروفين بدق ناقوس الخطر بقوله هناك تقشف اجتماعي رهيب مسلط على الشعب بصفة عامة وعلى الطبقة الوسطى بصفة خاصة في الوقت الذي تخزن فيه عائدات البترول“. والسبب في ذالك هو أن تطوير وقوة الطبقة الوسطى يعني بداية النهاية للنظام الأبوي التسلطي.

وهذا ما يجعل فعلا أن السلطة أصبحت سلطة مهمتها تفقير الشعب الجزائري وتعوم في الفساد المعمم. فإذا كانت الجزائر قد صنفت فيما مضى ضمن خانة الدول التي تعرف بالفساد، فإنها اليوم قد قفزت إلى مقدمة هذه الدول وذلك لما عرفته مرحلة من تعميم للفساد من دون رادع ولا مراقب ومست آفة الفساد حتى ركن من أركان الإسلام الخمس أي الزكاة.

وهذا ما يقودنا للقول ومن دون تحفظ أن في هذا الطاقم الحكومي يوجد وزير لضخ بترول الجزائريين والذي كاد أن يعطى كهدية للشركات الأجنبية، ووزيرا آخر نجح نجاحا باهرا في تحطيم النسيج الصناعي وآخر تشبه علاقته مع التضامن كقيمة إنسانية ، علاقة مسيلمة مع النبؤة. وبالرغم من كل ذلك، فهناك من يطلب من الشعب إلزام الصمت قي تواصل النزيف.

إن أزمتنا في الجزائر هي أزمة نظام الحكم، وأزمة الحكم هي أزمة الديمقراطية وأزمة الديمقراطية في الجزائر هي أزمة الوعي والمعرفة أي أزمة تحرر من الخوف والطمع والتسلح بالعلم والإيمان.

فمن دون تعميم المعرفة وضمان الحرية وحفظ كرامة الإنسان الجزائري ومن دون أن يكون للنخبة الجزائرية الجرأة في التعبير عن مشاكل المواطن، سنبقى نشاهد برامج عبارة عن شيتة للحاكم، وتكسح على أبواب السلطان، مقابل بعض التسهيلات التي هي حق من حقوقها الأساسية، والتي أصبحت لدى الأنظمة الاستبدادية تكرما للخاضعين وستبقى المساعي خاضعة لرغبة السلطان.

إن السلطة التي تريد أن يكون شعبها كالعبيد، تصبح أمة عبيد، وأمة من العبيد لا يمكن أن تكون إلا عبيد الأمم.

إن الحد الفاصل اليوم هو بين راغب في تكريس الحكم الاستبدادي الذي يفقر الشعوب ويذلها ويزدهر الفساد والفضائح في زمنه، وبين معلنين لإرادة قوية لبناء دولة القانون والمؤسسات وتحصين الديمقراطية والحريات ويعم العدل وتسترجع الكرامة، تلك هي المبادئ التي تنهض الأمم وتتقدم بها الشعوب وتحظى السلطة بالمصداقية والشرعية، وبذالك فقط يصبح العمل السياسي عملا شريفا يتعاطاها الأخيار.

بقلم بن دريهم حيدر

 

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La Lettre de la honte

Posted by bendrihem-haider on 7th mai 2010

dimanche, décembre 13, 2009

Lettre ouverte de Djamila Bouhired

A Monsieur le Président d’une Algérie que j’ai voulue indépendanteMonsieur,Je me permets d’attirer votre attention sur ma situation critique. Ma retraite et la petite pension de guerre que je perçois ne me permettent pas de vivre convenablement. D’ailleurs, mon épicier, mon boucher, ma supérette pourront témoigner des crédits qu’ils m’accordent. Il ne m’est jamais venu à l’esprit de compléter mes revenus par des apports frauduleux qui, malheureusement, sont très fréquents dans mon pays.Je sais que certains authentiques moudjahidine et moudjahidate sont dans la même situation, probablement plus critique. Je n’ai pas la prétention de les représenter ici, mais au poste où vous êtes, vous ne pouvez ni ne voulez connaître leur dénuement. Ces frères et soeurs, dont l’intégrité est connue, n’ont bénéficié d’aucun avantage. La somme qui leur serait allouée ne pourrait dépasser les honoraires généreux attribués aux députés et sénateurs, ainsi qu’à vous-même et à tous les alimentaires qui vous entourent. Ainsi, je vous demanderais de ne plus nous humilier et de revaloriser notre dérisoire pension de guerre afin de vivre dans un minimum de dignité le peu de temps qui nous reste à vivre. Avec mes sentiment patriotiques.Djamila Bouhired  

 Commentaire:

- Désolé chére Madame Bouhired, cette Algérie que vous pensiiez libre et indépendante, ne l’est que pour une minorité tenante du pouvoir, sous la fausse légitimité de pseudo-révolutionnaire. Les héros de la révolution  sont, soit morts que Dieu ait leurs ames sur le champ d’honneur, soit marginalisés comme vous. Madame sachez que le peuple compatit à votre désaroi car il se trouve tout aussi démuni, affamé, marginalisé méprisé. Madame que n’avez vous encore 20 ans pour venir à bout encore une fois de ce colon d’un nouveau genre? car une bonne partie de nos dirigeants se comporte avec ce peuple comme un nouveau colonisateur. Le pouvoir en place crée à chaque fois un nouveau ennemi tantôt les Communistes, tantôt les berberistes, tantôt les islamistes et aujourd’hui les mains et les amis de l’étranger, bref il se fait l’ennemi de tout un peuple et les tenants du pouvoir arrivent toujours avec les moyens de propagande et de répression dont ils disposent, à convaincre une partie de la population, qu’ils sont de la race des 22, mais ils se comportent avec ce peuple comme la race des Bigeard, des Massu et des Salan.
Ils sont toujours au pouvoir, ils se sentent même la conscience de ce peuple, donneurs de leçons, moralisateurs. Ils gardent ce peuple en situation de mineure perpetuelle, en utilisant tous les moyens. Ils mobilisent la force publique, l’argent public et l’administration publique contre la volonté du peuple au nom de ce même peuple pour se pérenniser au pouvoir. Le peuple reste responsable et même plus responsable que ses mêmes responsables pour éviter le pire à ce pays mais jusqu’à quand peut-il tenir contre cette injustice, ce mépris et cette arrogance?

- Une lettre au président algérien de la part d’une Héroine de la guerre d’Algérie Djamila Bouhired, qui n’arrive même pas à vivre décemment de sa retraite alors que durant la campagne présidentielle de la honte de 2009, un inconnu de la révolution, devenu président à vie, a dépensé avec l’argent de l’Etat, presque un milliard de dollars pour son plaisir personnel( avion présidentiel, résidences, etc..), c’est scandaleux.

 - Quand un “Pouvoir” n’arrive même plus à sauver les apparences, c’est qu’il est en pleine déliquéscence, qu’il est proche de l’explosion…Haider Bendrihem

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Le pouvoir personnel, voie royale vers un naufrage certain

Posted by bendrihem-haider on 4th mai 2010

«Le peuple mérite mieux que cette suprême injure»*

 Un peuple qui pense est un peuple qui a soif du débat et de la transparence et qui exige des comptes à ses responsables, c’est un peuple qui représente un risque réel pour la survie du régime, c’est pour cela que le régime autoritaire ressemble beaucoup à des relents de colonialisme; il préfere maintenir le peuple dans l’ignorannce, dans la misére économique et sociale et le maintenir dans une athmosphére de vie pétrie de privation, de peur et de tension, mais l’histoire a démontré que le peuple finit toujours par se révolter et se libérer ainsi du joug de l’oppresseur, c’est une affaire de temps et de prise de conscience!. 

Un Etat qui ne respecte pas sa constitution et les règles élémentaires de l’organisationn d’un Etat, n’est donc pas seulemennt de rupture de contrat avec son peuple, mais il détruit sa propre légitimité. 

Par Haider Bendrihem**

Si les Algériens, en 1962, ont eu à constater la libération de leur pays, ils n’ont, hélas, pas encore vu la construction d’un Etat souverain qui leur permet de disposer d’eux-mêmes. La construction de l’Etat souverain, démocratique et social, tel que les concepteurs du 1er Novembre 1954 l’avaient rêvé, demeure à ce jour un vœu pieux.

L’Etat-nation «Eddoula» est devenu, et resté, depuis le coup de force de Tripoli (CNRA de Tripoli) contre le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), un pouvoir qui gère par la force et l’intrigue. A son tour, l’ancien président Ben Bella, issu du coup de force de Tripoli, fait la connaissance avec les mêmes méthodes qui l’avaient amené au pouvoir. Il fut destitué par son ministre de la Défense, Houari Boumediene. Après sa mort mystérieuse et suspecte, Houari Boumediene sera à son tour remplacé par le colonel Chadli Bendjedid, en instrumentalisant le rapport de force qui existait au sein de l’institution militaire. L’avis des citoyens algériens importait peu aux mentors de ce colonel qui fut bombardé chef d’Etat. Avec la manière présidant à la désignation du colonel Chadli Bendjedid, à la tête de la magistrature suprême, le pouvoir se conformait en réalité à la logique, à l’origine de son intronisation dans le feu des événements sanglants de l’été 1962. Le départ de Chadli Bendjedid était une preuve majeure de sa faillite, hormis les reformes engagées par le gouvernement de Hamrouche, au moment où le pays passait dans une zone de turbulences graves. Les réformes démocratiques engagées par ce même gouvernement n’ont pas trouvé d’appuis du côté de cette institution militaire, qui avait apporté Chadli au palais d’El-Mouradia, en 1979. Il fut poussé à la porte, dans des conditions de crise majeure, compliquées par la montée du courant islamiste. L’année 1992 avait vu la vacance de la présidence de la République. C’est ainsi que le pouvoir concocta encore une nouvelle formule, en somme tout à fait illégitime, comme les présidents qui se sont succédé au palais d’El-Mouradia. Le pouvoir réel fera appel à ses concepteurs et ses avocats bardés de diplômes en droit constitutionnel et en légitimité historique. Ainsi, le directoire issu de la Révolution française de 1789 fut l’ultime recours des concepteurs du Haut-Conseil d’Etat, dont le capital de légitimité historique de son président, à savoir le coordinateur des six historiques qui ont été à l’origine du sursaut libérateur du 1er Novembre 1954, a été d’un grand secours au pouvoir réel, dont les animateurs étaient totalement coupés du peuple. Le président Boudiaf connaîtra une fin tragique à Annaba. Il refusait d’être une marionnette entre les mains des gens qui l’avaient ramené. Sa mort violente fera découvrir au peuple que le cadeau donné à l’un des pères de la Révolution était bel et bien empoisonné. Boudiaf n’avait gouverné que six mois, avant qu’il ne soit renvoyé au cimetière d’El-Alia pour rejoindre ses compagnons morts en chahids. La légitimité historique fut encore interpellée, lorsque le fauteuil de chef d’Etat fut attribué à l’ancien chef de la Wilaya II historique, à savoir l’ex-colonel de l’ALN, Ali Kafi. Après l’intermède de Kafi, c’est au tour du général mis à une retraite forcée de revenir aux commandes, c’est l’ancien général de l’ANP, Liamine Zeroual.

Le défunt Boudiaf, malgré qu’il ait été intronisé à la tête de la République, selon des méthodes peu légitimes, il s’attaqua à ce qu’il avait qualifié de maffia politico-financière, et chercha à créer un mouvement citoyen, dans le but de mettre en œuvre son projet d’essence démocratique. Il voulait s’appuyer sur des hommes et des femmes intègres. Ce qui ne cadrait pas, évidemment, avec la vision des décideurs qui avaient en aversion tout ce qui renvoie à un mouvement démocratique d’essence populaire. Zeroual fut élu massivement, sur la base d’un slogan «construisons ensemble l’Algérie». Il a lancé son programme de réhabilitation des institutions de l’Etat malgré son élection démocratique, son projet s’est heurté à l’idée de l’amnistie et des négociations avec l’AIS. Les négociations furent engagées malgré lui. Il fut contraint ainsi à la démission, ne pouvant couvrir un accord entre une armée dont il déniait toute légitimité et qu’il considérait comme une entreprise terroriste. Il ne reconnaissait dans les faits que l’ANP. Sa démission déguisée, fut justifiée par son attachement à «l’alternance».

Bouteflika fut présenté au peuple comme le sauveur. Ses mentors jouèrent sur l’image du défunt Boumediene qui continue à jouir auprès du peuple d’un capital de sympathie certain. C’était donc l’homme providentiel, capable de redresser la situation économique dans laquelle se débattait le pays, de redorer le blason d’une diplomatie mise à mal par une crise profonde du système et surtout de ramener la paix et la réconciliation entre les Algériens, ainsi que d’améliorer leur pouvoir d’achat. N’ayant rien entrepris dans ce sens, son échec fut retentissant. Car l’erreur historique de Bouteflika est, avant tout, une erreur de diagnostic et de méthode. La situation économique s’aggrava au moment où le pays connaît une plus grande aisance financière, marquée surtout par un gaspillage sans précédent des deniers publics. La corruption se généralisa pour devenir le seul mode de gouvernance.

A la différence des présidents Zeroual, Bendjedid et Boumediene, où les gouvernements successifs ont connu une certaine stabilité, le président Bouteflika ressemble beaucoup à Ben Bella, en voulant tout contrôler et en s‘entourant d‘une majorité gouvernementale issue de sa région natale. Il s’attela à tout contrôler, et laissa peu de place dans son dispositif de gouvernance pour de vraies compétences économiques et politiques. En plus de l’absence de précision dans les réformes qu’il voulait engager, son penchant à tout contrôler isola l’exécutif qui s’est retrouvé, de fait, dans une posture d’une simple administration incapable de prendre une décision. Cette situation a réussi à vider les réformes de leur substance et poussé les compétences à fuir un climat malsain. A force de vouloir tout faire et sa conviction de pouvoir tout réussir, il précipita, en l’espace de dix ans, l’Algérie dans un gouffre inextricable. C’est le retour à la case départ, avec des milliards de dollars de perdu. Il s’érigea ainsi en exemple de monarque, capable d’outrepasser la Constitution, de la changer pour en faire un texte à la mesure de son ambition personnelle. Sa réussite est fulgurante, dans ce sens où le régionalisme, la corruption, la perfidie, l’obséquiosité… se cristallisèrent comme mode de gouvernance. Il est vrai que Bouteflika est derrière l’ouverture d’un nombre important de chantiers, mais malheureusement, il est vrai aussi que ses réformes distillées par à coups et à moitié furent un échec total sur tous les fronts. Le résultat est là. Tout ce qu’il fait coûte cher à la collectivité, avec des incidences nulles.

Les importations pour cette année avoisinent les 30 milliards de dollars, et le tissu industriel est complètement disloqué et démantelé par ses ministres favoris et importés. Durant la décennie du président Bouteflika, plus de 200 milliards de dollars ont été injectés pour relancer l’économie et inciter la croissance économique créatrice de richesses et d’emplois. Le résultat médiocre est là. Nous n’avons même pas assuré notre sécurité alimentaire, à l’image de la pomme de terre, du pain et du lait que nous continuons à importer.

Il est clair que le président actuel, et depuis son investiture en 1999, ne détient aucune feuille de route conséquente, en dehors de celle de manœuvrer, pour rester à la tête de l’Etat, quitte à faire passer des amendements substantiels de la Constitution par les deux chambres du Parlement qui ne représente, dans la réalité, moins de 20% du corps électoral. Le narcissisme du président coûte cher à la collectivité nationale qui continue à payer les frais du sous-développement, de la dilapidation de ses biens, de la disparition, sous des formes violentes, des petites gens, et d’une fracture profonde vis-à-vis de l’ambition d’édifier un Etat démocratique et moderne. L’élément de survie du système découle de la rente pétrolière qui lui offre des subsides suffisants, pour ouvrir des chantiers tape-à-l’œil, et surtout pour corrompre et engraisser la pâte d’une classe politique disqualifiée depuis longtemps. Avec ce régime, les générations futures ne peuvent rien attendre. La manne pétrolière est mobilisée pour les importations. «Après moi, le déluge », semble dire ce président à ses concitoyens, qui voient ainsi les avantages de l’envolée du prix du pétrole, une énergie non renouvelable, alimenter un penchant effréné vers l’importation, causant au passage un déficit au commerce extérieur du pays. Le président Bouteflika briguera, donc, un mandat en 2009, avec une situation qui ressemble à celle qu’il avait trouvée en 1999. Il l’avait lui-même dit, à l’occasion de son allocution lors de sa réunion avec les élus locaux. Sa sentence, ce jour-là, est tombée comme un couperet devant l’étonnement d’un peuple ne comprenant pas beaucoup de choses à de telles confessions. «Nous avons fait fausse route», avait-il reconnu, avant d’ajouter que «nous croyions aller vers le paradis, alors qu’on s’acheminait vers l’enfer».

Quel crédit donner à une telle confession. Un désaveu à sa propre démarche ?! Le sauveur de la nation, le savant, le grand commis de l’Etat et le bon gestionnaire qui avait critiqué tous ses prédécesseurs fait un aveu d’échec. En parallèle, il ne procède à aucun changement. Les mêmes hommes, qui l’entouraient, continuent à massacrer l’économie nationale, et l’appareil de l’Etat persiste dans sa paralysie, à côté une fermeture systématique de l’espace politique et médiatique, ainsi qu’un viol constitutionnel annoncé par le truchement d’institutions mal élues, prouvant de la sorte de la soif du pouvoir à l’image de tous les monarques et dictateurs arabes.

Depuis 10 ans, toutes les terres arables se trouvant dans le littoral et autour d’Alger ne cessent d’être cédées aux pontes d’un système plutôt enclin à acheter du soutien aux pratiques prédatrices de ses gardiens. Le reste est cédé à un programme farfelu et peu fiable, celui de la construction d’un million de logements. Dans la réalité, le régime en place s’est attelé à parachever l’œuvre du colonialisme qui a dépossédé les Algériens de leurs terres. C’est au tour du béton de cette décennie d’achever cette œuvre macabre.

A six mois de l’élection présidentielle, le pouvoir qui a perdu l’initiative sur le terrain, qui vit dans l’expectative la déliquescence de l’autorité de l’Etat, qui vit dans l’incapacité d’éradiquer le terrorisme; pire encore, dont la politique de la main tendue au terrorisme n’a rien donné, si ce n’est lui faire perdre ses alliés dans la bataille acharnée, livrée par la population contre l’hydre terroriste, voilà qu’il remet sur la sellette la même figure responsable de ces échecs, voire de cette déconfiture.

Que va-t-il dire au peuple algérien ?! La réconciliation a réussi, bien que le terrorisme maintienne sa liste des assassinats ouverte ?! Que sur le plan économique, la croissance est revenue, malgré une facture d’importation dépassant la barre des 30 milliards de dollars, et une fracture sociale de plus en plus béante ?!

Que sur le plan international, la voix de l’Algérie demeure inaudible, assumant un rôle de figurant pour amuser la galerie, alors qu’un pays de la taille d’une petite commune des Hauts- Plateaux de l’Algérie, comme le Qatar, joue un rôle beaucoup plus grand sur le plan international qu’un pays de la taille de l’Algérie.

Il faut, toutefois, reconnaître que la faillite du système a été programmée depuis le départ. En préférant le discours démagogique à celui de la raison, pour construire l’Etat-nation, le régime a mis le pays dans un état d’immobilisme certain. Mais, le passage de Bouteflika a ceci de spécifique ; il a pu, en un temps record, démanteler tout ce qui faisait l’immunité de la société, en cassant toute velléité de création de syndicats autonomes, en réduisant le tissu associatif en un appendice supplémentaire qui se nourrit des deniers publics, en cassant les partis d’opposition, en corrompant une classe politique devenue prédatrice, en poussant les compétences à l’émigration… En somme, en achevant les derniers acquis d’Octobre 1988, ramenant le pays, ainsi, à l’ère du pouvoir d’une seule personne, agrémenté d’un apparat animé par des partis complètement coupés des réalités de la société. A côté de l’annonce de l’amendement partiel, qui est en réalité un amendement fondamental, consacrant une régression stérile, et évacuant toute velléité de réforme d’un système devenu avec le temps antinational, il y a le puissant ministre de l’Energie qui revient, après une décennie de pouvoir sans partage, dire aux Algériens, si les prix du pétrole reste dans l’Etat actuel des choses, l’Algérie sera contrainte d’entrer de plein fouet dans le cycle de l’endettement ! L’aveu vient d’une autre pièce maîtresse du président, ayant conduit toutes les politiques énergétiques du pays, jusqu’à celle de la loi sur les hydrocarbures qui avait failli emporter le dernier verrou de la sécurité alimentaire de la nation, au moment où l’inamovible locataire du palais d’El-Mouradia s’apprête à briguer un autre mandat fatal pour la nation.

Si la libération du pays a été chèrement payée par la nation, il n’en demeure pas moins que son bradage se fait au vu et su de tout le monde, et avec une arrogance qui dépasse tout entendement. Le temps d’une libération démocratique, consacrant les valeurs de liberté pour notre peuple, interpelle tout le monde. Une autre colonisation s’est installée, abusant des valeurs de la guerre de Libération nationale, pour consacrer un pouvoir de nouveaux colons oligarchiques, tributaire d’une seule personne qui ne cesse de prouver son incapacité à gérer le pays.

Il est temps de libérer notre Etat des nouveaux dévots, plutôt préoccupés que par leur gloire personnelle que la noble mission de nos chouhadas, celle de construire une nation prospère à la hauteur de leurs sacrifices. Le peuple est plus interpellé, que par le passé, à se mettre à l’œuvre pour sauver le pays d’un naufrage annoncé.

H. B. Janvier 2009 Publié par le quotidien Le soir d’Algérie

Email : habendri57@yahoo.fr
* Ferhat Abbès
** Ex-député

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La faillite structurée d’un pays riche

Posted by bendrihem-haider on 2nd mai 2010

Symbole d’une Algérie qui recule, d’une décadence annoncée et programmée, d’une plongée en apnée d’un pays meurtri par 132 ans de colonisation, de plus de 18 ans de parti unique et de plus d’une décennie de sang et de massacres.

Voilà M. Belkhadem qui nous revient par une glaciale nuit annonçant l’an 2008, invitant les Algériens ou une minorité d’Algériens à participer à un autre viol de la légalité. Au lieu de s’atteler à s’acquitter de sa tâche, celle de gérer un gouvernement en panne sur l’ensemble des fronts, l’ex-ministre des Affaires étrangères du premier gouvernement de Bouteflika, qui n’a, au demeurant, rien prouvé dans ce secteur, débute son avènement à la tête de la chefferie de l’Exécutif national par un viol de cette même Constitution qu’il veut, présentement, effacer pour assouvir son ivresse du pouvoir. Au lieu de présenter le bilan de son gouvernement au Parlement, tel que le stipule la Constitution, car, faut-il le rappeler, l’actuel chef du gouvernement est aussi comptable du passif du gouvernement de son prédécesseur, dans ce qu’ils appliquent le programme du président de la République, il s’est contenté de dire qu’il n’est que le coordinateur de l’Exécutif national. En mettant en avant cette définition de sa tâche, Belkhadem veut dans la réalité mettre les Algériens devant le fait accompli, résultat des échecs de son gouvernement et les maquiller par la mise en œuvre de l’une des propositions de son parti, pardon son clan, contenues dans son projet d’amendement de la Constitution avant même que le premier concerné, à savoir le premier magistrat du pays, ne se prononce sur cette question. La politique du fait accompli, déformation majeure de l’exercice du parti unique, est devenue chez Belkhadem une première nature. Il y a dans les accidents de l’histoire quelques-uns qui sont fatals pour les nations. C’est le cas de le dire pour Belkhadem qui, ironie du sort, se trouve à la tête du parti qui a présidé à l’indépendance du pays. Ce parti, instrument majeur de la reconstruction d’une nation détruite par 132 ans de colonisation et près de quatre siècles de régence, échoue fatalement et lamentablement entre les mains de personnes avides de pouvoir, d’opportunistes de tout acabit, de prédateurs cupides, en somme entre les mains d’une ignominie se définissant chez nous en militantisme. Triste sort que celui réservé par Belkhadem à notre parti de l’indépendance. Que reste-t-il du parti de Boudiaf, Ben Boulaïd, Abane, Ben Mhidi, Didouche Mourad, Krim Belkacem, Khider, Othmène Ben Hadou, Lotfi … et d’innombrables authentiques fils de l’Algérie qui ont sacrifié leur vie pour la liberté ? Que reste-t-il du parti construit dans la douleur d’une déchirure intime ayant conduit au sacrifice du père du nationalisme algérien ? Que reste-t-il du parti qui a rassemblé les Algériens autour d’un objectif noble, celui de la construction de l’Etat nation ? La justice de nuit est la mère de toutes les décadences et de toutes les situations ubuesques. C’est le cas du FLN version Belkhadem, malheureusement pour l’Algérie. L’histoire ne se répète jamais…Et pourtant, avec le clan présidentiel, elle a tendance à se répéter dans une mise en scène tragi-comique. Au moment où l’Algérie qui résiste, redouble d’efforts dans son combat pour circonscrire l’hydre terroriste, Belkhadem fait du texte de loi contenu dans la charte pour la paix et la réconciliation son programme. Le hasard de l’histoire, car, faut-il le rappeler, l’histoire n’est jamais réglée comme une horloge, le terrorisme s’en prend aux symboles de la souveraineté nationale, le chef de l’Etat, le Palais du gouvernement, le Conseil constitutionnel et aussi la représentation d’une institution de la légalité internationale, au moment même où Belkhadem accapare la première responsabilité de l’Exécutif national, soit la première institution du développement du pays. Si les unités de l’ANP et les différents services de sécurité continuent à sacrifier les meilleurs de leurs éléments pour garantir la sécurité du citoyen et l’intégrité territoriale, une tâche définie par la Constitution, Belkhadem et son gouvernement, par contre, ne cessent d’inciter le président de la République à commettre l’ultime outrage contre cette Constitution. Au lieu de s’acquitter de son devoir tel qu’il est défini par la Constitution : juguler la crise économique et sociale qui menace l’Algérie de désintégration, malgré les milliards de dollars injectés (150 milliards de dollars), Belkhadem s’attelle à faire en sorte que l’Algérie sorte de son sous-développement pour moisir dans le dénuement le plus total. La lutte contre le terrorisme et son éradication se gagnent sur deux fronts, militaire certes, mais surtout, le front politique ; éradiquer la misère, éradiquer l’injustice, éradiquer le chômage, et si le front politique est défaillant comme c’est le cas pour le gouvernement Belkhadem, alors le front militaire ne peut que subir les conséquences les plus désastreuses. Le problème n’est pas Ie nombre de terroristes encore en activité, mais comment arrêter l’embrigadement et le recrutement de nouveaux jeunes dans le camp des terroristes. C’est là, la mission principale dévolue au front politique qui doit trouver les solutions idoines pour les problèmes de la société et des jeunes en particulier. Les organisations internationales, à travers leurs rapports annuels, ne cessent de tirer la sonnette d’alarme. Il n’y a pas de fatalité du sous-développement, mais il y a tout simplement des pays mal gérés, plaident-elles devant nos gouvernants autistes. Jugez-en donc Avec le gouvernement Belkhadem, l’Algérie est presque revenue à la situation d’avant la guerre de Libération nationale, avec toutes les misères qui caractérisent cette période, et ce, malgré toute l’évolution qu’a connue l’économie nationale et les efforts consentis après l’indépendance pour mettre en branle la machine du développement. Les experts algériens et étrangers ne cessent de dire que les éléments sur lesquels se construit une véritable croissance créatrice de richesses et d’emplois ne sont pas à ce jour réunis. Dans ce contexte, il y a lieu de citer l’état de ruine qui caractérise notre système éducatif national (l’école, la formation professionnelle, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique). Sur ce cas précis, notre gouvernement doit savoir que les voisins, pays limitrophes, y compris la Mauritanie, sont mieux lotis que l’Algérie de Belkhadem. A titre d’exemple, dans les années 1960-70, l’enseignant algérien du cycle primaire touchait plus que cinq fois le SNMG. Son pouvoir d’achat serait aujourd’hui l’équivalent de 60 000 DA. Par contre, le professeur d’université, aujourd’hui, est considéré comme un sinistré, livré à lui-même, il ne pense qu’à l’abandon ou aller sous des cieux plus cléments. Le reste des enseignants vivent actuellement en dessous du seuil de pauvreté, avec des salaires misérables, produits d’un recul de leur pouvoir d’achat de quatre fois par rapport aux années 1970. Les enseignants et le personnel de la Fonction publique l’ont bien signifié au cours des dernières semaines, à travers des grèves, refusant les solutions de replâtrage du gouvernement de Belkhadem. Les éducateurs des futurs citoyens algériens n’ont trouvé comme réponse que les matraques de Belkhadem. La mise du peuple algérien dans un état d’ignorance et de misère semble être la tâche dévolue à ce gouvernement d’un autre âge qui s’en est, par ailleurs, bien acquitté. Les élèves du lycée reprennent la voie de la rue comme moyen d’expression et de revendication, ce qui ne semble pas ébranler, outre mesure, un Belkhadem, plutôt attelé à pratiquer la politique de la fuite en avant, sous prétexte qu’il est occupé par un autre mandat – anticonstitutionnel à l’heure qu’il est – pour le président de la République. Le mal est profond, un gouvernement qui n’arrive même pas à ouvrir un dialogue responsable pour convaincre les jeunes lycéens. L’école est sinistrée, la réforme mal maîtrisée, les programmes et les classes sont surchargés, passant à plus de 40 élèves par classe, au moment où les normes internationales délimitent ce nombre à 20 élèves par classe. La recherche scientifique demeure le parent pauvre de la loi des Finances du gouvernement de Belkhadem. Lorsque les pays européens consacrent 3% du PIB pour la recherche scientifique, en Algérie la part de ce secteur est de 0,5% du PIB, au moment où il affiche les 1,5% en Tunisie et au Maroc. L’éducation et la recherche scientifique semblent ne pas figurer dans la feuille de route de Belkhadem. Aujourd’hui, les nations ne se mesurent pas par leurs réserves en or, elles se mesurent par leurs degrés de stabilité, par l’état de leur système de justice, par l’état de leur système de santé et surtout par l’état de leur système éducatif et le degré de la généralisation de la science et du savoir dans la société. A la place du programme d’un million de logements équivalent à un million de cas de corruption, Belkhadem aurait pu conseiller à son Président, et là c’est son devoir, de construire un million de classes en plus pour atteindre la norme internationale de 20 élèves par classe, et par conséquent atteindre les 80% de bacheliers dans la société, ce qui réduirait la criminalité de 80%, et constitue un facteur déterminant pour éradiquer le terrorisme et bien sûr, un moteur efficace pour relever le défi économique et atteindre les taux de croissance des pays qui ont investi dans la science et l’homme et comme disait Jules Ferry : « Une école ouverte, c’est une porte de prison fermée ». Tous les économistes et experts sont arrivés à cette conclusion qui consiste à dire que la croissance ne peut être possible que si deux facteurs sont réunis : l’investissement dans la science et l’homme et un pouvoir d’achat fort du citoyen. Quand Lakessaci, gouverneur de la Banque centrale, relève dans son rapport pour 2007, que les crédits bancaires vont vers une minorité bien déterminée, qui, au demeurant, fait peu d’efforts pour restituer l’argent des Algériens, Belkhadem tourne carrément le dos à une réalité peu reluisante pour gaver le citoyen d’un miracle qui pourrait venir des IDE des pays étrangers. La fin de cette année sera gravée dans la mémoire des petits citoyens. Ils en ont vu de toutes les couleurs avec le gouvernement Belkhadem. D’abord, une hausse inexpliquée des prix des légumes et de la pomme de terre ; là où le programme de relance économique, lancé depuis le premier mandat de Bouteflika, est censé avoir résorbé au moins ce genre de pénuries. L’hémorragie continue dans le secteur agricole, malgré les milliards injectés et détournés sans qu’un seul responsable ne soit inquiété. Voilà la justice sélective de Belkhadem. Les prisons sont faites pour le petit peuple et les autres peuvent disposer du pays comme ils veulent. Parmi les scandales de corruption et de détournements qui se chiffrent en milliards de dollars, et à titre indicatif, le scandale de la Générale des concessions agricoles (GCA) vient d’être, aussi, circonscrit, comme tous les autres scandales, par la justice de Belkhadem à quelques lampistes ; pourtant, l’implication de hauts responsables est devenue un secret de polichinelle. Belkhadem n’a pas dit, jusqu’à ce jour, qui sont ces importateurs qui ont bénéficié de ses largesses et de sa générosité dans le cadre de l’importation de la pomme de terre, surtout, le cas de celui qui a importé de la pomme de terre impropre à la consommation humaine ?! Les chiffres de l’ONS sont effarants pour cette année. D’abord, il y a une augmentation d’un point du taux d’inflation par rapport à l’année passée, pour atteindre les 3,5%. Voilà, une autre performance de ce gouvernement qui jouit, pourtant d’un baril de pétrole dépassant les 90 dollars US et ayant dépassé la barre psychologique des 100 dollars US. Un éminent économiste algérien avait tiré la sonnette d’alarme, en relevant qu’« une forte austérité sur le plan social est imposée à la population, alors que l’argent des richesses réalisées sont thésaurisées ». Il a étayé son propos en avançant que la part de la consommation des ménages dans le PIB était en 2006 de 31,6% et de 43,8% en 2002, durant les années difficiles de 1992-1995, cet indicateur reflétant l’austérité était de 54,6% et dans les années 1980 de 48,6%. Alors que la moyenne des pays dans le niveau de développement est semblable au notre est de 61%. Pour cet économiste, « il y a une nette transformation de la structure de distribution des richesses· au détriment des ménages ». Pour notre part, nous dirons au gouvernement Belkhadem : vous êtes le gouvernement de la généralisation de l’ignorance, de la misère et de la paupérisation des Algériens. Si l’Algérie était parmi les pays où la corruption est généralisée, il est lamentable de constater avec le gouvernement de Belkhadem que notre pays est très cité pour la fréquence des détournements et les corruptions générées par son système. L’euphorique Belkhadem a tendance à oublier qu’il est désigné à son poste pour s’occuper des problèmes d’une société au bord de l’explosion, au lieu d’aller prêcher la parole pour un viol de la loi fondamentale du pays, avant même que la personne habilitée constitutionnellement n’en parle. Ainsi, il paraît clair que les 17 millions de pauvres, les 12 millions qui vivent au-dessous du seuil de la pauvreté, les 3 millions de fous et de détraqués mentaux, victimes d’un saut de notre société vers l’abîme, les milliers d’élèves qui ne cessent de lancer des cris de détresse, les milliers d’Algériens victimes des décennies noires successives, dont ceux sacrifiés pour que la République demeure debout, les milliers de cadres qui ont pris la fuite au lieu de subir les règles du gouvernement de Belkhadem qui ne signifient que misère et dénuement, ces centaines de milliers de bidonvilles qui ceinturent nos villes, signe majeur du mépris des Algériens par une minorité ayant décidé de mettre à sac ses richesses et de les réduire à l’état d’avant 1954, des milliers de jeunes Algériens qui préfèrent mourir dans des barques de fortune au large que d’écouter les discours d’un autre âge de leur chef du gouvernement. En somme, une Algérie qui s’apprête à subir une nouvelle fois les méfaits dégradants du code de l’indigénat. Un peuple, dont 132 ans de colonisation n’ont pas pu effacer son attachement à sa dignité, est capable du même exploit. Aujourd’hui, le peuple est plus responsable que ses responsables, mais demain, la révolte sera désastreuse pour tous et surtout pour ces gouvernants irresponsables. Le peuple n’a plus rien à perdre. Quand les corbeaux se mettent à faire l’appel, le pire est à prévoir.

L’auteur est un  Ancien député de Batna

Par Haider Bendrihem

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Plaidoyer pour une meilleure politique énergétique en Algerie

Posted by bendrihem-haider on 2nd mai 2010

Pour un dévelopement durable en Algérie

«Un homme politique pense aux prochaines élections. Un homme d’Etat pense aux prochaines générations.»

L’énergie est un facteur essentiel de développement économique. La consommation énergétique en Algérie est en croissance continue. La politique énergétique est traditionnellement l’une des grandes politiques publiques de l’Algérie.

Elle est une composante essentielle de sa politique économique (38 % du PIB et contribue pour plus de 30 % à la croissance globale réalisée en 2007) et de sa politique extérieure (la place de l’Algérie au sein de l’OPEP). Aujourd’hui, notre pays doit faire des efforts supplémentaires pour intégrer un troisième facteur longtemps marginalisé qui est l’économie d’énergie et la préservation de l’environnement. Le pétrole est certes une matière stratégique mais aussi et surtout une ressource épuisable et non renouvelable. L’économie d’énergie et de chaleur de chaque calorie est une chance de plus pour notre développement et des milliers de tonnes de pétrole épargnés pour les générations futures ou économisés et vendus pour s’en servir pour le développement de notre pays.

Les pouvoirs publics se sont donné comme objectif de diminuer la consommation énergétique. La loi algérienne sur la maîtrise de l’énergie est une loi-cadre qui vise à responsabiliser les industriels et les particuliers sur la nécessité de faire des économies d’énergie, mais elle n’engage guère les pouvoirs publics à encourager la diversification de la consommation énergétique, notamment à travers des subventions, des initiatives volontaires, des crédits impôts, la révision de la loi sur l’urbanisme et l’habitat en favorisant les équipements solaires. Ces mesures seraient un engagement volontaire à la création d’un environnement favorable à l’innovation et à la recherche développement, à l’encouragement de l’industrialisation des équipements solaires et un stimulant pour la promotion et l’utilisation des énergies renouvelables. Dans les pays développés, la consommation énergétique dans le secteur résidentiel a atteint son maximum. Aujourd’hui, beaucoup de centres de recherche et de laboratoires travaillent sur des projets qui ont pour objectif de diminuer cette consommation par l’amélioration des normes de construction et la qualité des matières d’isolation pour une meilleure économie d’énergie et de chaleur. En Algérie, le problème est différent, l’amélioration continuel du niveau de vie des ménages et la croissance démographique galopante nous poussent à anticiper cette demande en mettant en place de nouvelles normes de conception et de construction et l’intégration de systèmes solaires pour garder au moins la courbe de consommation à son niveau le plus longtemps possible. Une loi ne devrait pas s’occuper du court terme mais du long terme. Elle doit faire la prévention sur 30 à 50 années au minimum, c’est à dire la durée des réserves pétrolières en Algérie, à travers notamment :
- la maîtrise de la demande de l’énergie ;
- la diversification des ressources énergétiques ;
- le développement de la recherche et l’innovation dans le domaine énergétique ;
- la préservation de la santé humaine et de l’environnement qui ne doit pas rester le propre des pays riches et développés ;
- la garantie de la cohésion sociale et territoriale en assurant l’accès de tous les citoyens à l’énergie ;
- la contribution au développement de l’économie nationale et à la croissance, sources de création d’emplois et de la richesse, par l’encouragement à la création d’une industrie des équipements des énergies renouvelables. Le développement des énergies renouvelables est l’un des éléments importants dans la politique énergétique dans le monde en général et dans les pays développés en particulier. Notre pays s’est fixé un objectif de 10% dans la consommation énergétique en 2015, ce qui est très ambitieux, mais avec les moyens mis en œuvre et les dispositifs réglementaires en vigueur, on n’atteindra jamais cet objectif quelle que soit la volonté des équipes de recherche. Des propositions concrètes en termes de mesures incitatives et de promotion à l’utilisation des énergies renouvelables qui peuvent être traduites en textes réglementaires par les pouvoirs publics sont à notre portée, il suffit qu’il y’ait une volonté politique. Le chercheur propose et le politique dispose. Les énergies renouvelables connaissent, depuis le milieu des années 1990, une vogue qui semble se renforcer d’année en année. L’objectif du développement durable adopté à la conférence de Rio, en 1992, est à l’origine de cet essor. Le sommet solaire mondial tenu à Harare les 16 et 17 septembre 1996 a confirmé cet engagement des Etats du monde à faire du solaire un point commun de développement. A ce sommet, l’Etat algérien s’est engagé à intégrer les énergies renouvelables dans sa stratégie de développement, notamment comme moyen de réduire les disparités économiques entre les différentes régions du pays et à abriter l’Institut méditerranéen des énergies renouvelables, des engagements sans lendemain malheureusement.

1- Le potentiel énergétique en Algérie

L’Algérie est un pays potentiellement intéressant pour l’exploitation de l’énergie solaire sous ses formes thermique et photovoltaïque. En effet, sur le plan économique, l’intérêt que manifeste l’intégration des énergies renouvelables dans la stratégie de notre politique énergétique en termes d’efficacité énergétique et d’économie d’énergie et de chaleur s’explique par le puissant gisement solaire, en moyenne 3430 heures/an, et le besoin de plus en plus important. Le rayonnement solaire dans notre pays est l’un des plus puissants au monde avec une moyenne de 2200 Kwh/m2.. Si toute cette énergie était récupérée, ce serait au total 5,3 millions de terawattheure/an que l’on pourrait utiliser, soit l’équivalent de 860 millions de tonnes de pétrole, presque les réserves pétrolières de l’Algérie. Si on exploite 0,001% de ce potentiel énergétique, on économise l’équivalent de 8,6 millions de tonnes de pétrole à un prix de 50 dollars le baril, ceci permettrait de dégager une rentrée de 4 à 5 milliards de dollars, c’est la réalisation de l’équivalence de 600 à 800 km de TGV qui peut diminuer de beaucoup la circulation routière et, par extension, moins d’accidents et moins de pollution. Les pouvoirs publics sont interpellés sur la nécessité de prendre en considération ce potentiel énergétique qui a des retombés multidimensionnelles. A titre d’exemple, un système solaire pour le chauffage de l’eau chaude sanitaire destinée à un ménage de 4 à 5 personnes nécessite une énergie de 7900 wh/jour pour élever la température moyenne du réseau en Algérie de 18°C à une température d’utilisation de 50°C. A l’observation du rayonnement solaire journalier en moyenne mensuelle, on remarque que la moyenne sur toute l’année se situe dans la majorité des régions du pays entre 4000 et 6000 wh/m2.jour. Si on avait respecté les engagements pris par notre pays au sommet mondial de Harare en 1996 à intégrer les énergies renouvelables dans la stratégie de développement et si seulement on avait équipé 10% du 1 million de logements lancés dans le programme du Président, ce serait au total l’équipement de 100 000 logements neufs qui seraient équipés en chauffe-eau solaires. Et si on rajoute à cela l’éclairage public de ces cités en solaire, c’est au total l’équivalent de 300 000 à 400 000 tonnes de pétrole d’économisées, et donc, de disponibles pour l’exportation, soit environ 0,5 milliard de dollars, et si on avait prévu dans une loi sur l’urbanisme et l’habitat une meilleure efficacité énergétique, c’est-à-dire une meilleure isolation thermique des habitations et bâtiments, on dépasserait 1 milliard de dollars d’économie et on proposerait des logements moins consommateurs d’énergie, c’est-à-dire des factures de gaz et d’électricité à la portée du citoyen. Aujourd’hui, l’électricité ne se présente plus comme un concurrent pour l’énergie solaire ; ces deux formes d’énergie sont complémentaires. La moyenne d’électrification nationale dépasse 95%, mais le taux de connections au réseau gaz reste faible, en moyenne 50%, ce qui est avantageux pour l’utilisation des énergies renouvelables.

2- Les mesures incitatives et d’encouragement

L’intégration des énergies renouvelables dans le bilan énergétique de notre pays n’est pas une option à choisir parmi tant d’autres, mais une obligation afin de garantir le futur des générations qui n’est plus lointain. Pour cela, les pouvoirs publics sont interpellés à prendre des mesures encourageantes afin de démocratiser les énergies renouvelables et de les mettre à la portée de tous. Cette contribution présente certaines idées et suggestions concernant des avantages financiers, fiscaux et en matière de droits de douane qui seraient de nature à favoriser l’implantation de systèmes solaires à travers tout le territoire national, ce qui concourt à l’amélioration de l’efficacité énergétique et à la promotion des énergies renouvelables.
- 2-1 Les mesures directes d’incitation
- a- Subvention des équipements solaires Le principal obstacle à une plus grande utilisation de l’énergie solaire est le coût d’achat, qui est encore élevé, de l’équipement. Les méthodes d’incitation devront d’abord tenir compte de cette réalité. Une subvention s’adressant directement aux consommateurs ou aux utilisateurs plutôt qu’aux industriels ou revendeurs offre les avantages suivants :
- Les consommateurs ou utilisateurs recevront la valeur totale et entière des mesures d’aide sans dilution de la part des industriels ou revendeurs. A titre d’exemple, l’Etat s’engage à une subvention nette de 40 à 60% du coût des équipements pour l’utilisateur, à réduire à zéro la TV A pour les revendeurs et les droits de douane pour les importateurs d’équipements solaires et à offrir des crédits d’impôts pour les industriels.
- Les industriels pourront à ce moment répondre à une demande subite du marché et seront encouragés indirectement à investir ce créneau porteur de création d’emplois, de richesse et de protection de l’environnement, une industrie parfaite pour un développement durable.
- Cette mesure permet l’ouverture d’un marché concurrentiel puisque le besoin ne demande qu’à être rempli, ce qui relance la recherche et l’innovation. La subvention a pour avantage essentiel, comparée au crédit d’impôt, de s’appliquer au moment de la vente et donne un impact beaucoup plus grand.
- b- Les prêts à taux réduits Contrairement à une diminution d’impôt qui ne prend effet qu’à la fin de l’année et qui ne profite qu’aux personnes détentrices de registre du commerce, la réduction du taux d’intérêt de prêts pour l’achat d’équipements solaires peut avoir un effet d’entraînement plus grand. L’Etat s’engage à faciliter et à garantir aux acheteurs et utilisateurs l’obtention d’un prêt à taux réduit. 2-2 Les mesures indirectes d’incitation et d’encouragement Les mesures indirectes se présentent sous forme d’achat d’équipements solaires destinés aux bâtiments, immeubles, institutions gérées directement ou indirectement par les pouvoirs publics à travers les collectivités locales et autres. Une telle option est une méthode efficace et a un coût relativement bas pour stimuler le marché des énergies renouvelables en général et la production locale de tels équipements en particulier. Ces mesures peuvent concerner notamment :
- les équipements d’écoles, collèges, lycées de chauffe-eau solaires individuels et collectifs, les cours et les espaces communs en éclairage solaire.
- l’électrification solaire des autoroutes et les installations de chauffe-eau solaires dans des hôpitaux, des relais touristiques isolés … Ces opérations ont pour but de servir à un vaste programme d’informations et de sensibilisation susceptibles de faire profiter à tous de l’expérience acquise par les pouvoirs publics. Le principal inconvénient de ces mesures est qu’ elles risquent de créer un marché artificiel s’il n’ y a pas un vaste programme d’investissement et d’encouragement dans le domaine des énergies renouvelables.
- c-Amendement du code de l’aménagement et de l’urbanisme

L’amendement de la loi 90-29 du 1/12/1990 portant sur l’aménagement et l’urbanisme pourrait amener les gens à penser en termes d’efficacité énergétique et d’économie d’énergie et de chaleur. Ces modifications portent essentiellement sur :
- l’obligation d’installer un chauffe-eau solaire sur chaque maison individuelle (l’obligation est mentionnée dans le permis de construire) et d’introduire une nouvelle réglementation thermique dans le bâtiment neuf en adéquation avec le niveau de transfert de chaleur acquis et les caractéristiques de l’isolation thermique.
- éxiger des propriétaires et promoteurs de respecter les paramètres portant sur les caractéristiques thermiques des fenêtres et les murs de contact avec l’extérieur.
- l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments nécessite le bon fonctionnement des systèmes de chauffage et de climatisation, avant de passer au stade d’introduction des équipements solaires pour plus d’économie d’énergie et de chaleur. Il faut s’assurer de l’efficacité énergétique des bâtiments. Pour cela on doit favoriser et encourager les fenêtres en PVC pour une meilleure efficacité énergétique.
- les pouvoirs publics pourront, à ce titre, subventionner les fenêtres en PVC à hauteur de 30 à 50% pour encourager leur généralisation. Ces produits participent activement à l’efficacité énergétique chaud/froid et préservent la santé humaine de la poussière et, par extension, assurent une économie d’énergie et de chaleur importante de l’ordre de 30 à 40%.
- 2-3 Le rôle de Sonelgaz et de Sonatrach
- Taxer Sonelgaz et Sonatrach à hauteur de 5% de son chiffre d’affaires, une taxe qui sera versée dans un fonds d’incitation à l’économie d’énergie et à la promotion des énergies renouvelables qui financera, notamment, les subventions des équipements d’efficacité énergétique et d’économie d’énergie et qui sera, à côté du fonds national de la recherche, un appoint sur le développement des énergies renouvelables.
- Vente-location des systèmes solaires par Sonelgaz. C’est une possibilité qui peut, à long terme, faire en sorte que le coût de l’énergie solaire devienne intéressant pour un public très large. Le coût du système solaire serait alors incorporé dans la facture d’électricité. Les études basées sur l’isolation des bâtiments et des locaux, les coûts de l’énergie et ceux des systèmes solaires sont nécessaires pour déterminer la viabilité de tels investissements. Ceci permettrait à Sonelgaz, société de service public, de prendre une partie de ce nouveau marché et, à long terme, de lui faire éviter la construction de nouvelles centrales électriques qui, non seulement coûtent beaucoup plus cher que ces investissements anticipés pour atteindre le principe de gagnant-gagnant, mais aussi qui nécessitent une consommation en énergie conventionnelle croissante avec toutes ses conséquences éco-environnementales. L’impact économique de l’énergie solaire sur Sonelgaz est éminent en faisant décroître les pointes de charge qui ont souvent causé des problèmes sérieux pour Sonelgaz et pour le citoyen client en particulier.
- 2-4 Information du public

Conduit par l’Etat (CDER, APRUE … ), un tel programme peut être efficace dans la promotion et le développement des énergies renouvelables. Il requiert une excellente planification et doit être coordonné avec les différents médias d’information. Pour être efficace, un programme d’information doit particulièrement prêter attention aux points suivants :
- faire la promotion des avantages de l’utilisation des systèmes solaires et de leurs retombées socioéconomiques sur l’environnement et l’humanité.
- Sensibiliser et encourager les industriels et promoteurs des équipements solaires à investir dans ce domaine qui peut être source de création d’emplois et de richesses.
- Maintenir par l’information un effort particulier sur l’importance d’une très bonne qualité des produits offerts pour garantir le crédibilité des systèmes énergétiques solaires.
- Donner les coûts comparatifs périodiques des différentes options énergétiques.
- 2-5 Soutien à la recherche développement

Une place toute particulière doit être réservée aux actions de recherche et développement sur les nouvelles technologies liées aux énergies renouvelables. Une stratégie nationale de recherche devrait être publiée à travers la loi d’orientation sur la recherche et le développement technologique et révisée tous les 5 ans. Le gouvernement devrait rendre compte tous les ans au Parlement de la mise en œuvre de son volet relatif au programme énergies renouvelables et, par conséquent, un budget conséquent devrait être dégagé pour la mise en œuvre de cette stratégie énergétique. Par différents programmes de subvention, les pouvoirs publics à travers le gouvernement, les wilayas et les communes pourraient faire développer des systèmes solaires comme le chauffe-eau solaire, le pompage solaire, l’éclairage public, qui soient de conception et de fabrication algériennes et qui répondent à nos propres besoins.
- 2-6 Mesures incitatives utilisées en Europe

Les pays de l’Union européenne, qui n’ont ni le potentiel énergétique solaire ni notre gigantesque superficie territoriale, ont mis en place des politiques volontaristes en matière de promotion et de développement des énergies renouvelables en associant des mesures économiques, environnementales et sociales. Le Danemark était le leader de l’électricité éolienne et reste le pays qui produit les niveaux les plus élevés d’électricité à partir du vent. Mais l’Allemagne a commencé à accroître sérieusement sa capacité éolienne au milieu des années 1990, avec l’application des subventions et des prêts bon marché et arrive à avoir maintenant plus d’un tiers de toute la capacité de production éolienne du monde. L’Espagne a commencé récemment la production d’énergie éolienne, mais dès 2002, a rattrapé les Etats-Unis pour devenir le pays avec le deuxième niveau le plus élevé pour la capacité installée d’énergie éolienne. L’Autriche, la Grèce et l’Allemagne sont en tête dans le domaine de la production de chaleur solaire. L’Espagne devrait bientôt connaître un boom grâce à l’élargissement à l’ensemble de son territoire de l’ordonnance solaire de Barcelone (Obligation d’installer un chauffe-eau solaire sur toute nouvelle construction d’habitation collective ou lors de rénovations) La France compte parmi les mauvais élèves européens en matière de surface solaire installée par habitant. Cependant, avec la promulgation de la loi sur la maîtrise de l’énergie en 2005 et les mesures d’incitation très volontaristes, elle devrait pouvoir améliorer la situation :
- Pour les particuliers, des aides de 50% du coût du matériel sont proposées pour l’installation de systèmes utilisant les énergies renouvelables par le système de crédit d’impôt. De plus, la plupart des conseils régionaux (équivalent APW), ainsi que quelques municipalités offrent des subventions très encourageantes.
- Soutien de la production d’électricité d’origine renouvelable, ce système assure aux investisseurs une visibilité nécessaire pour l’émergence de nouvelles technologies. Pour montrer l’intérêt que portent les pouvoirs publics français au solaire malgré le potentiel énergétique moyen et grâce aux mesures incitatives, le décollement de l’utilisation de l’énergie solaire thermique est spectaculaire. Alors que moins de 100 chauffe-eau solaires individuels étaient installés en 1990, environ 5500 CESI ont été posés en 2003 (référence Gaz de France).

3- Normes et certification

L’obligation pour les industriels et revendeurs de se conformer à une norme de qualité minimale est indispensable au développement de l’industrie des systèmes solaires. C’est un des seuls moyens à la disposition des pouvoirs publics pour maintenir un certain niveau de fiabilité dans le système vendu et pour conserver ou garantir la crédibilité auprès des entrepreneurs et utilisateurs de ces systèmes, surtout s’il s’agit d’une industrie naissante en Algérie. En conclusion, l’importance du gisement solaire en Algérie, l’accroissement du besoin en consommation d’énergies de plus en plus importantes et le besoin du pétrole pour notre développement ou pour les générations futures interpellent plus que jamais les pouvoirs publics à investir plus dans la recherche et à intégrer la promotion des énergies renouvelables parmi les priorités dans la stratégie de développement.

L’auteur est Chercheur en Energies Renouvables

Par Haider Bendrihem

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Plaidoyer pour une meilleure politique de recherche scientifique en Algerie

Posted by bendrihem-haider on 2nd mai 2010

Pour un Développement technologique au service de l’homme et de la nature en Algérie

La recherche scientifique et le développement technologique jouent un rôle de tout premier plan dans le développement de toute société, par la réponse à des problèmes économiques et sociaux, par la mise au point de nouveaux produits et services, par la définition de nouveaux procédés de production, par l’intégration et l’amélioration de procédés existants.

La recherche scientifique et le développement technologique sont directement liés à l’amélioration du quotidien du citoyen, à la croissance économique, à la lutte contre le chômage, à l’efficacité du système productif. Toutefois, le cheminement est long et parfois complexe et coûteux, qui de la recherche fondamentale à la recherche appliquée, à la concrétisation de ses résultats jusqu’à la phase de développement vérifie l’applicabilité industrielle. Le processus est à la fois coûteux surtout les phases de développement et d’innovation, lent15 à 25 ans et parfois plus, et risqué. Ainsi, l’Etat ou les pouvoirs publics sont-ils sensibles à ce processus, conscients que c’est le seul moyen de s’en sortir de toute crise ? Ont-ils la volonté politique d’orienter, de programmer et de financer la recherche scientifique, afin de favoriser le développement, stimuler les compétences et accélérer l’innovation ?

1- Situation actuelle de la recherche

Aujourd’hui malheureusement, la recherche scientifique est perçue par les pouvoirs publics algériens comme une activité marginale, voire une perte d’argent. La question de la place de la recherche scientifique dépend de la volonté politique au plus haut sommet de l’Etat. Cette volonté politique est identifiable déjà dans l’organigramme gouvernementale où le secrétariat d’Etat à la Recherche n’a autorité que sur quelques centres de recherche et n’exerce aucun pouvoir hiérarchique sur les institutions de recherche et le budget alloué à la recherche ne représente même pas 0,50% du PIB, alors que nos voisins en Tunisie et au Maroc ont dépassé largement les 1%. Et enfin, la place sociale du chercheur, toujours sans statut, sans reconnaissance sociale, avec un salaire qui représente à peine 4 fois le Smic. Alors que chez nos voisins, le chercheur débutant touche toujours plus de 7 fois le SMIC, sans oublier l’instabilité institutionnelle et l’atomisation des tutelles et des crédits alloués à la recherche.

Il est à signaler aussi que les pouvoirs publics ont mis en place des programmes de relance de 7 milliards de dollars en 2002 et 150 milliards en 2004, sans que la recherche scientifique et la communauté scientifique soit consultée, ni concernée, ni exploitée, ni bénéficiaire, et les résultats de ce programme et son impact sur le développement et l’amélioration du quotidien du citoyen sont connus par tous, et visibles à travers la peinture de quelques immeubles et le grand projet national de rénovation des trottoirs, et bien sûr le 1 million de logements et l’autoroute Est-Ouest où les études et conseils bénéficient aux bureaux d’études étrangers. Un nouveau programme de 50 milliards de dollars prévu pour les 5 ans à venir va connaître le même sort et les mêmes résultats malheureusement, puisqu’on remarque les mêmes projets, les mêmes réflexes et les mêmes intervenants.

Quelle est la place de la science, de la recherche, des études et du consulting national dans la programmation de ces grands projets ? On a vu les pouvoirs publics s’intéresser de temps à autre aux compétences nationales installées à l’étranger. Certes c’est un geste louable, mais il faut savoir que la contribution des scientifiques algériens installés à l’étranger ne peut être effective, efficace et concrète que si les conditions socioprofessionnelles des chercheurs restés en Algérie et leurs places sociales changent radicalement et si et seulement si, on accorde une attention toute particulière à la communauté des chercheurs restés en Algérie qui, malgré de nombreuses difficultés, tentent de rester à l’écoute des avancées technologiques. Le potentiel scientifique algérien est aujourd’hui à tout point de vue un des moins développés d’Afrique. Le niveau des étudiants ne cesse de se dégrader et le taux d’encadrement baisse d’année en année. Le nombre de chercheurs algériens se situe bien en deçà des systèmes de recherche maghrébins, le nombre des chercheurs permanents est de 1500 aujourd’hui, auxquels viennent s’ajouter quelque 4500 enseignants chercheurs contre plus de 20 000 au Maroc et plus de 15 000 en Tunisie, alors que le nombre de chercheurs par discipline est loin d’atteindre une masse critique, les recrutements sont gelés et la première génération est sur le point de partir en retraite, sans qu’une véritable relève soit assurée.

Certes, l’Algérie dispose encore d’une importante infrastructure, mais ayant gravement négligé l’investissement dans l’homme (l’éducation nationale, l’enseignement supérieur, la formation professionnelle et la recherche scientifique), celle-ci est mal ou sous-utilisée. Alors qu’on continue à injecter des milliards de dollars pour s’équiper en armements militaire, on néglige le facteur humain qui en cas de guerre ou crise est plus important que des milliers de chars ou Mig et on a vu le cas de plusieurs pays qui ont négligé les deux facteurs importants qui soudent la relation entre les citoyens et le pouvoir politique, qui sont les libertés et l’investissement dans l’homme. L’impact sur le rendement scientifique du pays est évident : en 1997, les bases de données françaises (Pascal) et américaines (ISI) s’accordent à faire apparaître l’Algérie parmi les derniers pays africains avec 170 articles scientifiques recensés, contre 1462 pour l’Afrique du Sud, 1990 pour l’Egypte, 472 pour le Maroc, 454 pour la Tunisie, 441 pour le Nigeria et 263 pour le Kenya. L’Algérie est suivie de près par la Côte d’Ivoire avec 169 articles, le Cameroun et le Sénégal avec 159 articles chacun. La relation université-recherche-industrie, le triangle de développement par excellence et le modèle de réussite s’est constitué au cours des années 70 et 80 sur un malentendu et une mauvaise coordination, faute de décision politique courageuse. La plus part des pays qui ont réussi à conjuguer les efforts de ces institutions sont passés par la création d’un ministère d’Etat à la Recherche et à la Technologie ou à la Recherche et l’Industrie ou à la Recherche et au Développement technologique. Ce malentendu a excédé la défiance entre les deux partenaires, alors que l’idéal serait une coopération sur la base d’une complémentarité respectant les 2 principes de base de toute coopération entre une institution scientifique et une entreprise industrielle, la non-substituabilité et la reconnaissance mutuelle.

Il est temps de réguler les interactions entre l’université, la recherche, l’industrie et d’accroître la synergie entre le besoins de l’entreprise et la disponibilité de répondre à ce besoin de la recherche scientifique et le développement technologique au sein des centres de recherches et les universités, ce qui renvoie au problème général de la gestion de la recherche et le problème de coordination des objectifs socioéconomiques et leur traduction en programmes mobilisateurs de recherche, et le financement adéquat pour exécuter ces programmes et afin d’atteindre les objectifs arrêtés. Cela est devenu presque une réalité à la fin des années 80 avec la création du HCR sous l’autorité de la Présidence, qui avait pour objectif de créer cette interface université-recherche-entreprise. Malheureusement, comme toute bonne idée ou action en Algérie, elle ne dure pas dans le temps, le HCR fût dissout, les équipes de recherches éparpillées, le capital expérience est totalement perdu et une sorte de revanche s’est abattue sur les centres de recherches et on a remarqué chez quelques responsables l’envie même de dissoudre ces centres de recherche. La communauté scientifique est disloquée et les équipes de recherche difficilement constituées sont éclatées. Les médias parlent de plus de 30 000 scientifiques et diplômés de l’enseignement supérieur partis s’installer à l’étranger durant les 15 dernières années, ceux qui sont restés sont gagnés par un scepticisme et un pessimisme aux effets ravageurs et luttent pour leur survie physique et économique dans un pays où la nomenklatura plus puissante que jamais, à l’ombre des institutions financières internationales, est mieux rémunérée qu’un chercheur ou enseignant universitaire ou professeur de médecine. Plus que le terrorisme, c’est la condition économique, sociale et professionnelle faite au scientifique durant cette même période qui a conduit au dépérissement quantitatif et qualitatif de la communauté scientifique nationale.

2- Propositions

La recherche scientifique et le développement technologique doivent constituer pour les pouvoirs publics un élément important d’une stratégie qui vise à transformer notre société et à trouver en particulier les bases réelles d’une nouvelle relance économique, politique et sociale. Partant à la fois de ce constat et de cette évidence, la communauté des chercheurs à travers leur représentants ne cesse de lancer des appels urgents aux pouvoirs publics afin de prendre réellement en charge les problèmes de la recherche et du chercheur à travers les propositions suivantes :
- 2-1/ Sur le plan institutionnel : En Algérie la recherche scientifique a changé plusieurs fois de tutelles. Aujourd’hui, sous celle de plusieurs départements ministériels sans aucune coordination, elle a montré ses limites. Les changements de tutelles et de formes d’organisation et de coordination souvent éphémères au regard de la période minimale de maturation d’un projet de recherche ont fini par déstabiliser complètement le secteur de la recherche dans ses trois dimensions essentielles, à savoir les structures d’orientation et d’exécution de recherche, l’accumulation de l’expérience et du savoir-faire et la capitalisation des ressources humaines. Ce phénomène se poursuit malheureusement encore. La question de rattachement administrative de la recherche scientifique est devenue un handicap majeur pour l’épanouissement de ce secteur. Plusieurs formules ont été essayées, rattachement à la Présidence, à l’éducation, à l’enseignement supérieur ou atomisation de tutelles. Aujourd’hui, notre préférence, celle des pays voisins et d’autres qui ont réussi, se penche plus pour l’autonomie de la recherche scientifique en étroite articulation avec l’enseignement supérieur.
- Cette autonomie se concrétise par la création d’un ministère de la Recherche, de l’Industrie et du Développement durable.
- Relance du Conseil national de la recherche scientifique présidé par le chef du gouvernement qui ne s’est plus réuni depuis 1992 et qui a pour missions :
- L’élaboration des grandes orientations politiques du Pays.
- Le choix des programmes mobilisateurs.
- La décision d’accompagner ces programmes mobilisateurs par un financement adéquat.
- L’évaluation périodique des programmes, orientations et financement en fonction des besoins socioéconomiques du pays.
- Mise en place d’un organe directeur de recherche conforme à la loi qui aura sous sa tutelle scientifique et financière l’ensemble des institutions de recherche scientifique.
- Rattachement du fonds national de la recherche à l’organe directeur.
- Rattachement direct au budget de cet organe et les crédits de l’ensemble des institutions de la recherche (EPST et autres).
- 2-2/ Financement de la recherche scientifique : Pour renverser la tendance à l’érosion qui se manifeste continuellement, il faut consacrer une part beaucoup plus importante du PIB à la recherche scientifique et au développement technologique (objectif en 2010 de 1,5% du PIB contre 0,5% aujourd’hui). Pour cela, il faut admettre que les besoins de la société ne sont pas réductibles à la recherche au profit, avec 1,5% du PIB, une grande part de ce budget doit être destinée à une croissance programmée de l’emploi scientifique et le recrutement de nouveaux chercheurs, au moins 30% par an de l’actuel effectif, afin de doubler au moins l’effectif des chercheurs d’ici à 2010. Ensuite, une part doit être consacrée à la modernisation et l’équipement de laboratoire et en crée de nouveaux centres de recherches. Pour sortir de la crise, la recherche scientifique constitue l’une des clés essentielles, peut-être la seule clé de relance. Seul un gigantesque effort de recherche permettra à notre pays de conserver son indépendance.

A titre de comparaison avec d’autres pays qui ont réussi parce qu’ils ont cru à la science et ont investi considérablement dans l’homme. La chine n’est pas une puissance économique par hasard, elle consacre plus de 1,5% de son PIB à la recherche scientifique, et aujourd’hui elle projette de devenir le leader mondial dans plusieurs domaines technologiques porteurs de plus-values considérables, notamment l’électronique, le ferroviaire… Et pour atteindre cet objectif, les pouvoirs publics chinois ont décidé d’augmenter le budget recherche d’ici à 2010 à 2,5%, ce qui équivaut à 45 milliards de dollars annuelle. La Malaisie consacre plus de 3% de son PIB à la recherche scientifique. Les pays européens consacrent déjà 2,5% de leur PIB à la recherche et ils projettent d’atteindre les 3% et plus d’ici à 2010. Les pays du Maghreb ont largement dépassé le 1% du PIB et projettent à atteindre le 1,5% d’ici l’an 2010.
- 2-3/ Problèmes socioprofessionnels :Face au grand vent de la concurrence, à l’individualisme régnant dans un monde dominé de plus en plus par la finance, l’insuffisante rémunération des chercheurs les conduit souvent à changer de métier ou carrément quitter le pays.

Le nombre des chercheurs permanents est passé de 2700 en 1998 à 1500 en 2007, et cette hémorragie va continuer si une décision courageuse n’est pas prise. Beaucoup de formation de post-graduation se font à l’étranger, mais rares sont ceux qui reviennent, surtout ces dernières années. Comment rendre notre système de recherche plus attractif et plus compétitif ? Certainement pas en raréfiant l’emploi scientifique, certainement pas en bloquant les salaires, mais en rendant les carrières plus attractives et en octroyant un budget considérable à la recherche scientifique. Le salaire moyen d’un chercheur en Tunisie et au Maroc dépasse les 1500 euros/mois et le salaire moyen d’un chercheur en Europe dépasse les 10000 euro/mois en plus d’une totale prise en charge en matière de logement, de transport et de scolarisation des enfants. Le remède à cette situation passe obligatoirement par :
- L’élaboration d’un statut spécifique au chercheur et la revalorisation du salaire en fonction du SMIC, au moins 10 fois le SMIC pour le débutant avec un rapport de 1 à 4 entre le chercheur débutant et le chercheur le plus gradé en fin de carrière. A l’inverse de beaucoup de pays africains et de nos voisins immédiats, la Tunisie et le Maroc, l’Algérie a beaucoup rechuté durant les dernières années. Longtemps en tête des pays maghrébins en matière d’enseignement-formation-recherche, elle est actuellement le pays dont le système de recherche est le moins développé.

Ayant fourni le plus important effort d’industrialisation, elle est paradoxalement aujourd’hui sans aucune base industrielle, outil d’accompagnement indispensable à la croissance, en général, et à la recherche scientifique, en particulier. Mais le handicap majeur de la recherche est moins dans le manque de moyens, aussi flagrant soit-il (0,5% du PIB alors que la Tunisie et le Maroc dépassent largement 1 % du PIB), mais dans les conditions humaines, sociales et professionnelles du chercheur. La place du chercheur dans la société s’amoindrit, la primauté de l’administration sur le scientifique est déterminante. Ce qui a engendré une course au poste administratif au détriment de la recherche pour une simple raison : une rémunération plus attrayante. Bref, la marginalisation, l’humiliation et la détérioration du niveau de vie ont incité le potentiel scientifique à se déployer vers des activités matériellement plus sécurisantes, ce qui a secoué gravement l’avancement de la recherche scientifique en Algérie.

Les difficultés de publier, l’absence de valorisation industrielle ou commerciale des résultats de la recherche, l’instabilité institutionnelle de la recherche et, par conséquent, des équipes de recherches et de gestionnaires ont poussé plus au recul des activités scientifiques. La situation sécuritaire a joué certes en défaveur de la recherche, mais le refus des pouvoirs publics d’accepter le chercheur et le scientifique d’une façon générale comme source d’études et d’expertises, comme force de négociation sociale a plus affaibli cette activité fragilisée. Au lieu de considérer le chercheur comme acteur décisif du développement donc comme partenaire social indispensable à toute sortie de crise, les pouvoirs publics ont fait un rival qu’il tentent de contenir soit par l’environnement sécuritaire et donc répressif, soit par son maintient dans une situation de survie économique. A cela, il faut ajouter la mise en faillite des entreprises publiques, ce qui a rompu les liens entre la recherche et l’industrie ; on a tendance à favoriser beaucoup plus les importateurs spéculateurs au détriment de ces grandes entreprises qui produisent de la richesse et créent de l’emploi (la facture d’importation a dépassé largement les 40 milliards dollars contre 10 milliards en 1999).

Avec la mise à mort du tissu industriel, l’Algérie risque de renouer avec la science-discours des pays sans base industrielle. Les mesures prises sous la conduite du FMI et la Banque mondiale, dans le cadre des plans d’ajustements structurels, y ont contribué en créant une situation contraire à ce qu’elles prétendent chercher à promouvoir, si elles cherchent vraiment à promouvoir quelque chose. Elles ont affaibli et désarticulé l’entreprise de production, l’université, et par extension la recherche scientifique. Ce qui a rendu le pays beaucoup plus dépendant et donc, son indépendance et sa souveraineté sont remises en cause. En fin de compte, les objectifs déclarés d’affranchir les citoyens et la société des pesanteurs et de l’emprise bureaucratique se sont concrétisées en leur contraire et le processus de libération de la société à l’égard des pouvoirs qui prospèrent habituellement à l’ombre des Etats de non-droit est définitivement remis en cause.

L’auteur est ancien président du Syndicat national des chercheurs

Par Haider Bendrihem

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lIGUE ALGERIENNE DES DROITS DE L’HHOMME

Posted by bendrihem-haider on 2nd mai 2010

Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme

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Ali Yahia Abdenour, Monsieur droits de l’homme en Algérie, a été honoré mardi par la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH), à la suite d’un prix international qu’il vient d’obtenir en reconnaissance à son inlassable combat pour les droits de l’Homme en Algérie.

La cérémonie a été organisée à l’initiative de Me Bouchachi, président de la Ligue. De nombreuses personnalités, et pas des moindres, ont tenu à assister à cette sympathique cérémonie hommage.

Parmi elles, trois anciens chefs de gouvernement, en l’occurrence Sid-Ahmed Ghozali, Ahmed Benbitour et Mokdad Sifi, des ministres, l’ancien patron du FLN Abdelhamid Mehri, Mustapha Bouhadef, l’ex-premier secrétaire du FFS, d’anciens ministres à l’image de Abdelaziz Rahabi, Essaïd Bendakir, d’anciens parlementaires à l’image de Mokrane Aït Larbi et Haïder Bendrihem.

Très ému par cette marque de reconnaissance, Ali Yahia Abdenour, dont le long parcours a été retracé à travers une vidéo, a indiqué que le prix qui lui a été remis était d’abord une distinction pour l’Algérie.

Mais une Algérie qui le lui rend mal, car c’est un véritable scandale que, pour un homme de cette envergure, la cérémonie se soit déroulée dans le siège exigu de la Ligue au 101, rue Didouche-Mourad, qui a eu du mal à contenir tous les invités. Le pouvoir, quand il s’agit des siens, ne lésine pas sur le faste.

Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 03:21

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Monsieur le président, Choisir entre Mandela ou Mougabé

Posted by bendrihem-haider on 2nd mai 2010

 

  • Mandela. Le vrai patrioteMandela. Le vrai démocrate
  • Par Haider Bendrihem

    Elwatan le 18/04/2009

    «Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre et finit par perdre les deux.» (Thomas Jefferson)

    L’Algérie s’enfonce dans une crise politique sans fin, rythmée par la misère, le chômage, les harraga, la prostitution à grande échelle, la drogue et enfin une démission du peuple qui aura des conséquences néfastes pour la stabilité et la sécurité du pays avec des risques d’émeutes et de manifestations, des pillages et surtout des morts.

    L’économie nationale est à l’arrêt, les investisseurs ne sont plus attirés par les affaires, malgré la manne d’argent miroitée par les pouvoirs publics, et les rangs des chômeurs vont en grossissant de plus en plus. Les Algériens s’inquiètent de l’insécurité croissante, du risque de perte de leur emploi, de leur capacité demain à nourrir leurs familles avec le kilogramme de pomme de terre à 120 DA. Le tout se déroule à la face d’un monde interloqué et qui se demande comment un pays comme l’Algérie peut se permettre le luxe d’une telle aventure, d’une telle inconscience gouvernementale, alors que la planète entière s’organise pour faire face à une crise financière d’une ampleur inégalée. La majorité de vos conseillers. M. le Président ne vous conseille plus, la majorité de vos ministres ne gouverne plus, mais s’accommode pour vous brosser un tableau idyllique d’une Algérie qui n’existe que dans leurs fantasmes et imaginations. La réalité est tout autre M. le Président. Votre programme électoral énumère des réalisations durant la décennie écoulée de votre règne, notamment la création de 6 millions de postes d’emploi, la livraison de 1,5 million de logements et un taux de croissance hors hydrocarbures de 5% en moyenne. Comme les champs politique et médiatique sont fermés, votre bilan n’a pas fait l’objet d’études et de débats contradictoires. On se permet de rappeler à vos conseillers et ministres à travers des statistiques émanant du PNUD, de la Banque mondiale et de la Banque d’Algérie quelques preuves et arguments qui prouvent que ce bilan trop positif est loin de refléter la réalité.

    - 1- L’actuelle crise des denrées alimentaires de première nécessité, dont la pénurie de pommes de terre, provient essentiellement du fait que la gestion des fonds alloués aux agriculteurs a échoué et que ces fonds échappent à tout contrôle. Cette situation de fait a empêché les agriculteurs de métier de bénéficier de cette manne d’argent public qui, si elle avait été réellement investie dans l’agriculture, nous aurait évité ces grosses pénuries et ces flambées de prix. Toujours pour des raisons d’enrichissement illicite, ces quelques cercles privilégient l’importation des denrées alimentaires à la production algérienne. Malheureusement pour l’Algérie, les dettes douteuses de ces agriculteurs douteux ont été effacées par une simple signature, à l’occasion de la campagne présidentielle, sans évaluation, afin de cacher les bénéficiaires de ces milliards. Le secteur agricole aurait pu, conjointement avec d’autres, accélérer la croissance, réduire la pauvreté et préserver durablement l’environnement. Voilà pourquoi l’Algérie, qui devrait être le grenier de la région, importe annuellement plus de 5 millions de tonnes de blé et la facture de l’importation du blé en Algérie pour les 11 derniers mois de l’année dernière a atteint l’équivalent de 900 millions de dollars.
    - 2- Avec une consommation annuelle estimée à près de 3 milliards de litres, l’Algérie est le premier consommateur de lait au Maghreb. Acteur clé de l’industrie agroalimentaire, cette filière reste cependant fortement dépendante de l’importation de poudre de lait. A noter que la facture de l’importation de lait en poudre est estimée à 600 millions de dollars par an.
    - 3- La croissance de la facture des importations des produits pharmaceutiques (1,4 milliard de dollars en 2007 et près de 1,3 milliard de dollars pour les 9 premiers mois de 2008) d’une part, et la décroissance de l’industrie locale, d’autre part, montrent encore une fois la dépendance de notre pays dans tous les domaines stratégiques.
    - 4- L’enjeu de l’importation du sucre et, évidemment, le contrôle total de ce marché met le pays dans une situation de quasi-monopole de quelques importateurs privilégiés qui pénalisent d’abord le citoyen contraint de payer le prix fort en l’absence d’un mécanisme étatique de régulation et ensuite le marché de l’industrie du sucre jadis important. A noter que l’Algérie, pays dépendant de l’importation, consomme mensuellement quelque 80 000 tonnes de sucre.
    - 5- L’importation de double concentré de tomates est un point de non-retour dans cette filière stratégique de l’agroalimentaire. Les conserveurs, agriculteurs producteurs de tomates industrielles et les travailleurs pointent du doigt ce qu’ils ont assimilé à une véritable mafia du concentré de tomates d’importation. La complicité de certains cercles du pouvoir avec ces importateurs risque de mettre à genoux la trentaine d’unités de transformation de la tomate industrielle du pays dont 26 implantées dans les wilayas de l’est du pays.
    - 6- C’est le même constat qu’on peut faire des secteurs du textile et du cuir qui, jadis étaient les fleurons des industries légères et aujourd’hui manifestement ont du mal à résister à cette libéralisation sauvage de l’économie algérienne. Sur les 200 000 postes d’emploi existants, seuls 44 000 ont pu être sauvegardés, dont 26 000 relèvent du secteur public. Un pays, qui importe son blé, son lait, sa pomme de terre, sa tomate, son sucre, son huile de table, ses habits et ses médicaments de l’étranger, peut-il se targuer de parler d’indépendance et de souveraineté ?

    La part des importations alimentaires dans les importations totales passe de 16,2% en 1969 à 38% en 2008. Le taux est très élevé comparativement à ceux de la Tunisie et du Maroc (moins de 10%). Le CNES a recommandé déjà dans un rapport en 1997 que compte tenu du degré important de dépendance alimentaire, le gouvernement devrait placer la croissance agricole et la sécurité alimentaire du pays au centre des objectifs stratégiques. Malheureusement, 10 ans après, non seulement le degré de dépendance alimentaire n’est pas résolu, mais l’institution qui a fait ce travail remarquable est devenue elle-même dépendante des analyses des bureaux d’études et bureaux conseils étrangers, malgré les rapports de haut niveau produits avant son redressement, selon les normes du plan et le limogeage de son président, Mentouri, et son remplacement par un dignitaire du système. Comme on a dissout le Conseil supérieur de l’éducation en 1999 et anéanti la Cour des comptes, le premier servira à mieux maîtriser la régulation et la seconde servira à assurer le contrôle, ce qui fait défaut à notre pays. Ce qui nous laisse penser que « l’anarchie est bien structurée », comme l’a si bien signifié Djillali Liabès. Par ailleurs, l’environnement général des investissements dans l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique demeure, comme dans les autres secteurs, contraignant. A ce titre, rappelons que l’Algérie est classée au 132e rang sur 181 pays en ce qui concerne le climat des affaires (Doing Business 2009). Les prévisions du Fonds monétaire international pour l’Algérie ne sont guère rassurantes. Selon cet organisme, l’importation des produits de consommation durant les quatre prochaines années en Algérie devrait connaître une hausse spectaculaire. De 32 milliards de dollars en 2008, elle doit passer à 47 milliards de dollars en 2012. Dans quel secteur comptez-vous placer les 3 millions d’emplois que vous promettez dans votre programme ? Votre politique ne crée ni richesses ni emplois et la preuve est donnée par le FMI qui prévoit une augmentation de la facture des importations au détriment de la production nationale.

    Comment peut-on parler de promotion de l’investissement en Algérie lorsque, pour des intérêts égoïstes, ces cercles autour du pouvoir se comportent en véritables prédateurs et saboteurs de l’économie nationale ? On n’a qu’à faire une petite évaluation d’une décennie de privatisations et on se rend compte du massacre économique et social et du coup le monopole a changé de camp, un mot magique de ce pouvoir, du monopole public au monopole privé. Les termes évaluation, valorisation, remise en cause ou démission n’existent pas dans le lexique politico-écononomique de ce pouvoir autiste et aveugle. Un simple exemple de ce dysfonctionnement de gouvernance : comment peut-on donner le monopole du transport des étudiants à une société privée, alors qu’une entreprise publique comme l’ ETUSA est en train d’agoniser. Le coût de ce cadeau payé par le Trésor public est de 1 million de dinars chaque mois. Le service public est devenu du kofr politico-économique chez nos gouvernants. Alger est devenue une ville clochardisée par ce type de transport qui ne garantit ni service public au citoyen ni respect pour l’environnement et qui est responsable de beaucoup d’accidents qui font de l’Algérie la 1re dans le monde arabe et la 4e au monde en termes d’accidents de la route. Dans un tel marasme économique et social, on ne peut plus parler ni de dignité ni d’honneur, car l’être humain qui a faim tend à s’apparenter à un être handicapé dans sa dignité. Il est triste de constater que le pouvoir en place a conduit ce pays promis à un bel avenir, à un si misérable sort. II en résulte la grave crise économique, institutionnelle, politique et sociale que le peuple algérien vit dans l’amertume, tout en se disant chaque jour que la veille c’était encore meilleur. M. le Président, après trois mandats de pouvoir sans partage, vous êtes dans l’obligation de faire un geste envers le peuple, en général et l’opposition, en particulier si vous voulez épargner au pays une crise grave et sans précédent.

    La raison peut-elle l’emporter sur la faiblesse humaine des sentiments qui ne sont pas des vertus des hommes d’Etat. Vous pouvez ainsi proclamer à travers une déclaration à la nation le retour à la vie politique normale par l’autorisation de création de partis politiques, d’associations et de syndicats ainsi que l’ouverture du champ médiatique par la création de nouveaux titres de presse et de nouvelles chaînes de télévision dans un esprit de réconciliation nationale. Les pratiques politiques ayant été assainies. Vous pourrez alors envisager dans un deuxième temps de dissoudre l’Assemblée nationale afin de permettre l’émergence d’une nouvelle majorité pluraliste plus représentative des sensibilités de l’opinion. En clair. choisir de gouverner moins seul. M. le Président, vous ferez une lourde erreur de croire que vous pouvez faire l’économie de tels gestes en jouant la carte du pourrissement. Ni les opérateurs économiques, ni la population, ni les forces de l’ordre n’ont le même calendrier en tête. Le ras-le-bol est général et si on ne fait pas de gestes forts envers la population et la classe politique, le pays entier risque de balancer dans l’incertitude et l’anarchie avant même la fin de votre mandat. Voilà pourquoi le Président doit sans tarder parler à son peuple, lui annoncer par des gestes forts qu’il entend améliorer la substance de notre jeune et fragile démocratie. Lui dire qu’il reste proche des préoccupations de ses concitoyens et qu’il a choisi entre le choix de ses proches et l’accomplissement de sa noble mission au service de la nation. Le rassurer ainsi sur sa volonté de mettre le plus rapidement possible le pays en état de marche après rétablissement de l’ordre politique. En agissant ainsi, en reconnaissant avec simplicité que vous n’êtes pas infaillible, le Président se grandirait et montrerait qu’il est exact au rendez-vous fixé avec son peuple par l’histoire. Vous avez le choix de finir le reste de votre vie en grand homme, à l’image de Mandela, en instaurant la démocratie et en garantissant les libertés ou finir comme un Mugabe, honni par la planète entière, en ne laissant que désordre et mépris.

    L’auteur est coordinateur national du parti El Badil. parti non agréé

    Par Haider Bendrihem

    Elwatan le 18/04/2009

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