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Archive for mai, 2010

La sagesse des Aurés vous interpelle Mr le président

Posted by bendrihem-haider on 2nd mai 2010

 Le_rebelle_Chaoui

 Le rebelle Chaoui de N.Zekara

Batna, la capitale des Aurès, a été la première étape de votre campagne électorale pour prolonger votre pouvoir par un troisième mandat, comme elle a été durant l’histoire la première wilaya qui a déclenché la guerre de libération.

Hélas, nous avons cessé de nous vanter de cette réalisation historique, car le rêve de la population des Aurès était le développement et la dignité, continuité historique du rêve des chouhada de la liberté et l’indépendance économique et sociale. Mais 50 ans après, les Algériens n’ont pas tous bénéficié de cette liberté et de cette dignité sur la base de l’équité et de l’égalité. Ce qui est valable pour l’homme l’est aussi pour les régions où les inégalités de développement sont criantes. Nous avons été étonnés et surpris lorsque le premier magistrat du pays nous a traités de « lèche-bottes » et avides devant un plateau de « makrouds », après avoir traité les habitants des monts de Djurdjura et de la vallée de la Soummam historique de « nains » et les habitants du Sud de « fainéants ». Chez Ibn Khaldoun, le sens historique et économique du concept « chaouia » ne se limite pas à la population des hauts monts des Aurès, mais à tout le territoire national.

La région des Aurès a certainement ses lèche-bottes du pouvoir en place et ses avides, comme toutes les régions, mais cette région historique a enfanté des symboles de l’amour du pays, de la justice, de la liberté, de l’indépendance et du sacrifice. L’histoire a inscrit avec leur sang les noms du Lion de la révolution, Mustapha Ben Boulaïd, le penseur de la révolution, Larbi Ben M’hidi, Abbas Laghrour, Si El Houès, Azil Abdelkader et d’autres qui ont ébloui les armes de l’OTAN. Cette région a enfanté El Kahina, Koceila et d’autres qui ont défendu l’intégrité du territoire national depuis Massinissa, ce qui montre que les Chaouia n’ont pas connu l’Algérie après l’indépendance, mais ils sont restés attachés à leur terre, la terre de l’Algérie éternelle. Cette région a aussi enfanté un homme devenu président de la République, au moment où le pétrole ne dépassait pas les 9 dollars et le terrorisme à son sommet et surtout au moment où beaucoup de responsables quittaient le pays et qui a démissionné au moment où l’Algérie a recouvré sa sérénité et le terrorisme était à sa fin pour vous permettre enfin de devenir président pour 3 mandats successifs ; c’est une preuve suffisante que les habitants des Aurès ne sont pas des avides, pour le pouvoir au moins. Cette région enfantera certainement d’autres enfants qui verront leur sort lié à ce pays éternel.

Nous ne doutons nullement de votre amour pour ce pays et pour chaque millimètre carré de son territoire, c’est pour ces raisons que nous souhaitons que ces dérapages dans vos discours soient dus à l’excitation de la campagne et qu’ils ne reflètent guère votre sentiment sur le peuple que vous gouvernez et que vous rectifierez ce dérapage par des investissements massifs pour le développement de ces régions citées. Nous attirons votre attention M. le Président, que la capitale des Aurès au temps de l’octroi de projets à coûts de milliards et de l’annulation des dettes douteuses par centaines de milliards, a été privée de la réalisation des deux barrages programmés avant votre arrivée au pouvoir, le premier à Tabaggart N’gaous et le second à Bouzina. Après 10 ans de votre pouvoir et après avoir engagé plus de 200 milliards de dollars pour la relance économique, qui n’est visible qu’à travers l’enrichissement scandaleux d’une minorité au détriment du bien-être de la majorité, les deux barrages restent toujours au stade de projet, alors que leur coût ne dépassait pas 1 milliard de dinars, mais leur impact, tant économique et social qu’environnemental, est inestimable. Les habitants de cette région, M. le Président, n’ont pas la prétention de demander un projet de la grandeur du « Palais des congrès » pour avoir l’insigne honneur d’accueillir la réunion de l’OPEP. Cette région, M. le Président, n’a pas la prétention de demander la réalisation d’un hôtel de la grandeur du « Sheraton » pour recevoir les principaux chefs d’Etat de ce monde. Cette région, en toute modestie, attend la réalisation de ces deux barrages pour pouvoir boire de l’eau et l’utiliser pour l’irrigation de ses vergers, source de ses revenus et de son attachement à la terre de ses ancêtres. Le rapport mondial des Nations unies de 2009 a lié le manque d’eau à la pauvreté. Combien j’aurais souhaité que les individus, qui se sont autoproclamés « notables » de cette région et « tuteurs des Chaouia » et qui se précipitent pour satisfaire les désirs du Président et de sa cour, se rappellent que cette région a des besoins vitaux, première Wilaya historique devenue dernière wilaya au plan du développement et de la croissance économique.

Nous avons eu beaucoup de patience durant l’histoire et nous connaissons les vertus de la résistance contre la nature, contre la faim et la soif, mais surtout contre le mépris des envahisseurs et des colonisateurs qui s’est toujours terminé par la victoire contre ces colons et ces envahisseurs. Nous résistons aujourd’hui contre la soif et le manque de développement, mais nous refusons que notre dignité et notre honneur soient atteints, car durant toute l’histoire, nous n’avons jamais perdu ces deux vertus qui incarnent l’homme des Aurès en particulier, et l’Algérien en général. La situation de la région des Aurès ne diffère en rien de la situation des habitants des autres régions de même configuration géographique comme les monts de Kabylie, les monts de Jijel, ni celle des monts de l’Ouarsenis ou les monts de Beni Chougrane… et ailleurs, des hauts lieux de la guerre de libération qui ont été marginalisés vivant dans la misère et le désespoir. Enfin M. le Président, la hantise du pouvoir aujourd’hui n’est pas votre réélection ou non, mais dans la menace du boycott qui risque d’être une sentence populaire.

L’opposition est diabolisée par le pouvoir en place et elle est traitée de tous les noms ; « l’opposition n’est pas une trahison, n’est pas un crime, n’est pas un blasphème politique, mais un devoir patriotique, quand on assiste à des dérapages politiques et économiques à la limite de la trahison et à ces scandales financiers devenus monnaie courante. L’opposition est le miroir du pouvoir, elle permet au pouvoir en place de minimiser les dégâts. Si elle est bien organisée et si le pouvoir en place est dans l’obligation de lui faciliter son travail, les plus grand gagnant de cette concurrence politique seront le pays et le citoyen ». Comment voulez-vous M. le Président que ces habitants, du patriotisme desquels on ne peut pas douter prennent au sérieux votre discours de campagne à sens unique pour aller voter le 9 avril, après qu’ils eurent découvert le long de ces décennies la misère, la marginalisation socioéconomique, la corruption à grande échelle, le suicide, la harga et les nombreux fléaux sociaux qui ont envahi même nos campagnes. Enfin, je souhaite que la sagesse et le bon sens l’emportent sur la haine et l’émotion et que l’Algérie redevienne par la démocratisation et les libertés ce pays qui a déclenché le 1er Novembre 54 et qui a été incontestablement la plus grande opération collective jamais entreprise par tous les Algériens à la fois et sur toute l’étendue du territoire national.

Par Bendrihem Haïder  Ancien député de Batna

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L’empire des scandales et des échecs

Posted by bendrihem-haider on 2nd mai 2010

  

 « Un homme politique doit avoir un minimum de probité intellectuelle, sinon il tombe dans l’ aventurisme. La nature même des pouvoirs multiples exercés par un seul homme aura pour conséquence inévitable le culte de la personnalité. Et celui qui n’applaudira pas ‘‘inconditionnellement’’ le ‘‘Maître’’ sera considéré comme un mauvais citoyen. Quant à notre jeunesse, elle sera condamnée à ne plus penser. Le régime fabriquera des robots, des opportunistes et des courtisans. La démocratie seule est salutaire. Elle ne signifie pas l’anarchie. Elle ne signifie pas un pouvoir faible. Elle signifie le gouvernement du peuple par le peuple. Elle signifie un Etat hiérarchisé. » Ferhat Abbas lettre de démission de la présidence de l’Assemblée nationale constituante en contestation au projet de Constitution imposé par Ahmed Benbella le 12 août 1963

Le bilan des 10 années n’est pas des plus glorieux : la situation sociale se tend, les scandales se multiplient, les libertés bafouées, la solidarité piétinée, la démocratie achevée et la paix et la sécurité tant miroitées au peuple ne sont pas au rendez-vous, et la gifle nous est donnée par les Américains et les Français qui nous ont mis sur la même liste que l’Afghanistan et la Somalie.

L’Algérie se trouve, aujourdl’hui, dans une situation catastrophique, voire insupportable, l’économie en lambeaux, la justice à la solde de l’homme fort du moment, la sécurité se dégrade, le terrorisme reprend de l’ampleur, l’Education nationale est en décomposition. L’illettré est très facile à manipuler, surtout en période de misère et de peur. La création d’une société de l’ignorance, de la misère et de la peur semble cadrer parfaitement dans le sens du pouvoir, 6 millions de pauvres, 4 millions d’illettrés, les prisons pleines, des milliers de citoyens fauchés par le terrorisme et des milliers de harraga, un phénomène ayant marqué la décennie qui vient de s’écouler.

Malek Bennabi parlait de la colonisabilité d’une société, en la gardant loin du savoir, dans une situation de peur et de terreur continue, de misère endémique. Aujourd’hui, on peut parler de dressage de la société pour accepter le mépris, la corruption et la mauvaise gouvernance, en bref, faire accepter au citoyen l’instauration d’un Etat de non-droit en créant consciemment, ou inconsciemment, un climat favorable au conditionnement de la société, au lieu d’œuvrer pour son adhésion.

L’Algérien est sorti de la colonisabilité pour s’engouffrer dans une condition de soumission. Un bilan sombre et des perspectives néfastes Aujourd’hui, l’Algérie n’est plus citée parmi les pays qui avancent, mais parmi ceux les plus en déphasage avec l’histoire. Moins d’une année après l’élection présidentielle contestée, un classement mondial vient rappeler que la démocratie est encore inexistante en Algérie. Preuve en est, le rapport élaboré par The Economist Intelligence Unit sur l’index de la démocratie dans le monde dans lequel notre pays occupe la 133e place sur un total de 167 pays.

Le rapport de The Economist Intelligence Unit a été élaboré sur la base de critères bien spécifiques tels que le pluralisme, le libre vote et le droit des citoyens à ester en justice des responsables du gouvernement ou des membres de la police. Le rapport a divisé les pays en quatre listes : les nations qui vivent en parfaite démocratie sont au nombre de 30 ; ceux qui vivent en démocratie imparfaite, de 50 ; ceux qui vivent en régime hybride de 36 et ceux qui vivent en régime autoritaire sont au nombre de 36. Les rédacteurs de ce document ont mis l’Algérie dans la catégorie dédiée aux « régimes autoritaires ». Ce classement de l’Algérie vient, en effet, confirmer les récents rapports élaborés par des organisations internationales.

Même le très diplomatique document, rendu public il y a quelques mois, de l’Union européenne a pointé du doigt les incuries en justice, liberté d’expression, lutte contre la corruption et le droit à la création d’associations (partis politiques, ONG, syndicats et associations). Politiquement, notre pays est cité au classement des 10 dictateurs encore en activité les mieux élus au monde. Ils sont vieux. Ils sont au pouvoir depuis des dizaines d’années et peuvent tous se targuer d’avoir été plébiscités à la tête de leurs pays respectifs :

1er - Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Guinée-Equatoriale : 97,1 %.

2e - Noursoultan Nazarbaïev, Kazakhstan : 91%,

3e - Abdelaziz Bouteflika, Algérie : 90,24% ,

4e - Zine el-Abidine Ben Ali, Tunisie : 89,62%,

5e - Gurbanguly Berdimuhamedow, Turkménistan : 89,23%,

6e - Hosni Moubarak, Egypte : 88,6%,

7e - Islom Karimov, Ouzbékistan : 88,1%,

8e - Omar Hassan El-Béchir, Soudan : 86,5%,

9e - Robert Mugabe, Zimbabwe : 85,5%,

10e - Alexandre Loukachenko, Biélorussie : 82,6%.

La gouvernance autoritaire a réussi à transformer ces très beaux pays riches en pays misérables, corrompus et fuis par leur jeunesse…

Il y a peu de temps, Bouteflika pouvait compter sur la magie de son verbe et de son dynamisme. Il parlait et tout s’arrangeait.

Aujourd’hui, l’âge, la maladie, les scandales et l’usure du pouvoir ont anéanti le mystère Bouteflika, il ne parvient plus à retourner une opinion résiduelle auparavant acquise.

En termes de liberté, on trouve l’Algérie à la 141e place et au 100e rang (sur 179) au classement de l’ONU sur le développement humain (éducation, santé, niveau de vie…).

Publié chaque année depuis 1995, l’IPC permet de mettre en évidence la prévalence de la corruption à l’échelle nationale, ainsi que ses conséquences néfastes sur l’économie et le moral du citoyen, l’Algérie chute de 3,2 à 2,8 sur 10 et de la 92e place en 2008 à la 111e en 2009.

Tous les analystes du risque corruption et les experts du climat des affaires considèrent qu’un score inférieur à 3 sur 10 signifie un haut niveau de corruption au sein des institutions de l’Etat ! Malgré tous ces avertissements, la descente aux enfers continue.

Ainsi, et au regard de ce classement et de la note attribuée par l’IPC, il ressort clairement que la corruption en Algérie n’est plus seulement un frein pour le développement économique, mais un danger qui guette la sécurité de l’Etat algérien. Selon Héritage Fondation, le classement publié en collaboration avec le journal financier de référence mondiale, le Wall Street Journal, l’Algérie a été classée 137e sur 157 pays recensés pour l’indice des libertés économiques, la valorisation du savoir et la bonne gouvernance.

L’Algérie semble collectionner les mauvais points en matière de performances économiques, politiques et sociales.

Après un classement peu reluisant sur les libertés et le développement humain, le climat des affaires est pire encore. Il est à noter que World Economic Forum’s Global Competitiveness Report a établi un rapport basé sur les opinions de cadres de banques et a attribué une note comprise entre 1 et 7 aux banques du monde entier. Le système bancaire algérien se retrouve ainsi à la 134e place, avec une note de 3,9, au-dessous de la Libye (4,0), le Lesotho (4,1), la République de Kirghizie avec(4,1) et le Timor Oriental (4,2).

Il est reproché aux banques algériennes leur système archaïque et leur service à la clientèle très en retard par rapport aux autres pays. Malgré une bonne réputation de leurs cadres et de leurs compétences techniques, la gestion des comptes et des crédits est remise en cause.

En dépit de l’amélioration des indices macroéconomiques et des revenus de l’Algérie, on enregistre toutefois un déséquilibre dans la répartition des richesses.

Selon les estimations du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et de la Banque mondiale, le taux de personnes qui vivent sous le seuil de la pauvreté, qui gagnent moins de deux dollars par jour, est estimé à plus de 20% de l’ensemble des habitants, représentant plus de 6,5 millions d’Algériens, laissant à notre ministre de la Solidarité le libre choix de croire à une république platonicienne qui n’existe qu’à travers ses fantasmes de l’inénarrable Mousseilima le menteur. Le niveau social d’une grande catégorie d’Algériens n’a pas vraiment changé suite au partage inéquitable de la fortune et des revenus de l’Algérie.

Selon les institutions internationales, 2,8% des revenus de l’Algérie sont répartis sur 10% des classes les plus démunies de l’Algérie, alors que 20% des catégories les plus riches bénéficient de 42,6% de la fortune et des revenus. La Banque mondiale classe notre pays à la 125e place sur un ensemble de 178 pays étudiés sur le plan du climat des affaires. Il faut dire que la convergence de ces dernières cotations n’est nullement le fait du hasard ; une infernale relation dialectique se situe entre les deux phénomènes : climat des affaires lourd et malsain, empêtré dans une légendaire bureaucratie, d’une part, et corruption à grande échelle ayant gangrené le corps de la société et miné les principaux rouages de l’administration, d’autre part.

Ces classements et statistiques viennent conforter les cris d’alarme lancés par l’ensemble de la classe politique depuis plus de 10 années de pouvoir sans partage et de régression démocratique vertigineuse. La perte d’espoir et de repères d’une jeunesse qui ne croit plus aux promesses démesurées, s’est exprimée par l’émeute, puis par le terrorisme pour finir dans le suicide collectif à travers le phénomène des harraga. C’est triste de voir tous les cadavres de ces jeunes Algériens échoués sur les côtes européennes comme de vulgaires épaves. Mais ce qui est ridicule et par-là même absurde, c’est que le pouvoir en place n’a rien trouvé de mieux, pour venir en aide à ces jeunes harraga une fois arrêtés, que l’emprisonnement pour le délit de tenter de fuir le pays.

A croire que notre pays devient invivable. Avec plus de cent milliards de dollars de réserves de change, le pays peine à décoller malgré les trois plans de relance. L’économie nationale demeure prisonnière de son caractère rentier qui ne profite jamais à la majorité des citoyens mais bel et bien aux courtisans les plus dévoués de ce pouvoir. Tous les programmes de tous les gouvernements qui se sont succédé depuis 1999, bien que dotés de moyens astronomiques, n’ont pas daigné donner les résultats escomptés, mais on continue à faire croire au Président que le chômage est à 10%, le terrorisme est éradiqué, la crise du logement est derrière nous, les réformes engagées sont parfaites, l’autosuffisance alimentaire est garantie, notre diplomatie est exemplaire, bref tout va bien comme le montre tous les jours notre unique télévision qui demeure fidèle au modèle soviétique.

Qui va juger tous ces responsables qui ont échoué et qui continuent à se convaincre qu’ils ont réussi ? Le peuple ? … Mais par quel moyen ?

Puisqu’on interdit le débat, on falsifie les résultats des élections et on ferme le champ politique et médiatique pour toute autre opinion, allant jusqu’à accuser toute opposition de trahison et d’être à la solde de forces étrangères. Le sous-développement n’est pas une fatalité mais, bel et bien une démonstration de mauvaise gouvernance, liée aux manques de liberté, de démocratie et de justice.

Les racines de la corruption et du mal algérien : Il est un fait que l’Algérie est devenue de plus en plus ingouvernable, que les affaires du pays sont gérées avec une mentalité tribale et que les ministres deviennent ainsi une affaire de famille. L’indiscipline et le non-respect des lois et des politiques, le refus des critiques, le mépris de l’opposition qui semble se perpétuer, les scandales répétés et les polémiques persistantes, ne peuvent faire avancer un gouvernement en panne perpétuelle, à cause de la concentration des pouvoirs entre les mains d’un seul homme, une pratique du pouvoir qui ne peut que freiner le développement du pays.

Pour relancer l’économie et diversifier nos ressources énergétiques, le Président a fait son choix en imposant deux ministres à tous les gouvernements qui se sont succédé, et qu’on appelle communément les hommes du Président, à savoir Chakib Khelil et Temmar, ils ont fait carrière dans la finance internationale et tout le monde croyait au miracle, mais la déception est plus que visible. Pour Chakib Khelil, ministre de l’Energie, tout le monde garde en mémoire sa conquête désespérée et son acharnement à réviser la loi sur les hydrocarbures sous couvert de plus d’efficacité et de libéralisation pour plaire aux Américains et sa volonté malsaine en définitive de privatiser Sonatrach.

L’histoire de Sonatrach est intimement liée à celle de notre pays, elle est considérée par les experts comme les bijoux de famille qu’on ne peut vendre qu’en cas de crise alors que le prix du pétrole en 2005, l’année de la révision de cette loi, a atteint des prix astronomiques, heureusement que la maladie du Président et les résistances de patriotes au sein du pouvoir et en dehors ont coupé l’élan de cette opération antipatriotique.

Hocine Malti disait à ce propos : « Mais celui qui suggère, qui propose toutes les décisions, c’est bien Chakib Khelil qui n’est qu’un pion dans le dispositif des Etats-Unis. Il faut dire les choses telles qu’elles sont : de mon point de vue, ce ministre est un agent des Américains placé au cœur du pouvoir algérien. C’est comme s’il avait été envoyé en mission, en Algérie, pour faire un travail et le conduire à son terme. » Ceci n’a pas manqué de permettre aux Américains sous Dick Cheney de devenir les plus grands bénéficiaires pendant les 10 ans de gestion du pétrole algérien, au détriment de nos relations avec l’Europe et du bon sens de la diversification de nos clients. Chakib Khelil importe dans ses bagages sa fameuse clause d’« urgence » et la généralise avec beaucoup de succès dans tous les appels d’offres, et pour mettre en œuvre cette clause qui ressemble à une procédure de corruption légale, notre ministre libéral a occupé pendant plusieurs mois le poste de ministre de l’Energie et celui de directeur général de Sonatrach. Aucun ministre depuis l’indépendance n’a exercé ce cumul malgré la rareté des cadres des années soixante-dix.

Après mûre réflexion, Khelil avait choisi lui-même son PDG, contesté aujourd’hui et mis sous contrôle judiciaire, alors que ses deux enfants et plusieurs cadres de Sonatrach sont sous mandat de dépôt dans le cadre d’un autre scandale qui éclabousse encore un département ministériel, sans aucune réaction du président de la République, ni de l’institution parlementaire reléguée au rang d’une administration et de chambre d’enregistrement et de faire valoir de sales besognes. La décennie a vu le lancement de travaux d’infrastructures, opportunément pharaoniques, en particulier pour Sonatrach, Sonelgaz, les télécoms et le BTP, la clause d’urgence devient une pratique quotidienne, constituant ainsi la colonne vertébrale d’une corruption à grande échelle et l’ossature du pillage du pays pendant plus de 10 années. Quand on interroge le ministre Chakib Khelil sur l’abus extrême constaté dans l’utilisation de cette clause, appliquée en permanence, il ne trouve rien à dire d’autre que « le ministère de la Défense l’utilise tous les jours ! » (A suivre) H. B. : Ancien parlementaire

L’empire des scandales et des échecs (2ème partie)

Au lieu de faire du pétrole un moteur de développement du pays et de création de richesses et d’emplois durables, le pouvoir a fait de l’exploitation des hydrocarbures la source principale de tous les malheurs de ce pays, et les causes de corruption à grande échelle durant ces dernières années. Grâce à la clause d’urgence, nous avons cette impression que le détournement et la corruption, et par extension, l’enrichissement illicite sont proportionnels au poste qu’on occupe dans les rouages du pouvoir avec, pour chacun, sa quote-part en fonction de ses responsabilités et de ses capacités. Le procès Khalifa n’a-t-il pas révélé que des personnalités en poste ont été citées, mais elles n’ont jamais été inquiétées. A-t-on un jour cherché à enquêter sur toutes les malversations et cas de corruptions avérés ? A-t-on un jour mené une enquête, depuis le fameux procès oublié du scandale de l’Institut Pasteur, jusqu’à son aboutissement, en révélant les véritables tenants et aboutissants de l’affaire ?!

Pour mettre fin à cette gabegie, il est temps de considérer les ressources naturelles et les richesses du pays comme « des biens publics », dont les décisions d’exploitation doivent « être transparentes et soumises à une surveillance par un public informé ». Une loi protégeant les ressources naturelles en conformité avec la Constitution, notamment dans son article 17, est devenue plus qu’urgente. La majorité de la population pense que l’exploitation des ressources de l’Algérie ne profite pas au pays, mais aux étrangers et à une oligarchie proche du pouvoir. Ce climat de suspicion affecte « la tranquillité de la société ». A titre d’exemple, l’Algérie a réalisé des recettes d’hydrocarbures estimées à plus de 600 milliards de dollars pour les dix dernières années, mais personne ne connaît les détails sur ces recettes, leur répartition entre gaz, pétrole et condensat.

Ainsi la rente pétrolière aidant, le clan au pouvoir a compris le système et se prend à considérer qu’il peut tout acheter : les projets, les hommes politiques et les consciences nationales et internationales. Quant au Ministre des privatisations, M. Temmar, l’histoire et le peuple le jugeront sur sa macabre entreprise de destruction de l’économie nationale à travers les fausses privatisations des fleurons de l’économie nationale et ses diverses stratégies de relance industrielle qui n’ont jamais abouti et qui n’ont créé que misère, déperdition du capital savoir-faire national, grossissement des rangs des chômeurs et plus de bureaucratisation. Même le Président le reconnaît dans l’un de ses discours, et après 10 ans pour faire semblant de s’apercevoir que Temmar n’a rien fait, en bradant ses meilleurs actifs et en aggravant davantage la vulnérabilité économique du pays.

Tout le monde se rappelle quelle a été la première décision de Temmar lorsqu’il fut installé à la tête du ministère de la Privatisation : lancer des appels d’offres pour la privatisation de centaines d’entreprises. Une démarche dangereuse qui montre le manque de professionnalisme pour ne pas dire de patriotisme. Il s’agit d’une fuite en avant et d’une légèreté, en conformité desquelles la stratégie économique du pays a été préparée.

En procédant ainsi, Temmar et ses consultants démontrent une totale méconnaissance des besoins du pays, tant en termes d’investissements et de besoins, qu’en termes de formation et de préservation de l’outil industriel. Le slogan de l’époque : « Tout doit être régi par les lois du marché, l’Etat ne doit plus s’occuper de l’économie, compter sur les investisseurs étrangers pour se développer. » Dans un pays où tout « peut » être fait, Temmar a gravement enfoncé l’Algérie dans la dépendance en encourageant les importations et les privatisations en vertu de la clause d’urgence. Il a fait rater à l’Algérie son introduction dans des secteurs véritablement créateurs d’emplois et de richesse durables tels que les télécommunications, les technologies de l’information, le génie logiciel, la mécanique, la pétrochimie, les biotechnologies pour lesquelles les besoins, la main d’œuvre et la formation en Algérie se prêtent parfaitement.

Ainsi les pistes pour un développement économique durable par l’investissement ont été déplacées vers des solutions faciles : les privatisations et les importations. Une stratégie de relance ou de redressement des entreprises en difficulté et un plan d’investissement et de formation de managers pour les entreprises qui ont un potentiel de croissance, pour ne citer que des entreprises comme Saidal, BCR, ENIE, SNVI, auraient aujourd’hui des résultats certes meilleurs que le désert créé par M. Temmar et ses consultants payés à prix d’or. Ces entreprises ont échappé à cette entreprise macabre mais, malheureusement, El Hadjar et les mines de fer ont été bradés à la hâte à un moment où l’acier devenait un produit aussi stratégique que le pétrole et le gaz.

Après 7 ans, la production de gestion d’ArcelorMittal, El Hadjar est toujours à 1,2 million de tonnes d’acier ou moins équivalente à la production de Sider, le nombre de travailleurs a été revu à la baisse de moitié à 6000, voire moins et les prix des produits ferreux ont triplé depuis cette OPA. En d’autres termes, aucun investissement n’a été opéré, le maintien de l’emploi n’a pas été respecté, et l’objectif avancé par Temmar de diminution des prix en privatisant ce complexe a vu le contraire se produire.

El Hadjar aurait doublé sa production, créé plus d’emplois et maîtrisé les nouvelles technologies, si on y avait investi quelques millions de dollars. Le résultat aurait été bénéfique pour le pays à tous les niveaux économique, social et politique. Pourquoi ne pas investir dans la fabrication des produits qu’on importe, tels que les médicaments, les produits ferreux et non-ferreux, les pneumatiques, le ciment et d’autres nouvelles technologies.

Aujourd’hui, c’est trop tard, le mal est très profond, les poursuites judiciaires de ces cadres ne sont que de la poudre aux yeux, tant qu’il n’ y aura pas de changement radical dans le mode de gouvernance et surtout de contrôle populaire, à travers des institutions élues démocratiquement et une justice véritablement indépendante, ainsi que la réhabilitation des organes de contrôle complètement déstructurés, à l’image de la Cour des comptes, de l’IGF. L’Algérie est dans une impasse stratégique, qui, lorsque le baril de pétrole s’effondrera, sera une menace à moyen terme pour l’intégrité du pays.

Heureusement pour les Algériens qu’il existe dans ce pays suffisamment de patriotes honnêtes parmi les civils et les militaires, les politiques et les fonctionnaires qui ont retardé, voire bloqué quelques privatisations et les politiques économiques qui frôlaient la trahison, et qui veillent à ce que le pays ne périclite pas. Heureusement, aussi, que la crise financière internationale et la brusque prise de conscience de la menace du chômage, ont fait changé aux dirigeants du monde de discours pour sauvegarder leurs économies. A travers des mesures de régulation draconiennes, les privatisations débridées dans notre pays ont été stoppées. L’échec de 10 ans de pouvoir absolu est reconnu par le Président, lui-même, et à plusieurs reprises, dans ses discours notamment devant les présidents d’APC du pays en 2008, il reconnaissait sa responsabilité politique, économique et sociale.

En effet, tout le monde s’est félicité de l’autocritique de Bouteflika sur son programme économique et l’aveu de son échec, sans qu’aucune mesure à la hauteur de ce constat ne soit prise. On n’a presque pas besoin d’en parler, les Algériens le vivent au quotidien, grèves répétées et réprimées, pertes d’emplois, suicides, émeutes à travers le territoire national, harraga, terrorisme, corruption, détournements, catastrophes politiques, crimes économiques, déprime sociale et effacement de l’Algérie de la scène internationale. Michael Johnston, professeur de sciences politiques et ancien directeur de la division des sciences sociales à l’université Colgate, dans l’Etat de New York a étudié la corruption politique et administrative depuis 1975, il a été coéditeur et fondateur du journal Corruption et Réforme.

Son livre le plus récent s’intitule Les syndromes de la corruption : richesse, pouvoir et démocratie et décrit cette adéquation comme suit : « La démocratisation, le développement économique et la corruption sont étroitement liés. Dans certains pays, richesse, démocratie et niveaux de corruption faibles ou modérés se renforcent mutuellement ; ailleurs, pauvreté, institutions politiques non démocratiques et niveaux élevés de corruption composent une riche mosaïque de cas. Des niveaux élevés de corruption constituent une menace pour la démocratie, à la fois directe et indirecte ..

D’une part, la corruption affaiblit les institutions politiques et la participation citoyenne ; d’autre part, elle retarde et dénature le développement économique, élément nécessaire au maintien de la démocratie. S’il est vrai que la démocratisation en elle-même ne constitue pas une promesse de croissance économique, elle peut néanmoins, si la concurrence politique est bien établie et déterminante, contribuer à lutter contre la corruption. Pour être efficace en tant que stratégie anticorruption, la démocratisation doit être intégrée à un développement économique solide et à des méthodes anticorruption institutionnelles. » L’économiste et prix Nobel Amartya Sen a consacré une bonne part de ses travaux à démontrer que le développement économique a besoin de la démocratie : les libertés, le pluralisme et l’expression des citoyens sont les meilleurs garants de contrôle et de réussite des réformes et des moyens engagés, sinon la corruption tue les bonnes volontés.

Le retour en force d’un Etat autoritaire et répressif, la fermeture du champ politique et médiatique et la mise de la justice sous le contrôle total du pouvoir exécutif, sont les principaux indicateurs du maintien de l’Algérie parmi les pays cancres à tous les niveaux économique, politique, sécuritaire, diplomatique au sein de la communauté internationale. Autrement, comment un pays comme l’Algérie vaste de plus de 2 millions de km2, qui possède un potentiel humain magnifique, 70% de citoyens de moins de 30 ans, une histoire millénaire et des ressources naturelles énormes, peut-il après 50 années d’indépendance sombrer dans le désespoir absolu, en comptant près de la moitié de la population au- dessous du seuil de pauvreté et parallèlement, une caste de nouveaux riches issus des cercles du pouvoir ? Lorsqu’on injecte 200 milliards de dollars dans des projets d’infrastructures, le gouvernement devrait au moins s’assurer qu’il n’ouvre pas la voie à la dilapidation et à la corruption.

Durant ces dernières années, le pouvoir algérien a réussi deux grands exploits historiques, pour reprendre un passage d’une lettre adressée par Jean Daniel au président tunisien :
- « Les riches sont scandaleusement devenus plus riches et les pauvres insupportablement plus pauvres. Il y a une déferlante de nouveaux riches dont le comportement cynique et arrogant constitue une provocation quotidienne pour les millions de travailleurs et chômeurs qui n’arrivent même pas à nourrir leurs enfants convenablement. » - « Les jeunes qui représentent plus de 70% de la population et dont les pères et grands-pères sont morts pour l’indépendance du pays et la dignité pour ses citoyens n’ont aujourd’hui qu’un rêve : quitter ce même pays même au prix de la mort. »

Au lieu de faire du pétrole un moteur de développement du pays et de création de richesses et d’emplois durables, le pouvoir a fait de l’exploitation des hydrocarbures la source principale de tous les malheurs de ce pays, et les causes de corruption à grande échelle durant ces dernières années. Le pouvoir en place donne l’impression qu’il n’a pas besoin d’ingénieurs, de techniciens ou de sociologues, il n’a pas besoin de la formation professionnelle, bref, il n’a pas besoin de l’intelligence ou de gens qui réfléchissent pour le développement du pays mais, il a besoin de gens sans âme, sans conscience, sans culture pour transformer la rente pétrolière en faux projets afin de fabriquer de nouveaux riches. Le pétrole est devenu une véritable culture de la rente, un calcul simple et borné de l’argent facile à répartir, sans aucune stratégie de développement ou de préoccupation de l’avenir d’un peuple. Les gouvernements, qui se succedent n’ont plus le souci de gestion et d’obligation de résultats mais ils ont le souci du comment dépenser la rente pétroliére. Quand on n’a pas de projet, on ne peut pas avoir d’objectifs et par extention on n’a pas besoin de l’intelligence et de la compétence qui exécutent une stratégie afin d’atteindre les objectifs du projet. Voilà la réalité du pouvoir actuel et son mode de gouvernance; on est passé de la mauvaise gouvernance à la non gouvernance avec ce pouvoir irresponsable. 

Pour répondre aux aspirations les plus urgentes de nos citoyens et cerner les notions élémentaires de bien-être des citoyens et afin de réconcilier gouvernants et gouvernés, il est urgent de prendre en charge les secteurs stratégiques et d’entamer des réformes à la hauteur des aspirations des citoyens et de la gravité de la situation, à savoir :

- la garantie des conditions de vie matérielle tels que l’emploi et le pouvoir d’achat ;
- le droit à une bonne éducation de tous les enfants de l’Algérie ;
- l’accessibilité aux soins de qualité et à la portée de tous les citoyens ;
- l’ouverture du champ politique et médiatique pour une participation large des citoyens et la garantie d’une justice indépendante et au service du citoyen.

Ce que la classe politique en général et le pouvoir en particulier n’ont pas réussi malgré tous les milliards injectés, c’est grâce au sport, ironie du sort, que la voix du changement peut être concrétisée. Un fleuve qui emportera tout sur son passage s’il venait à être encore une autre fois ignoré et méprisé, comme du temps de toutes les hogras.

Les décideurs du pays l’ont-ils compris, quand ils ont décrété, en un temps record, la mobilisation générale de tous les appareils de l’Etat autour de l’équipe nationale et de ses supporters ? Seront-ils les architectes qui canaliseront ce fleuve, notre jeunesse, vers un avenir meilleur ? Seront-ils ces architectes qui ne craindront aucun débordement et mettront en place les passerelles nécessaires à un accès juste et équitable à l’éducation, la santé, la justice et l’emploi, autant de ruisseaux qui feront l’oasis ?

Se mettront- ils enfin à écouter le peuple et sa jeunesse, pour les faire participer effectivement à la gestion des affaires de leur pays et faire de cette jeunesse une force de création, de construction et de prospérité pour tous, au lieu de la regarder fuir le pays en harraga, se faire exploiter par des dealers de toutes sortes et surtout, se transformer en appât facile aux mains de criminels terroristes ou autres. La mobilisation collective réussie autour d’un match de football ne peut-elle pas s’inscrire durablement dans le temps ? Mais cette fois pour l’éducation, la santé, le niveau de vie, l’emploi des jeunes, la lutte contre la corruption, la bureaucratie … et surtout comprendre ce peuple merveilleux, apprendre à le respecter et s’atteler à réduire le fossé qui sépare toujours gouvernants et gouvernés, source d’incompréhensions et de conflits.

H. B. : ancien parlementaire

Par Haider Bendrihem JOURNAL ELWATAN DU 09/01/2010

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Le CRI pour le changement en Algérie

Posted by bendrihem-haider on 2nd mai 2010

 “Nous faisons face à un pouvoir qui empéche toujours le peuple Algérien de s’exprimer libremennt; à un pouvoir déterminer à briser toute opposition et tout opposant; un pouvoir qui n’a d’autre alternative que d’aggraver la répression ou de disparaitre politiquement. En dépit de toutes les crises qui se succedent, se chevauchent et secouent le pouvoir, l’opposition peine à reprendre l’initiative politique. Autour de nous, les Algériennnes et les Algériens vivent dans la précarité morale et sociale. Même les espérances qu’ils avaient placées dans la conscience internationale, comme remparts et garanties de la liberté et de la démocratie sont entrain de s’éffondrer. La gestion de hasard menée pendant des décennies a fini par installer la violence au coeur des institutions et des rapports sociaux. Elle bloque toute évolution et toute réforme. Elle nous maintient dans l’archaisme et compromet serieusement l’avenir du pays. Seuls ont droit de cité les rapports de forces nus.”   Hocine Ait-Ahmed l’un des chefs historiques de la glorieuse révolution Algérienne encore en vie et à qui l’histoire a donné raison dans toutes ses positions prises même les plus controversées de l’époque en 1963 et en 1992, longue vie à des Hommes comme lui qui ont combattu et milité pour la justice, l’équité, la liberté, la démocratie et la dignité de son peuple et de son pays. L’Algérie finira par se libérer encore une fois pour enfin intaurer la répubique démocratique et sociale dans le cadre des principes et valeurs de l’islam tel que révée par les concepteurs de novembre.

La situation du pays ne cesse de s’aggraver. Les libertés se sont amenuisées, au point où l’on ne peut parler d’opposition ou d’opinion discordante, tout simplement. L’Etat de l’économie ne cesse de se dégrader, malgré une embellie financière qui ne profite pas aux citoyens et qui continue à sourire aux prédateurs de tout acabit. L’alternance au pouvoir vient d’être enterrée par le coup d’Etat fomenté contre la Constitution par le biais d’une Assemblée populaire mal élue et ne représentant que les 20 % du corps électoral national. Un troisième mandat fatidique pour le pays, est quasi assuré par un conglomérat de partis politiques qui a pris en otage l’ensemble des Assemblées, et participe à la dilapidation du patrimoine national, à savoir sa culture, sa religion, la glorieuse histoire et ses ressources naturelles.

Le pouvoir en place qui s’est attelé le long d’une décennie à museler le champ médiatique, à miner toute tentative de création d’un mouvement politique ou citoyen, à niveler par le bas en limitant le droit au rassemblement, à déstabiliser et opérer des changements au sein des partis existants dans le but de maintenir un uranisme hérité de la période stalinienne et à dissuader le citoyen de s’intéresser aux questions politiques de son pays, en lui suggérant “qu’il est inutile de penser au changement, à partir du moment où ce pouvoir est une fatalité pour le pays”   

L’Etat déliquescent de fait du terrorisme, de la bureaucratie, du népotisme, du régionalisme et de la corruption, est squatté par l’ambition d’un clan autour d’un président fatigué, dont la seule gloire est la pérennité au pouvoir méprisant tout un peuple et défiant les lois de la biologie.

Le désespoir frappe de plein fouet une jeunesse, réduite au statut de mineure perpétuel, et à qui on a imposé le choix de la misère et le chômage ou de la « Harga » et les maux sociaux. La répression est devenue le seul langage que le pouvoir réserve à toute contestation; le peuple voit ainsi ses acquis chèrement arrachés, disparaitre petits à petits.

Le bilan de la décennie 1999-2009 est frappant:

- Sur le plan politique, en 1999, le président Bouteflika a eu comme adversaires politiques les Ait Ahmed, Taleb Ibrahimi, Khatib, Hamrouche, Sifi et Djaballah  des courants politiques en voie de structuration, ce qui montre que la société était sur la bonne voie de s’organiser. En 2009, le président candidat se retrouve en face du vide qu’il a crée.

- Sur le plan économique et social, en 1999, la facture des importations ne dépassait pas les 10 milliards de dollars et en 2009, elle dépasse largement les 40 milliards de dollars, équivaut à plus de dépendance de l’extérieur, à l’anéantissement du tissu industriel productif, à la mauvaise gouvernance et à la mauvaise politique agricole malgré les milliards injectés avec les conséquences socio-économiques désastreuses. La décennie Bouteflika est créatrice du phénomène des harragas et des détournements, vols et corruptions à coûts de milliards.

- Sur le plan diplomatique, en 1999 et malgré une décennie d’isolation, l’Algérie avait gardé le cap de ses  positions historiques qui ont toujours caractérisé sa diplomatie courageuse et claire à la hauteur de son passé glorieux, en 2009 il ne nous reste ni positions ni même le discours mais rien que la diplomatie du cheque.

Durant les élections de 2007, organisées par le pouvoir et pour les sous traitants du pouvoir, et au mépris du citoyen, la majorité des Algériens a tournée le dos aux urnes avec une volonté clairement exprimée, pour signifier son opposition au pouvoir en place qui s’est foncièrement discrédité. Moins de 20% du corps électoral décide ainsi pour le sort de tout un peuple, voilà le miracle de la démocratie de BOUTEFLIKA qui vient se greffer à ses miracles que le peuple a eu à vérifier le long d’une décennie, marquée par la misère, la dilapidation des deniers publics, la déperdition des richesses nationales, la généralisation de la corruption et la déliquescence de l’autorité de l’Etat.

Malgré tout cela, le pouvoir est resté autiste et méprisant et l’opposition n’a pas su exploité ces brèches qui se sont offertes à elle, pour s’organiser et renverser la tendance, en faisant adhérer les citoyens à son projet. Ceci est du, essentiellement, à des ambitions individuelles des leaders de l’opposition conjuguées aux pratiques d’obstructions anti démocratiques au demeurant, machiavéliques dans leurs essences, exercées par le pouvoir en place.

Aujourd’hui, les animateurs de l’opposition, qu’ils adhérent au CRI pour le changement ou pas,  devraient reconnaitre qu’il est fondamentalement urgent de se rassembler pour s’opposer aux conséquences d’un troisième mandat, qui seront fatales pour le devenir du pays.  Devant un constat aussi alarmant, nous sommes nombreux à partager la même conviction, celle d’œuvrer en concert pour engager une réflexion débouchant sur des initiatives concrètes pour redonner espoir à ce peuple désorienté, désabusé, mais qui continue à porter le pays dans son cœur, malgré les déceptions, les trahisons, les fraudes et la confiscation de son ultime droit à présider à son destin .

Nous sommes nombreux et nous formons l’ensemble des franges de la société, refusant de sombrer dans un populisme ravageur, ou succomber à l’attrait d’un élitisme craintif, salonnard et coupé de la réalité, aspirons à réunir l’ensemble des valeurs sûres de la nation, à fédérer tous les patriotes qui vivent avec le souci  d’œuvrer à sauvegarder la nation d’un naufrage imminent, à mobiliser toutes les capacités du pays réduites à vivre dans l’ombre, afin d’accomplir l’ultime sursaut patriotique, à travers d’initiatives sous formes de réflexions et d’actions capables de redonner espoir à ce peuple trahit.

Nous sommes nombreux à récuser toute velléité de sectarisme et de régionalisme et nous refusons de faire dans la surenchère nationaliste, républicaine ou religieuse, nous sommes condamnés à travailler dans la concertation, l’échange de point de vue, la collecte d’informations et d’expertises utiles, dans la diversité sous l’unique emprise des règles de la démocratie.

Notre conviction, c’est fournir les efforts pour traduire ces idées en projet, justice et équité pour faire adhérer la majorité à ce projet, et surtout patience face aux entraves qu’on va subir. Mais, aussi, ni cupidité, ni peur, ni fatalisme. Ceci est notre crédo, notre point de mire, notre chemin et notre vocation.

Ayant une croyance, selon laquelle rien n’est imposé » à l’homme, sans son propre bon vouloir, nous devons appeler à l’affranchissement de nos concitoyens des fatalismes, des modèles préétablis, des zaïmismes, du conditionnement et des paternalismes.

Nous devons nous pencher sérieusement sur la crise qui secoue notre pays. Le pouvoir a manqué de clairvoyance, de transparence et de cohérence. La nécessité d’une opération vérité est devenue plus qu’obligatoire. On doit agir avec pragmatisme et vigueur.

Désormais, le combat n’est pas de s’opposer politiquement au président  Bouteflika, car cette bataille est déjà dépassée depuis la violation de la Constitution, l’important est de préparer l’avenir, et s’opposer avec détermination à un pouvoir autoritaire et dangereux pour la cohésion nationale. Le véritable affrontement avec le pouvoir en place passe inéluctablement par cette bataille pour une démocratie durable, politique d’abord, mais aussi économique, sociale et culturelle et ainsi vaincre l’injustice et la terreur par la force de la liberté.

Sommes-nous capables de réussir là où le système a échoué, et de répondre aux exigences et valeurs incarnées dans l’esprit de l’Appel du 1er Novembre 1954, à savoir l’édification d’un Etat souverain, démocratique et sociale, dans le cadre des valeurs de l’Islam ? Tellement souillé, cet Appel est oublié, voire jeté dans les calendes grecques car, nous avons vite oublié ceux qui sont morts pour cet idéal ; un idéal de résistance. Ce même esprit de résistance qui est toujours d’actualité.

C’est en s’inspirant de l’esprit et des valeurs du 1er Novembre que l’on peut mobiliser, à travers un débat sérieux, serein et responsable,  pour engager cette bataille salvatrice pour la nation. Car, ces valeurs ont, ensemble ou séparément, la capacité de motiver ceux qui désespèrent et d’inciter à se battre ceux  qui ont perdu le gout du militantisme et des risques qu’il implique.

Sommes-nous prêts à nous battre et capables d’adopter comme projet politique, celui qui vise à mettre en œuvre la démocratie, à travers les valeurs de solidarité, de liberté et de responsabilité dont elle est porteuse ?

Sommes-nous prêts à nous battre au quotidien pour que nous puissions vivre et exprimer nos points de vue dans les différents domaines, qu’ils soient politiques, économiques… afin d’éradiquer les inégalités et la précarité, sources de frustrations, de violences et d’instabilité permanente.

Aussi, sommes-nous capables de nous battre pour que la culture soit à la portée de chacun, que le développement soit bénéfique à l’ensemble des citoyens et l’éducation soit le ciment de la République, que la santé soit accessible pour tous, que la justice soit indépendante, que la solidarité sociale soit effective, bref pour l’édification d’une société algérienne plus humaine, plus généreuse, plus justes et morale ? Le CRI de l’Algérie pour le changement aspire à faire de la démocratie et de la liberté d’une part et du savoir et de la connaissance d’autre part la clé de lecture des problèmes de notre pays et de l’ensemble de la société algérienne.

Soyons nombreux à répondre à l’appel du CRI de l’Algérie pour boycotter les urnes afin de montrer à l’opinion nationales et internationales que les Algériens en ont assez de ce pouvoir anti démocratique et autoritaire, pour signifier à ces gouvernants d’un autre temps, notre maturité, notre refus du tutorat imposé et notre ras le bol de la précarité de notre situation. Seule une longue résistance pacifique est capable de rétablir les citoyens dans leurs droits fondamentaux

Haider BENDRIHEM Coordinateur National du Parti EL BADIL non agrée

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