Le Blog de BENDRIHEM Haider, Le CRI pour le Changement: L’Algérie mérite mieux que son sort actuel:Démocratie, Justice et Dignité.

Militons pour la Refondation de l’Etat National. Justice, Équité, Liberté, Démocratie, Dignité, nos objectifs et les principes constants et indéfectibles de notre projet.

Archive for octobre, 2014

Algérie : Des universitaires, journalistes et personnalités appellent au changement .

Posted by bendrihem-haider on 8th octobre 2014

21 janvier 2011

Un groupe d’universitaires, de journalistes et de personnalités algériennes ont publié vendredi 21 janvier un appel au changement démocratique dans leur pays, après celui survenu en Tunisie voisine. Les signataires indiquent qu’ils appellent « à la convergence de toutes les (…) initiatives de citoyens, d’associations, de syndicats et de partis politiques allant dans le sens de la levée du carcan sur la vie publique et pour l’avènement de l’alternance démocratique en Algérie ».


Cette déclaration signée par une trentaine de personnalités, est une première, semble-t-il au moins depuis les émeutes qui ont secoué l’Algérie du 4 au 9 janvier. Le texte, transmis par courriel et également visible sur Facebook et sur le site du quotidien algérien Le Matin, rend un hommage appuyé au mouvement des Tunisiens qui ont renversé le président Zine AL Abidine Ben Ali.Les signataires estiment que cette « juste action du peuple tunisien ouvre une nouvelle situation politique dans un Maghreb lié par un destin commun ». Evoquant « le désespoir social » en Algérie, illustré par les émeutes du début du mois qui ont fait cinq morts et plus de 800 blessés dans leur pays, les signataires critiquent vivement leur gouvernement pour n’avoir donné à ces événements qu’ « une seule explication: la hausse du prix des produits de base ». « La crise de janvier n’est pas soluble dans l’huile », affirment-ils en référence à ces denrées, tout en soulignant que « les mouvements sociaux n’ont jamais été aussi nombreux que ces dernières années » en Algérie.« Le pouvoir est seul face au désarroi et à la colère des Algériens », affirment encore ces personnalités très critiques envers le maintien de l’Etat d’urgence depuis 1992, « la répression policière, la manipulation et le verrouillage médiatique », selon eux.

Parmi eux, l’universitaire et journaliste Fodil Boumala, un ancien député, Haïdar Bendrihem, les universitaires Zoubir Arous et Ahcène Bechani, un ancien combattant de la guerre d’indépendance Saïd Boudiaf, l’éditeur Boussad Ouadi et Youcef Lakhdar Hamina, universitaire. (Avec AFP)

Le texte de l’appel

La chute brutale du régime dictatorial  de Zine Al Abidine Ben Ali par la juste action du peuple tunisien ouvre une nouvelle situation politique dans un Maghreb lié par un destin commun. Cette revendication pour la liberté et le changement s’exprime de différentes manières depuis longtemps en Algérie. Des milliers de jeunes algériens de toutes les régions du pays, exclus, démunis, sans espoir pour leur avenir, ont répondu à l’enfermement dans lequel est tenue la société algérienne par le seul moyen à sa disposition : l’émeute. Ils ont exprimé les frustrations de tout un peuple. Ils ont payé de leurs vies et de leur intégrité physique leur rejet de cet ordre étouffant. Cette irruption d’explosion sociale est, en réalité, une expression permanente par la fracture et l’émeute  depuis octobre 1988.Le gouvernement a choisi de lui donner une seule explication : la hausse du prix des produits de base. La crise de janvier n’est pas soluble dans l’huile. La tentative du pouvoir et de ses médias de délégitimer les manifestants est vaine. Le pouvoir dépense sans compter et sans contrôle  depuis qu’il dispose de grands revenus énergétiques. Mais les émeutes, les mouvements sociaux, n’ont jamais été aussi nombreux que ces dernières années : relogement, eau, route, électricité, Hogra, emploi, exclusion, le nombre de foyers de tensions se comptent par milliers sur l’année. La corruption, le déni des droits alimentent le désespoir social. Aujourd’hui, partie de Sidi Bouzid, la vague d’immolations par le feu de citoyens algériens désespérés ravage le pays. La situation est grave.Le pouvoir est seul face au désarroi et à la colère des Algériens. Il ne compte que sur l’Etat d’urgence permanent, la répression policière, la manipulation et le verrouillage médiatique. C’est le résultat d’un étouffement sans précédent de la vie publique nationale. Droit d’organisation, de réunion, de manifestation, d’association, libertés syndicales, libertés d’expression, tout à été retiré aux citoyens ne leur laissant de recours que la Harga, les émeutes et le suicide incendiaire.

Comme en Tunisie, les viols de la constitution et l’instauration d’un système de présidence à vie en Algérie, ont précipité le pays dans une impasse dramatique.

Nous signataires de la présente déclaration,

- Affirmons notre détermination à refuser la fatalité de cette crise nationale. L’Algérie n’a pas payé le tribut dramatique de dizaines de milliers de victimes d’une guerre civile pour vivre perpétuellement sous un ordre autocratique, liberticide, producteur d’impasses, de morts et de régression
- Saluons le combat magnifique du peuple tunisien et le soutenons pour avancer vers un Etat de droit
- Décidons de mettre en commun nos énergies et notre foi en une Algérie forte par sa combativité, pour construire ensemble un nouveau cadre d’expression libre en faveur de l’ouverture et du changement démocratique
- Soutenons et appelons à la convergence de toutes les autres initiatives de citoyens, d’associations, de syndicats et de partis politiques allant dans le sens de la levée du carcan sur la vie publique et pour l’avènement de l’alternance démocratique en Algérie.

Les Signataires :

• Fodil Boumala (Universitaire-Journaliste)
• Ihsane El Kadi(Journaliste)
• Mohamed Lakhdar Maougal (Universitaire)
• Haidar Bendrihem(Universitaire,Ancien député)
• Mohamed Hennad(Universitaire)
• Zoubir Arous (Universitaire)
• Ahcène Bechani (Universitaire)
• Ramdane Moulla (Ancien député)
• Abed Charef (Journaliste-écrivain),
• Said Boudiaf (Ancien Moudjahid)
• Boussad Ouadi (Editeur)
• Kamel Slahdji (Cadre d’entreprise)
• Redouane Boudjemâa (Universitaire)
• Nasreddine Lezar(Avocat)
• Ali Kessaissia(Universitaire)
• Ahmed Rouadjia(Universitaire, Ecrivain)
• Mustapha Heddad (Universitaire)
• Youcef Lakhdar Hamina (Universitaire)
• Amar Manâa (Universitaire)
• Said Djaafer (Journaliste),
• Farid Cherbal (Universitaire),
• Ouali Ait Yahia (Universitaire),
• Nourredine Ahmine (avocat),
• Smain Mohamed (Militant droits humains),
• Yassine Temlali (Journaliste),
• Ali Ihaddadène (Cadre financier).
• Mohamed Bouazdia (Journaliste)
• Ahcène Khellas (Universitaire)

Contact et signatures :
algerie.changement@gmail.com

Posted in Uncategorized | No Comments »

L’impérieuse nécessité d’une action collective citoyenne

Posted by bendrihem-haider on 8th octobre 2014

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

ELWATAN le 08.10.14 |

Demain, personne ne dira je ne savais pas. L’Algérie de demain se décide aujourd’hui.

L’Algérie se trouve aujourd’hui dans une impasse historique. La crise dure depuis de nombreuses années mais le chaos qui s’est installé depuis cette dernière décennie est plus que préoccupant. Les institutions ont été déstabilisées de manière à remettre en cause même les fondements de l’Etat et son autorité. Depuis plusieurs années, les contre valeurs ont été davantage dopés favorisant une corruption généralisée ainsi qu’un populisme érigé en mode d’ascension politique. La nation ne peut plus supporter plus de dérives et de scandales. Ce sont l’unité nationale et la cohésion sociale qui sont mis en périls. Il y a vraiment urgence de se mobiliser pour une action collective afin de sauver la nation d’une désintégration annoncée.

La conférence nationale de Zeralda du mois de juin 2014 constitue un acte fondateur politique majeur, portant de nouvelles exigences et ouvrant de nouvelles possibilités ; elle a été un espace public de débats féconds et participatifs. Elle a permis de réconcilier une opposition fragmentée, elle a permis de lancer les jalons d’une vision commune pour une sortie de crise. Cette vision reste à concrétiser dans un projet commun et dans un cadre plus large que celui de zeralda, pour un consensus national afin de lancer les bases de la refondation de l’Etat nation, une action collective que les Algériens n’ont pas réussis depuis novembre 54.

L’esprit de Zeralda a besoin d’une prochaine étape dans le cadre d’un congrès de refondation équivalent dans ses objectifs au congrès de la Soummam. Ce Congrès décidera le type d’organisation et de consensus à mettre en œuvre autour d’une instance collégiale, réellement représentative de l’ensemble des composantes de l’opposition et des forces patriotiques du pays. Cette instance doit placer les intérêts de la nation au dessus de tout.

L’esprit de Zeralda interpelle, d’abord, les organisateurs afin de rassembler encore plus et de s’éloigner des malentendus stériles, des débats marginaux et des manœuvres de leadership. Il interpelle les responsables politiques et militaires sur leur responsabilité à continuer à ignorer une bonne partie de l’opinion publique, à ignorer le danger qui guette la nation et enfin il les interpelle à accepter d’aller vers une conférence de consensus national pour la refondation de l’Etat nation. Il s’adresse aussi à l’ensemble de la classe politique afin qu’elle surpasse ses divergences et accepter la convergence patriotique afin de créer les conditions de l’instauration d’une société démocratique, juste, pluraliste, pleinement respectueuse des droits humains, des libertés individuelles, fonctionnant selon des mécanismes socio-économiques susceptibles d’assurer le bien-être de tous.

Face à ce constat et face à cette effervescence, le pouvoir semble vivre dans une cacophonie indescriptible. Le peu de culture d’Etat qui subsistait encore, après quatre mandats de pouvoir absolu, est réduit à néant. Tout est fait dans l’improvisation, la précipitation et le mépris de l’autre afin d’imposer un scénario qui risque de mettre le pays à feu et à sang. Qu’est ce qui explique cet état de fait ?
Ce pouvoir qui refuse de dresser un quelconque bilan de sa gestion passée, ayant engloutie plus de 1000 milliards de dollars avec de piteux résultats, s’empresse encore à ouvrir la tirelire pour dilapider 262 milliards dollars. Ces sommes faramineuses si elles avaient été déboursées dans un autre Etat, avec une bonne gouvernance et une véritable stratégie de développement, il serait aujourd’hui un pays émergent, respectueux et même membre du G20.

Malheureusement, aujourd’hui, notre pays s’enfonce encore dans le sous développement, avec des classes d’école surchargées, passées de 44 élèves avant 1999 à près plus de 55 élèves, voire plus dans certains lycées, actuellement, un système de santé en ruines et ruineux, des routes mal faites, des coupures d’électricité…et la liste est longue.

En l’absence d’une stratégie de développement, le pouvoir actuel use avec frénésie des finances engrangées de la seule rente pétrolière. Les huit plans appliqués le long des 15 ans de règne par ce pouvoir rentier n’ont rien donné. Pire encore, aujourd’hui, on parle de moins d’un milliard de dollar d’exportations en dehors des hydrocarbures pour près de 65 milliards d’importations qui vont dans les poches de prédateurs de tout acabit. Aujourd’hui, des pays voisins comme le Maroc exportent pour 25 milliards de dollars et la Tunisie pour 16 milliards de dollars.

L’économie Algérienne se résume à l’exportation du pétrole et à l’importation de tout.
Cette situation n’a pas manqué d’inspirer le Premier ministre Sellal qui s’est enorgueilli du fait que «l’Algérie exporte aujourd’hui la sécurité», alors qu’un touriste français fut kidnappé et lâchement assassiné dans la région de Tizi Ouzou, quelques jours seulement après les auto-satisfécits du Premier ministre. Ce responsable demeure sourd aux appels des spécialistes qui ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur l’éminence d’une crise économique majeure sur tous les plans, résultat d’une simple baisse du prix du pétrole ou du volume de production.

Devant cette impasse, à la fois, politique, économique, sociale et morale, le pouvoir en place refuse de regarder la réalité du pays et continue à manœuvrer pour perdurer, à n’importe quel prix, et à faciliter la tâche aux prédateurs pour s’accaparer de ce qui reste de la rente, à travers un pouvoir dominé par l’argent sale, en imposant à la société une nouvelle forme de transmission du pouvoir à la syrienne. Pour remettre le véritable débat sur les rails et créer surtout un rapport de force salvateur pour le pays, l’opposition est appelée à se mobiliser, se rassembler et surtout inscrire en urgences dans son calendrier immédiat la préparation de l’après Bouteflika.

L’après Bouteflika a sonné et le pouvoir de l’argent est en phase d’action pour ne pas être surpris par une vacance prématurée du pouvoir. Il est du devoir de l’opposition d’agir dans l’urgence pour refuser la fatalité du pouvoir considéré comme un legs, afin, d’épargner à notre peuple meurtrie par plus de 10 ans de sang et d’instabilité, la tragédie libyenne, l’impasse égyptienne ou le drame syrien.  La refondation de l’Etat nation passe inéluctablement par le refus de cette fatalité.

L’opposition doit, dès aujourd’hui, s’entendre sur les outils de la refondation de l’Etat nation à travers une transition élue et concertée avec toutes les composantes de l’opposition et les forces patriotiques de la nation autour d’un programme orienté et réfléchi pour réhabiliter l’Etat nation menacé d’effondrement.  Seule une opposition unie et clairvoyante est capable de mobiliser le peuple pour une transition élue capable de remettre le pays sur les chemins du développement et du progrès.

La seule demande que l’opposition doit brandir, à l’heure actuelle, et qu’elle doit considérer comme une condition non négociable est la création d’une Commission indépendante d’organisation des élections. Cette commission doit centraliser à son niveau le fichier électoral, en procédant à sa révision, afin de ne pas laisser la volonté populaire entre les mains de ceux qui œuvrent à remettre les clés du pouvoir entre les mains des forces de l’argent sale.  Après la mascarade des législatives en 2012 ayant permis au parti de l’argent de contrôler le Parlement, et celle de 2014 qui a permis à un président malade et incapable de gouverner de rempiler pour la quatrième fois, il est du devoir de l’opposition et du peuple algérien de ne pas reculer sur cette demande légitime, pour barrer la route devant ces fossoyeurs de la République.  Seule une action collective de toute l’opposition et des forces patriotiques de la nation, appuyée par une adhésion consciente du peuple est à même de sauver l’Algérie de ce naufrage annoncé.

Haider Bendrihem

Posted in Uncategorized | No Comments »

Grandeur et décadence : « L’Etat civil » de Benmhidi et Abane à Saadani

Posted by bendrihem-haider on 5th octobre 2014

Grandeur et décadence : « L’Etat civil » de Benmhidi et Abane à Saadani

 Par Haider Bendrihem  habendri57@yahoo.fr

 Publié dans le quotidien ELWATAN

Le pouvoir semble vivre dans une cacophonie indescriptible. Le peu de culture d’Etat qui subsistait encore après la prise du pouvoir par Bouteflika a été réduit à néant. Tout est fait dans l’improvisation, la précipitation et le mépris de l’autre afin d’imposer un scénario qui risque de mettre le pays à feu et à sang. Qu’est ce qui explique cet état de fait ?

Quand Amar Saadani annonce des changements profonds dans les hautes sphères de l’Etat dans les jours à venir, en réalité il annonce la fin éminente d’une étape du pouvoir actuel et la mise en œuvre d’un plan qui va être imposer au peuple.

Il veut en réalité, aussi, vendre le maintien du clan qui gouverne le pays à travers la formule toute trouvée de « l’Etat civil ». C’est quoi « l’Etat civil » pour Amar Saidani ? Abane et Benmhidi ont certes annoncé la primauté du civil sur le militaire, tout en consolidant la cohésion et la complémentarité du militaire et du politique pour la libération de l’Algérie. Le binôme Abane et Benmhidi avait réussi à structurer la révolution et l’a doté de ces organes légiférant et exécutif. Mais leur œuvre n’a pas vécu trop longtemps suite à la main mise des trois B sur l’ensemble des structures du pouvoir. Le militaire, alors, avait primé sur le civil et tout le pouvoir sera mis entre les mains des militaires après la crise de l’été 1962.

« L’Etat civil » rêvé par Abane et Benmhidi n’est certainement pas celui de Saadani, qui est lui-même un produit de l’Etat sécuritaire.  Cet « Etat civil » ne sera possible que dans un contexte d’un état de droit qui consacre la légitimité populaire.

Pour Saadani, qui est un homme averti, bien informé et exécutant une feuille de route déjà mise en œuvre, « l’Etat civil » n’est pas la séparation des pouvoirs, bien au contraire,  la révision de la constitution, en 2008, a concentré tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme. « L’Etat civil » n’est pas la  consécration du contrôle de l’exécutif à travers des mécanismes démocratiquement élus tel qu’il est de tradition dans les pays où la société civile est la garante de la pérennité  de la démocratie, les élections de 2014 ont bien montré un mépris pour tout un peuple en donnant 80% à un président malade et totalement effacé.

Les parrains de Saadani cherchent en réalité à affaiblir l’autorité capable de s’opposer à une certaine candidature à la présidentielle qui serait fatale au pays. C’est clair, c’est une partie de l’armée qui est visée à travers cette formule aussi ambigüe que la personne qui en est l’auteur.

Actuellement, le seul acquis qui a réussi à maintenir le pays debout, malgré tous les coups et les insuffisances, est l’institution militaire, son unité, son professionnalisme, sa discipline et son patriotisme. C’est à cet acquis que cette meute d’affairistes s’attaque de front. L’ANP et tous les services de sécurité ne doivent pas être des outils au service du pouvoir ni d’un clan, ils appartiennent à la nation et ils sont au service de la nation toute la nation.

Créer la zizanie et diviser l’indivisible, même au sein des partis au pouvoir, ne leur suffit pas, ils s’attaquent aux derniers verrous qui maintient la république debout afin d’installer durablement  le pouvoir de l’argent sale.

Comment croire à une volonté de consacrer un Etat dans n’importe quelle  forme autre que celle d’un Etat non-militaire ou sécuritaire, quand ce pouvoir refuse de dialoguer avec l’opposition et lui refuse même les autorisations pour mener son activité. Pire encore, une simple conférence animée par un ancien chef du gouvernement à Tlemcen fut interdite, sans aucun motif apparent. Même le discours pacificateur et rassembleur d’un ancien chef du gouvernement s’apparente à de la subversion pour l’actuel pouvoir.

Ce qui apparait nettement claire, aujourd’hui, est la volonté affirmée pour la prise du pouvoir, tout le pouvoir, par la puissance de l’argent. Les derniers leviers qui agissent contre cette fatalité commencent à sauter.

Ceux qui  croient que Saadani est un simple fou du Roi doivent revoir leurs grilles de lectures.

Cet homme parle au nom du pouvoir réel, et ce pouvoir agit. Il est au centre de la décision politique. Il veut aujourd’hui tout le pouvoir, c’est-à-dire transformer la République algérienne en République bananière basée sur deux leviers, à savoir la rente pétrolière et son bras sécuritaire. En somme, c’est la définition réelle de « l’Etat civil » prônée par Saidani et ses mentors. En plus du pouvoir de l’argent, ce clan compte actionner son armée formée par ses clients au sein de l’administration qui a squatté les espaces qui reviennent aux institutions élues, en gérant seul le pays, en dehors de tout contrôle populaire, judiciaire ou autres, et en distribuant la rente pour colmater les demandes sociales et en renforçant le pouvoir de l’argent à travers les marchés publics

Le cas de la gestion de la crise de Ghardaïa illustre le mieux cette vision des choses. En effet, la défaillance des responsables est criarde dans cette affaire. Les élus locaux sont absents. Ils n’arrivent pas à se frayer un chemin parmi cette faune politique qui fait la navette entre Alger et Ghardaïa. Les élus au niveau des deux chambres du Parlement brillent aussi par leur absence et leur silence. Pouvaient-ils parler, eux qui souffrent de légitimité ?! A travers cette crise, le pouvoir a encore prouvé qu’il ne gère qu’à travers le sécuritaire et l’argent de la rente, c’est-à-dire les deux leviers, à savoir la rente et le sécuritaire.

Le pouvoir semble ne pas se poser de questions sur le coût de la gestion sécuritaire des crises telle que la crise de Ghardaïa au cour de laquelle des milliers d’hommes sont mobilisés avec leurs moyens, engins et outils de répression à longueur de l’année. Cet état de fait n’est pas la faute des gendarmes et  policiers qui peinent à maintenir l’ordre dans cette région meurtrie, mais, bien la faute de la décision politique qui demeure centralisée et entre les mains d’hommes incapables qui ont mené le pays à une faillite généralisée.   .

Ainsi, c’est un nouveau type d’Etat qui est entrain de se former. Un Etat rentier et sécuritaire consacrant une République bananière, appelée par Saidani « Etat civil ».

Devant cette impasse, à la fois, politique, économique, sociale et morale, le pouvoir en place  s’acharne à anéantir ce qui reste des fondements de l’Etat républicain, pour permettre aux prédateurs de s’accaparer de ce qui reste de la rente, à travers un pouvoir dominé par l’argent sale, en imposant à la société une nouvelle forme de transmission du pouvoir à la syrienne.

Pour l’opposition, le temps est malheureusement pour les luttes de leadership et pour les plans d’alternance qui nourrissent des mythes et qui donnent des faux espoirs au peuple.

Certes, l’opposition a prouvé son évolution et son sens de la responsabilité, en se réunissant d’abord et en murissant des plans de sortie de crise pour épargner à notre peuple d’autres drames. Mais, dès l’entame de son action, une partie de l’opposition fut évacuée par des calculs de leadership de certaines composantes de cette initiative.

La main tendue au pouvoir n’a pas eu de suite, il est temps que l’opposition revoit sa grille de lecture, en s’inscrivant dans l’après Bouteflika et surtout en posant les premiers jalons d’un congrès de toute l’opposition pour la refondation nationale et pour la construction d’institution civiles et républicaines qui passent par la légitimité des urnes.

Pour remettre le véritable débat sur les rails et créer surtout un rapport de force salvateur pour le pays, l’opposition est appelée à inscrire certaines urgences dans son calendrier immédiat.

L’après Bouteflika a sonné et le pouvoir de l’argent est en  phase d’action pour ne pas être surpris par une vacance prématurée du pouvoir. Il est du devoir de l’opposition d’agir dans l’urgence pour refuser la fatalité de la transmission familiale du pouvoir, ou la fatalité du pouvoir considéré comme un legs, afin, d’épargner à notre peuple meurtrie par plus de 10 ans de sang et d’instabilité, la tragédie libyenne, l’impasse égyptienne ou le drame syrien.

La refondation de l’Etat nation passe inéluctablement par le refus de cette fatalité et la revendication d’une commission indépendante d’organisation des élections pour aller conquérir le pouvoir à travers les urnes. L’opposition doit, dès aujourd’hui, s’entendre sur le contenu et les outils  de cette transition élue. Cette transition élue doit être concertée avec toutes les composantes de cette opposition, autour d’un programme orienté sur la refondation de l’Etat nation, tel que rêvé par les initiateurs du 1er Novembre 1954

Posted in Uncategorized | No Comments »

L’Algérie mérite bien mieux que son sort actuel

Posted by bendrihem-haider on 5th octobre 2014

L’Algérie mérite bien mieux que son sort actuel

Haider Bendrihem Ancien Député/ février 2014

Article publié le 27 février 2014 ELWATAN

L’ambition de l’actuel chef de l’Etat de rester président n’est pas pour le titre. Il est président depuis 15 ans, son ambition n’est pas pour mettre en œuvre un projet mûri pour l’Algérie, il est là depuis 15 ans et il n’a jamais eu de projet pour son pays. Il ne peut pas avoir d’autres ambitions que la protection de son clan et ses courtisans. Alors, avant on maquillait la réalité par des grands discours et la distribution de grandes sommes d’argents pour des projets inutiles, à travers ses sorties folkloriques dans les wilayas, sans aucune planification ni contrôle du parlement. On parlait déjà de tendance monarchiste, quand il avait toutes ses facultés physiques et mentales. Aujourd’hui, on achète non seulement des placards publicitaires dans de grands quotidiens dans le monde, mais aussi, les consciences et les complicités à l’intérieur et à l’extérieur, notamment des dirigeants de pays, qui se vantent d’être les détenteurs des valeurs démocratiques, en contre partie de contrats juteux plus que douteux. Ces dernières années, les visites à Alger de délégations étrangères ressemblent plus à des voyages d’affaires que des visites d’État dans un pays livré au pillage.

L’Algérie ne cumule pas seulement les résultats les plus mauvais au monde dans le domaine économique et social, mais, notre président s’il brigue un 4eme mandat, il sera certainement classé parmi les tops 10 des accrocs au pouvoir, après avoir été cité au classement des 10 dictateurs les mieux élus au monde.

Aujourd’hui, le chef de l’Etat cumule 15 ans de pouvoir avec un bilan plus que discutable. Un 4eme mandat (soit  20 ans de pouvoir) sera désastreux pour le pays. ll y a peu de temps, Bouteflika pouvait compter sur la magie de son verbe, sur son dynamisme et ses qualités de tribun. Il parlait et tout s’arrangeait. Aujourd’hui, l’âge, la maladie, les scandales et l’usure du pouvoir ont anéanti le mystère Bouteflika. Il ne parvient plus à retourner une opinion résiduelle auparavant acquise. Il est devenu invisible même pendant les moments les plus graves du pays.

 Les observateurs au niveau national et international s’accordent tous à dire que ce n’était pas le président qui voulait le 3eme mandat, en violant la constitution en 2008, et il n’est certainement pas  désireux du 4eme mandat, en 2014, mais, il est devenu l’otage d’un entourage qui n’a même pas de pitié pour sa santé. La rente pétrolière les a rendus insensibles et inhumains.

Benachenhou, qui n’était autre que le ministre des finances de Bouteflika et son conseiller économique, soutenait que “Le président est mal entouré et mal conseillé, ayant plus de courtisans que de militants”. Quand on n’a pas de projet pour l’Algérie, on ne peut pas avoir d’objectifs et de stratégie et quand on n’a pas de stratégie, on n’a pas besoin de compétences, ministres ou conseillers, pour exécuter cette stratégie. La malédiction de l’Algérie c’est son pétrole, dont une partie a certes servi le peuple algérien, mais, une bonne partie  n’a servi qu’à enrichir la nomenclature du système, au détriment d’un projet national pour utiliser cette rente pour le développement du pays, à savoir une rente qui servira les générations futures et surtout préparer le pays à l’après pétrole.

Ce qu’on peut constater avec certitude, depuis plus de 10 ans, c’est que la richesse de la collectivité nationale est mise entre les mains de personnes sans foi ni loi qui ont exploité ce patrimoine pour s’enrichir et rester au pouvoir en mettant nos hydrocarbures au service des multinationales. Pour Machiavel, le but de la politique et sa finalité ce n’est pas la morale, mais tout faire pour rester au pouvoir.

C’est le cas de notre pauvre pays, pour obtenir et conserver le pouvoir, tous les moyens sont permis, au diable le patriotisme, la démocratie, l’alternance, le respect de la constitution, les libertés, le bonheur des citoyen et la sécurité de la nation, ce sont des valeurs rejetées et combattues par ce régime machiavélique.

A la fin, politiquement et constitutionnellement le président est le premier responsable de tous ces dérapages. Il n’est plus «président stagiaire», mais il est à son troisième mandat, s’il a mal choisi ses conseillers et ses gouvernements successifs, toute la responsabilité de ce désastre lui incombe.

Chawki Ammari  a affirmé, dans une chronique au quotidien d’El watan intitulée « A qui appartient l’Algérie’ synthétise bien ce sentiment collectif », « 50 ans après, l’impression que nous ne sommes pas chez nous est encore tenace, comme si une caste dominante travaillait toujours pour des intérêts étrangers, exportant nos ressources (les hydrocarbures), en jetant quelques centimes aux khammas locaux ».

Le modèle démocratique ne fait pas seulement peur aux dirigeants arabes, mais aussi, aux occidentaux qui ont soutenu et soutiennent toujours des pouvoirs autoritaires surtout quand il s’agit de pays pétroliers, des pouvoirs qui s’appuient sur une oligarchie politico-financière et une bourgeoisie compradore.  

La gouvernance autoritaire a réussi à transformer ce merveilleux pays riche en pays misérable, corrompu et fui par sa jeunesse…Aujourd’hui,  Alger est classée  125eme sur 130 parmi les villes où insécurité et violences sont alliées au manque de structures et de pénuries de logements (130éme Dacca au Bangladesh et Lagos au Nigeria 127éme), malgré les milliards qui furent investis dans la capitale, lors de grandes manifestations culturelles arabes, africaines et internationales.

Année après année, l’Algérie continue de collectionner les mauvais points en matière de performances économique, politique et sociale. Elle fait partie des 20 nations les plus corrompues de la planète et en terme de liberté, on trouve l’Algérie à la 141e place et au 100e rang (sur 179) au classement de l’ONU sur le développement humain (éducation, santé, niveau de vie…).

Ceci est la conséquence directe de la mauvaise gouvernance et l’usure du pouvoir qui ont aggravé la chute, année après année, et depuis 10 ans, des indicateurs du développement humain malgré un PIB par habitant très élevé. Ce qui reflète une gouvernance désastreuse et une répartition des richesses particulièrement inégale et injuste.

Ce pouvoir, il faut le dire, est devenu un facteur de division pour la cohésion nationale et un frein pour le développement du pays, il est un danger pour la sécurité de la nation.

Il est alarmant de constater l’abrutissement intellectuel dans lequel est plongée la scène politique algérienne. Il est alarmant, aussi, le degré atteint par la corruption, ayant terni l’image de l’Algérie au niveau international. Il est alarmant d’apprécier le niveau atteint par le système éducatif et universitaire, mettant en péril l’avenir de la nation. Il est de même alarmant de mesurer l’étendue de  la destruction de l’industrie algérienne et des PME /PMI au détriment des importations massives.

Zola dans des moments de détresse face à l’injustice et à l’impunité disait : «La vérité est en marche et rien ne l’arrêtera. Ce que je crie, c’est la détresse de notre généreuse et noble patrie, c’est l’effroi de l’abîme où elle roule». Y’a-t-il un Zola algérien qui criera haut et fort un J’accuse dénonciateur contre les agissements de ce pouvoir destructeur, démoralisateur, fossoyeur de la vérité et méprisant. Il est temps que vous partiez Monsieur le président dans la dignité. Une telle issue peut encore vous réserver dans l’histoire et préserver le pays de sa descente aux enfers. 

L’heure est grave. La classe politique est vivement interpellée pour se mobiliser afin de faire sortir le pays de ce bourbier. Il n’est plus le temps de se résigner au fatalisme et de douter des chances qui restent intactes pour sauver le pays. Le peuple algérien qui ne croit plus aux sirènes des clairons du 4ème mandat attend de son élite un sursaut patriotique et salvateur, pour imposer une refondation nationale et sauvegarder l’acquis majeur de notre glorieuse guerre de libération nationale.

 

 

 

Posted in Uncategorized | No Comments »

De Benbella à Bouteflika : 50 ans de reproduction de la faillite

Posted by bendrihem-haider on 5th octobre 2014

De Benbella à Bouteflika : 50 ans de reproduction de la faillite

BARAKAT

Par Haider BENDRIHEM  octobre 2014  habendri57@yahoo.fr

 « C’est pure folie de faire sans arrêt la même chose et d’espérer un résultat différent. » Albert Einstein

La crise de l’été 1962 plane par ses effets négatifs sur l’Algérie de 2014, avec cette différence faisant que le militant pour la démocratie étouffé dès l’indépendance, n’est pas celui de l’Algérie actuelle. Celui qui refusait la main mise de l’Etat-major de l’ALN de l’Armée des frontières sur l’Etat et le système politique, se trouve aujourd’hui armé de 50 ans de déceptions et d’échecs suffisants pour revendiquer haut et fort un changement démocratique pour la sauvegarde de la Nation.

Ceux qui ont pris le pouvoir par les armes, en ravissant au peuple sa victoire sur le colonialisme après une guerre terrible ayant terrassé nos campagnes et nos villes, ont édifié un système antipopulaire, en se permettant le luxe d’écraser dans le sang des djounouds de la véritable ALN qui voulaient défendre la légalité et épargner au peuple la mise en place d’un système basé sur le parti unique qui glorifie le zaïm unique. Les mêmes personnes qui avaient ramené Ben Bella, un politique égaré, complètement coupé de la réalité, ont pu réussir là où le colonialisme avait échoué. Séduire un peuple sous des slogans creux et le mettre au pas. Aujourd’hui le peuple se croit toujours colonisé, en passant de la situation de colonisabilité, accepter le colonialisme, à la situation de servilité, accepté d’être servile; contraire de dignité et liberté pour qui tout un peuple s’est continuellement soulevé.

Ben Bella qui a eu ce génie de faire adopter la première Constitution de l’Algérie indépendante dans une salle de cinéma, en marginalisant une Assemblée constituante formée de la crème révolutionnaire de l’Algérie et qui pouvait doter l’Algérie de l’instrument idoine pour la construction de l’Etat nation tel que rêvé par nos glorieux chouhadas. En faisant le vide autour de lui, Ben Bella subira le coup de force de 1965 par son ministre de la défense Houari Boumediene qui va geler sa constitution. Le parti unique fut mis entre parenthèse et le nouveau homme fort d’El Mouradia va asseoir un régime fort mais sans institutions  viables.

Malgré les efforts fournis, durant les années soixante dix du siècle passé, pour mettre le pays sur la voie du progrès et du développement, le pouvoir qui puisait sans retenue de la fougue révolutionnaire suscitée par l’indépendance d’un colonialisme qui avait maintenu ce peuple cent trente deux ans durant dans les ténèbres de l’ignorance et la misère, avait failli dans son œuvre pour absence de démocratie et d’institutions librement élues au suffrage universel qui pouvaient mettre en œuvre cette politique volontariste.

Le peuple commençait à réaliser qu’il s’éloignait de plus en plus des objectifs arrêtés par les fils de la toussaint. L’objectif majeur de la Révolution de 1954, à savoir l’édification d’un Etat démocratique et social,  fut mise aux calendes grecques et le régime autoritaire pesait de tout son poids sur la société.

Les réformes engagées dans les années 1980 n’ont rien ramené, si ce n’est la destruction du tissu industriel maladroitement édifié durant la décennie de 1970. En l’absence d’une vision économique claire et d’institutions démocratiques et fiables, le parti unique fut remis en service pour parachever les rares acquis de l’indépendance.

Le soulèvement populaire d’octobre 1988 a eu une seule réussite, dans le sens où il avait pu imposer une révision de la Constitution, amandée déjà en 1976, après avoir été adoptée  dans une salle de cinéma.

Les objectifs majeurs de ce soulèvement, amené par le vent de liberté qui soufflait dans le pays, furent confisqués par une bipolarité sanglante ayant opposé d’abord, des islamistes radicaux aux tenants du pouvoir autoritaire caché sous le slogan de l’Algérie moderne, pour finir par une guerre sans merci livrée contre le peuple durant les années 1990.

Le peuple algérien a pris conscience du danger que représente l’islamisme radical et finit par vaincre ce fléau, mais au lieu de mettre en œuvre les ingrédients nécessaires pour changer le système et édifier un état démocratique et moderne, tel qu’il était édicté par les raisons ayant amené le mouvement du 11 janvier, c’est le système qui fut sauvé.

Le pluralisme issu du soulèvement de 1988, et grâce aux réformes engagées en 1989, devient une simple façade qui cache mal un régime autoritaire qui venait d’inventer, sous l’ombre du terrorisme, l’Etat sécuritaire qui refuse le débat politique contradictoire et qui a verrouillé les espaces d’expression. Boudiaf fut un espoir qui n’a pas duré longtemps, il est assassiné en direct avec son projet national et son amour pour ce peuple et son pays. 30 ans après l’indépendance, le symbole de novembre se rend compte que la souveraineté de la nation algérienne est loin d’être garantie. Un autre symbole des Aurès répond au devoir de la nation et accepte le sacrifice et la responsabilité lourde au moment où le pays croule sous les dettes, au moment où le baril ne dépassait guerre les 9 dollars, au moment où le terrorisme menaçait les fondements de la république, au moment où beaucoup se cachent ailleurs dans des capitales européennes et orientales loin des cris, de la misère et de la peur quotidienne. Le général Zeroual accepta la responsabilité avec d’autres patriotes afin de sauvegarder l’Etat nation de la désintégration.    

C’est dans ce contexte de crise multiforme qui menaçait l’Etat algérien de désintégration que le président Zeroual a décidé d’engager une nouvelle révision de la constitution en 1996, avec cependant un acquis majeur, dans ce qu’elle limite les mandats présidentiels à deux. Le président Zeroual, malgré la situation économique et sécuritaire, a lancé un vaste chantier de réhabilitation des institutions et notamment les organes de consultations et d’expertises tel le conseil supérieur de la jeunesse, le conseil supérieur de l’éducation, le conseil national économique et social, le conseil Algérien de l‘énergie.

Cet élan a été stoppé net après la démission de Zeroual et l’arrivé au pouvoir de Bouteflika qui a commencé par interdire la création de tout parti politique pendant 12 années de son pouvoir. La fermeture du champ politique et médiatique a engendré une nouvelle faune de politiques affairistes qui ont réduit l’image du politique en général et du député en particulier à un salaire. Le pouvoir en place a réussi à créer le vide politique et économique malgré l’aisance financière et la stabilité politique.

Durant le premier mandat du président Bouteflika, l’ère   de la Réconciliation nationale fut annoncée, à grandes fanfares, et le pouvoir en place vient encore d’user d’une autre arme pour justifier son rôle d’arbitre. Au lieu d’aller vers une véritable réconciliation avec les Algériens, dont notamment ces nationalistes qui furent assassinés pour une hypothétique accusation de berbérisme,   avec ces moudjahidine écrasés par les blindés de l’armée des frontières en 1962, avec ceux qui se sont soulevés contre la dictature en 1963 en Kabylie et en 1967 dans les Aurès, avec ceux qui furent internés par l’arbitraire, avec  les victimes du printemps de 1980, avec les chouhadas du soulèvement populaire de 1988, avec les familles des 200.000 Algériens morts dans la folie meurtrière des années 1990, le pouvoir a réconcilié les deux belligérants de la décennie et il ne s’est pas épargné le luxe de commettre un autre carnage lors du printemps noire de 2001et dans le sillage de la mise en œuvre de sa Réconciliation nationale, en ravissant à la vie 125 jeunes Algériens en Kabylie.

Au lieu de restituer l’Etat aux Algériens et de se réapproprier l’islam, comme religion des lumières et de progrès, le régime de Bouteflika a fait totalement le contraire de ce qu’attendait de lui le peuple. Le reflexe sécuritaire devient une religion d’Etat et le système qui vient, encore de s’accorder une longévité, abusa de l’islam qu’il a érigé en religion du système. C’est ainsi que les confréries religieuses se frayèrent un chemin vers le palais d’El Mouradia, pour se voir ériger en Conseil de culte pour le nouveau locataire des lieux. Au lieu d’encourager l’émergence d’un Etat civil, en épargnant l’islam de l’activité politique, le pouvoir en place a monopolisé l’islam pour s’octroyer le droit d’usage exclusif, et en se créant ses propres islamistes lissés et apprivoisés.

Le pouvoir a collectionné de la sorte les ratages avec les rendez-vous de l’histoire, pour  réconcilier l’Etat algérien indépendant avec son siècle et avec sa jeunesse. Il continue à le faire, en refusant de se remettre en cause et de tirer les leçons de ses échecs.

Nageant à contre courant de l’histoire, le pouvoir a encore usé de son bistouri pour violer la constitution en 2008, afin de permettre à son soldat de briguer un 3éme mandat qui fut le mandat de trop et de tous les dérapages. Le seul levier de l’alternance au pouvoir fut évacué, pour assouvir les caprices du maitre du jour.

Le Chef de l’Etat, s’est attribué ainsi des prérogatives d’un monarque absolu. Au moment où sous d’autres cieux, on donne plus de prérogatives au parlement et au gouvernement, au moment où dans les monarchies on rehausse le premier ministre en chef du gouvernement, le pouvoir algérien, alors qu’il savait très bien que le Parlement hermétiquement verrouillé par son Alliance présidentielle, lui était acquis corps et âmes, il fait de régression en régression, en s’appropriant les prérogatives du chef du gouvernement et le remplacer par un simple premier ministre, en fermant la scène politique, en dynamitant les partis politiques, en apprivoisant la justice, en asservissant l’administration et s’appropriant les médias lourds. En réalité, le Chef de l’Etat est revenu à la caricature du pouvoir populiste, personnel et absolu qui sévissait dans les années soixante sous Ben Bella.

Au moment, encore,  où sous d’autres cieux les gouvernants adoptent des projets pour anticiper sur la demande politique de leurs populations, et ils proposent un système parlementaire, avec des prérogatives élargies pour les élus du peuple, des mesures qui annoncent les prémices d’une véritable révolution politique pacifique, faisant que la nature du pouvoir, même dans un royaume, s’achemine vers un royaume constitutionnel, alors  qu’en Algérie et dans une République, le Chef de l’Etat s’est attribué les prérogatives d’un Empereur, avec des velléités de pouvoir à vie.

En assistant au changement brutal des pouvoirs autoritaires à nos frontières en 2011, le pouvoir, pris de panique, a décrété unilatéralement d’aller vers des consultations sur les réformes politiques, mais il semble  répondre par les mêmes vieilles recettes dont il a usé par le passé. Il voulait gagner du temps, comme il voulait dans les faits contrôler tout, y compris ce qui reste d’une opposition atomisée. Il est déplorable de constater, encore, que le pouvoir refuse visiblement de reconnaitre ses échecs et ses limites et le danger qu’il constitue pour une Algérie pérenne.

Au lieu de répondre positivement à l’avertissement du peuple, en engageant des changements réels, à travers un programme de changement qui consacre une fois pour toute les principes et les règles que tout le monde sera appelé à respecter, à commencer par les tenants du pouvoir, voilà qu’il redécouvre encore ses vieux reflexes séculiers pour sauver son personnel et sa clientèle, quitte à jouer l’avenir du pays dans un tour de passe-passe, en vidant les réformes politiques engagées sous la pression de la rue, par une fraude sans précédent durant les élections législatives du 10 mai 2012 avec la complicité des occidentaux et leurs multinationales, en utilisant des institutions de la république qui sont sensées être au dessus des partis, notamment la justice, l’administration et l’ANP. Si on continue à ruser pour gagner du temps, tôt ou tard, le vent du changement arrivera et balayera et la constitution et ses gardiens.

Le pouvoir s’éloigne de jour en jour de la volonté d’instaurer un système démocratique soit en passant par le chemin le plus court vers la légitimité, en allant vers une constituante, ou au moins vers des élections présidentielles propre et honnête sans le président malade, afin de permettre au futur président d’engager des négociations sérieuses et à la hauteur de la gravité de la situation pour persuader l’ensemble de la classe politique à s’engager vers une sortie de crise collective en organisant des élections législatives; et à ce moment, ouvrir des débats sur la portée et le contenue d’une refondation constitutionnelle consensuelle.

Aujourd’hui nous avons des exemples à méditer à nos frontières soit la leçon Libyenne et son anarchie, soit la victoire du peuple Tunisien grâce à la responsabilité et la conscience collective de sa classe politique. Le peuple Algérien en général et l’opposition en particulier doivent savoir qu’il n’y a plus rien à attendre du pouvoir  d’Alger qui se permet le luxe de défier tout un peuple en présentant un président visiblement malade à un 4éme mandat et lui permet de gagner cette élection à 80% sans être entendu ni vu. Ce pouvoir est devenu un danger pour la sécurité de l‘Etat et la stabilité du pays. Il a montré par ce geste méprisant et inconscient qu’il a perdu le sens de la responsabilité et qu’il a choisi volontairement et égoïstement le syndrome Libyen quitte à mettre le pays à feu et à sang pour sauvegarder ses privilèges en gardant encore le pouvoir pour un 4éme mandat, 15 ans de destruction, de mensonges, de dilapidations et de corruptions généralisées ne leurs suffit pas, ils veulent maintenant enterrer le pays et une grande partie de son peuple avant l’enterrement de leur gourou.

Il continue à ignorer et mépriser tout le monde en reproduisant la faillite, par une modernisation de l’autoritarisme, de la corruption et la fraude en particulier.

On peut comprendre  que dans des pays pauvres leurs jeunesses prennent des embarquements de fortune pour mourir en méditerranée mais pour un pays comme l’Algérie qui a dépensé plus de 1000 milliard de dollars, dont une grande partie pour des projets improductifs et qui se targue d’avoir plus de 200 milliards de dollars, qui ne contribue guère à améliorer le quotidien du citoyen, en ce moment sa jeunesse se suicide en mer, c’est le témoignage incontestable de la faillite d’un régime et la fin d’une époque.

Toute la politique actuel  est un échec, on n’a rien réglé pour relancer le grand Maghreb, on n’a pas réussi la réforme de l’éducation pour préparer le pays à l’après pétrole, on n’a pas réussi la réforme de la justice pour donner de l’espoir à notre jeunesse, et on a encore moins réussi la réforme de l’Etat à travers des institutions pérennes et au service du citoyen pour instaurer un Etat de droit et du citoyen libre.

On n’a pas réussi à vendre les régions touristiques aux opérateurs, on n’a pas convaincu les grands groupes étrangers à investir en Algérie, on n’a pas profité de la crise européenne en investissant les réserves de change, qui ne rapporte rien en ce moment, à travers la création de grands groupes nationaux dans le cadre de partenariats ciblés, on n’a pas non plus réussi la réconciliation de l’Etat avec son peuple. C’est la reproduction de la faillite, de l’échec et du désespoir qui continue.

Il est temps d’admettre la vérité des chiffres et de la situation alarmante du pays, des milliers de contestations violentes enregistrés à travers le pays, des milliards de dollars détournés, des milliers de jeunes se jettent à la mer, des milliers de cadres et universitaires de hauts niveaux quittent le pays, tout cela montre le fossé qui se creuse quotidiennement entre l’Etat et ses citoyens. Il est temps de se dire la vérité et de tirer les conséquences d’une telle situation ubuesque,  en s’organisant pour créer le déclic d’une nouvelle révolution démocratique et pacifique dans le cadre d’un regroupement de toute l’opposition algérienne afin de converger tout notre effort autour d’un projet d’une transition démocratique qui permettra de sauver notre pays d’une désintégration certaine.

Cette transition pose le préalable de retour à la légitimité : Une commission souveraine et indépendante qui sera chargée d’organiser toutes le sélections de la façon la plus transparente et démocratique. Un gouvernement de transition qui sera chargé de gérer les affaires courantes jusqu’à l’élection d’un président de la république. Un président qui s’engage à respecter les partis politiques en général et l’opposition en particulier comme étant ses partenaires et non des ennemis, un président qui considère la jeunesse comme un atout pour l’Algérie et non des traitres potentielles au service de l’étranger, un président qui mettra la richesse du pays au service du développement et non au service des courtisans et les multinationales, un président qui garantira la séparation des pouvoirs et non les concentrer entre ses mains pour se servir et servir ses courtisans,  un président qui rassemblera tous les enfants de l’Algérie à un débat national, franc et responsable qui tracera le chemin à prendre durant la décennie à venir et les réformes à engager, notamment une constitution consensuelle.  

Plus on retarde ce changement et surtout politiques pour maitriser et contrôler les réformes économiques, plus les factures économiques et sociales seront plus douloureuses et politiquement désastreuses. La refondation politique n’est pas seulement souhaitable mais indispensables avant que ça soit trop tard. Cette refondation doit être menée en concertation avec l’ensemble des acteurs politiques, économiques et socials pour assurer une transition avant que ça soit trop tard. Une transition démocratique et pacifique est le salut pour notre pays, car la rente n’est pas éternelle. Seul le génie de l’Algérien et son patriotisme sont les garants de ce sursaut patriotique à la limite du miracle.   

Posted in Uncategorized | No Comments »

Le cri d’une nation en détresse

Posted by bendrihem-haider on 5th octobre 2014

Le cri d’une nation en détresse

Haider BENDRIHEM Mars 2014

La situation que traverse le pays est grave. Des observateurs avertis de la sphère politique algérienne ne cessent de tirer la sonnette d’alarme. Avec les nouveaux rebondissements, œuvres d’apprentis politiques et d’aventuriers instrumentalisés par une oligarchie politico-financière naissante, qui cible frontalement  des institutions névralgiques de la République, le pays bascule déjà vers une crise qui ressemble à celle de l’été 1962.

Les faits sont là. La majorité parlementaire ne gouverne plus. Les partis politiques, mêmes majoritaires, n’ont plus de pouvoir. Ils sont devenus de simples appareils électoraux. Le principe faisant qu’un parti politique est créé pour la prise du pouvoir et l’application d’un programme politique, en solitaire ou en coalition n’est plus de mise. C’est ce qui a annihilé la notion de militant politique, laissant place à de simples courtisans cooptés pour servir les maitres du jour. La notion constitutionnelle de séparation et de l’équilibre des pouvoirs n’a plus de sens devant la situation qui prévaut actuellement.

L’image du parlementaire a été volontairement souillée et amoindrie par le pouvoir exécutif pour arriver à un Parlement qui ne contrôle plus rien. D’une simple chambre d’enregistrement, il est devenu un corps inutile, squatté par une majorité d’élus qui ne sait même pas à quoi elle sert. Sinon, comment expliquer le mutisme du Parlement, avec ses deux chambres, devant les scandales de corruption ayant terni l’image de l’Algérie au niveau international. Comment expliquer le silence du Parlement devant les événements dramatiques qui secouent des régions de notre pays, notamment la wilaya de Ghardaïa. Il est utile de rappeler, dans ce cadre, que même dans la situation la plus difficile de l’Algérie, durant les années de braise marquées par la détérioration de la situation sécuritaire, le Parlement exprimait ses points de vue. Les commissions d’enquêtes, les interpellations du gouvernement sur des sujets brulants de l’actualité nationales étaient courantes et découlaient naturellement des prérogatives du législateur. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Le pouvoir judiciaire n’a pas échappé à cette entreprise de destruction. Ce n’est plus un pouvoir jouissant de prérogatives garantissant son indépendance, mais, un instrument au service de l’exécutif et ses relais. Le témoignage récent à travers la presse nationale d’un ancien ministre de la justice sur la l’état de la justice et les interférences dans ses prérogatives n’est plus à démontrer.

Les organes de contrôle judicaire ont été tout simplement mis au placard,  à l’image de la marginalisation de la Cours des comptes devenue obsolète. La généralisation de la corruption trouve son explication dans cet état lamentable caractérisant le pouvoir judiciaire actuel.

D’autres conseils consultatifs ayant un rôle à jouer pour orienter l’exécutif et qui fournissent l’expertise nécessaire pour engager des politiques publics efficaces, ont été apprivoisés pour certains et dissous pour d’autres.

Le CNES, transformé en Conseil qui justifie les errances économiques et sociales de l’exécutif. A cela s’ajoute le gèle du Conseil algérien de l’énergie qui détermine et oriente la politique énergétique du pays, faisant de ce secteur stratégique et vital pour la Nation, un secteur ouvert aux prédateurs nationaux et internationaux.

 

La dissolution du Conseil supérieur de l’Education qui œuvrait à doter le système éducatif national d’une politique efficace, en termes d’enseignement, de formation, de recherche scientifique pour le mettre au diapason des attentes des Algériens ambitieux de mettre leur pays dans le giron des Nations qui avancent, fut aussi un acte irréfléchie, dont les résultats aujourd’hui sont perceptibles, à travers la délinquance juvénile ayant pris des proportions alarmantes et la déliquescence de la société, ainsi que la non performance du système économique et social.

Aujourd’hui, il n’y a plus d’équilibre des pouvoirs, mais, un seul pouvoir qui instrumentalise le Parlement, la justice et même les pouvoirs intermédiaires, à savoir les partis politiques, les syndicats et le mouvement associatif.

Le salut de notre pays passe par une refondation d’une constitution consensuelle et acceptée par tous qui instaure de la façon la plus claire et sans équivoque la séparation et l’équilibre des pouvoirs, une condition impérative pour construire l’Etat de droit et des citoyens.

Le Parlement doit retrouver sa vocation principale, celle de légiférer en toute indépendance et de contrôler l’exécutif en toute autonomie. Le pouvoir judiciaire doit inéluctablement être réhabilité. Il s’agit d’une urgence salvatrice qui sauvera le pays du chaos. Le pouvoir judicaire doit reprendre entièrement ses prérogatives pour mettre un terme à la gabegie,  à la dilapidation des richesses de la Nation et à la « hogra ». Il est impératif aussi de libérer le champ politique de manière à réhabiliter l’opposition politique et lui conférer son rôle naturel, celui du contre pouvoir et de jouer pleinement sa mission celle d’assurer l’alternance démocratique et pacifique. Il est aussi urgent de remettre de l’ordre dans la fonction publique, en réhabilitant le statut du commis de l’Etat, de façon à garantir sa neutralité, en l’affranchissant de la tutelle partisane et de le soustraire de sa situation actuelle, celle qui fait de lui, un courtisan au service d’une oligarchie et non pas au service de l’Etat et du citoyen.

Ces mesures découlent de notre souci de redressement de la situation, de réhabilitation des institutions de la République, ainsi que la création des conditions favorables à une refondation nationale qui passe par l’apaisement du climat social et politique, déjà, suffisamment délétère menaçant l’Etat-nation de désintégration.

Cet appel à toute la classe politique est un cri de détresse d’une nation en état de démantèlement, un cri citoyen et patriotique qui découle d’une conviction et d’une démarche mûrement réfléchie et surtout de notre souci d’œuvrer d’une manière résolue et pacifique pour instaurer l’Etat de droit, ancrer le pays dans la stabilité, condition sine qua none pour un véritable décollage économique.

La seule manière pour répondre à ce cri d’une nation en détresse est de mobiliser toutes les forces patriotiques et toutes les élites de la nation, autour d’un rassemblement le plus large possible pour barrer la route à l’oligarchie politico-financière et extirper le pays des mains de ceux qui veulent le noyer.  Un rassemblement autour de taches bien définies, à savoir la mise en place d’une transition démocratique pour doter le pays d’une Constitution consensuelle, redonner la parole aux citoyens en ouvrant le champ politique et médiatique et surtout permettre à la société civile de se réorganiser en toute autonomie.

Posted in Uncategorized | No Comments »

Le cri de colère des Aurès : le changement en marche

Posted by bendrihem-haider on 5th octobre 2014

Le cri de colère des Aurès : le changement en marche

Par Haider BENDRIHEM Ex Député de Batna habendri57@yahoo.fr

Article publié dans le quotidien le soir d’Algérie le 18 mars 2014

Un poète marocain criait sa colère contre la répression et les injustices subis par le Makhzen du roi disait : « Retenez vos chiens, nos lions risquent de se lâcher » 

Il est tout à fait claire, avec la dernière dérive du directeur de campagne du candidat président Abdelmalek Sellal, que l’oligarchie régnante sous l’ivresse du pouvoir, se prend la tête et se croit tout permis. Ce comportement est semblable à plus d’un égard à celui des colons les plus zélés qui, ayant perdu espoir de garder l’Algérie, avaient tiré leur venin contre tous ceux qui avaient dans leur cœur l’indépendance de leur pays.

Sellal, ex-chef de daïra devenu premier ministre par la grâce d’un président impotent, croit que tous lui est permis en usant et en abusant de blagues  tissées contre des populations algériennes, dans la même tradition léguée par la colonisation qui faisait passer le paysan algérien en bougnoule qui serait imperméable  à la civilisation et incapable d’intégrer l’ère  de la modernité. Sa plaisanterie frise le sketch chorba hérité de la France colonialiste qui montrait l’Algérien dans ses différentes facettes, Kabyle, Chaoui, Guebli, Sahraoui ou Jijeli, sous une posture réfractaire au progrès et la modernité. Voilà ce que fait Sellal quand il passe son temps à rire et faire rire les autres, en racontant des blagues sur les gens de Mascara ou en insultant toute une région du pays, comme il vient de la faire.

C’est à se demander si Sellal n’a pas finalement raté sa vocation. Il aurait bien réussi en faisant le bouffon sur scène au lieu de le faire à partir de son statut de Premier ministre payé par l’argent du contribuable.

Cet ex-chef de daïra assume des responsabilités depuis 40 ans au sein des instances de la République, ce qui n’a pas pour autant forger en lui l’image du commis de l’Etat et tout le sens de la retenue que cela suppose. En adolescent politique, il continue à traiter les questions hautement politiques de la façon la plus vulgaire. L’ivresse du pouvoir aidant, il a confondu entre la satire et la raillerie contre ses concitoyens, pour s’engouffrer dans un comportement  d’une ruralité évidente transformé, pour les besoins du quatrième mandat d’un président malade, en un discours politique de circonstance.

Finalement, cet ex-chef de daïra devenu premier ministre n’a rien à vendre en dehors de ses blagues d’un mauvais goût. Sinon, comment expliquer que quelqu’un qui a passé 40 ans dans les arcanes du pouvoir ne sait même pas communiquer, ni tenir un discours cohérent. Les Algériens avaient découvert, lors de la conférence de presse animée suite aux événements de Tiguentourine, un Premier ministre perdu qui ne sait même pas parler avec son peuple, et qui était incapable de convaincre la presse étrangère venue en force couvrir l’évènement. Sa piètre prestation restera gravée dans la mémoire des Algériens qui venaient de découvrir le niveau atteint par le personnel politique qui le gouvernait. Un Premier ministre bégayant,  incapable d’articuler correctement une phrase dans une seule langue.

Que peut-on réellement garder de Sellal l’ex-premier ministre devenu directeur de campagne de ces périples l’ayant conduit dans les 48 wilayas du pays.

Rien, absolument rien de bon qui puissent augurer d’un avenir pour notre pays. Pourtant ce ne sont  pas les problèmes qui manquent en Algérie et dans les différents secteurs.

En dehors de ses blagues, l’Algérien gardera un mauvais souvenir d’un Premier ministre qui, dans le sillage de son règne, les Algériens se sont entretués à Ghardaïa, à Bordj Badji El Mokhtar et autres régions. Au sommet de la crise algérienne, durant les années 1990, l’Algérie qui a vécu une situation  sécuritaire très grave  n’a pas connu de problèmes de minorités ethniques ni confessionnelles. La question se posait en termes de sauvegarde de la République contre un terrorisme abjecte. Sous son règne, l’Algérie qui croyait avoir rompu avec les problèmes l’ayant miné durant le moyen-âge et l’ayant transformé en pays vulnérable et colonisable ressurgissent encore une fois et risquent de torpiller sa cohésion  chèrement payée durant les 7 ans de guerre de libération.

Nous venons de passer le cap des excès du discours pour s’engouffrer corps et âmes dans le cap de la vindicte, de la menace et du régionalisme de bas étage, voire dans le comportement anti national. Sinon comment expliquer la sortie tonitruante du Sieur Saadani qui, sans aucune retenue, s’est pris de face à une institution de la République en faisant appel aux puissances étrangères pour juger la gestion de Tiguentourine et Tibhirine. Ce Saadani reconverti à la politique par miracle Bouteflikien s’est tout simplement mis au service des forces anti algérienne en faisant revivre le qui tue qui de sinistre mémoire. Ce même Saadani qui s’est trouvé, grâce à une stratégie de sape et de destruction, à la tête du parti qui a présidé à l’indépendance du pays, s’est découvert une âme de militant pour un état civil, se déchaine contre les opposants au quatrième mandat notamment des journalistes et des universitaires pour les traiter de traites à la nation et de suppôts des ennemis de l’Algérie.

Lui emboîtant le pas, le blagueur de la République s’en est pris avec violence contre l’élite algérienne, en traitant les animateurs du mouvement « BARAKAT » d’insectes qu’il  peut exterminer avec un insecticide.  Le braconnier démocrate n’a pas dérogé à la règle, il vient lui aussi mettre son sel dans cette marmite infecte du quatrième mandat en insultant ouvertement les Algériens. « Yanaal bou li mayhabnache », le propos est de Amara Benyounes, transfuge du RCD, transformé en militant rémunéré du Bouteflikisme.  

Dans cette course à l’insulte, l’ex-premier ministre devenu directeur de campagne pour le 4éme mandat s’est taillé la première place en s’en prenant, dans un langage ordurier, à l’une des plus illustres régions du pays. Le blagueur de la République doit ignorer l’histoire de son pays. Les habitants de la vieille Numidie sont toujours là pour lui rappeler les sacrifices consentis par de valeureux aguelids,  de Moudjahids et de chahids pour que ce pays demeure debout. De Jugurta à la Kahina, de Messaoud Azelmat à Benboulaid, de Ben M’hidi à Abbès Laghrour, de Si Lhoues à Azil Abdelkader, de Grine Belkacem à Souai Mahmoud, de Meriem Bouattoura à Ziza Massika, et la liste est longue de ses valeureux combattants et combattantes qui ont arraché l’admiration de l’ennemi, cette région a tout donné pour préserver la fierté et l’honneur de l’Algérie.

L’ex-premier ministre Sellal ignore certainement le prix payé pour la dignité de son pays pour se comporter de la sorte et insulter une partie chère à l’Algérie.

La région des Aurès compte certainement des lèches botes parmi la meute qui trouvent des vertus au quatrième mandat du président candidat qui risque de disloquer ce qui reste de l’Etat algérien indépendant, mais cette région historique a enfanté des symboles de l’amour du pays, de la justice, de la liberté, de l’indépendance et du sacrifice. L’histoire a inscrit avec leur sang, l’appel du 1er Novembre, le Kassaman et la plateforme de la Soummam. Encore, cette région a enfanté l’homme qui ne s’est pas dérobé en 1994, au moment où l’Algérie était mise à feu et à  sang et au moment où de nombreux héros du dernier quart d’heure avaient pris la poudre d’escampette. Il s’agit de Liamine Zeroual qui avait pris ses responsabilités en sauvegardant l’honneur de la République et mené le bateau de l’Algérie à bon port. Liamine Zeroual avait laissé des institutions en construction qui devaient être consolidées.  Ces mêmes institutions furent balayées devant les ambitions monarchiques d’un homme avide de pouvoir et de ses courtisans goinfres. Au moment où il jouissait d’une grande popularité, Liamine Zeroual a préféré écourter son mandat en laissant une Constitution qui consacrait l’alternance au pouvoir, un principe arraché par le sang durant les années de la folie du terrorisme. Ce même principe consacré dans l’article 74 fut tout simplement violé par ces mêmes personnes devenus les chantres du pouvoir à vie.  

Cet ex-premier ministre qui trouve un malin plaisir à se moquer des montagnards de notre pays doit savoir que ces mêmes montagnards des Aurès, du Djurdjura, des Beni Chougrane, du Ouarsenis, du Jijelii, des Nemamchas, de Djebel Boukehil et la liste est longue, ont été derrière la défaite de la quatrième puissance militaire du monde et son soutien de l’OTAN. Ces montagnes viendront certainement au secours de leur pays menacé de désintégration par cette oligarchie politico-financière. Forcément en 2014, les Aurès contribueront encore à cet effort, en traçant la voix du salut à cette nation comme ils l’avaient fait en 1954.

Les montagnards algériens en général et les chaouis en particulier ont eu beaucoup de patience durant la longue histoire et ils connaissent les vertus de la résistance contre la nature, contre la soif, contre la faim et contre le mépris des envahisseurs et des colonisateurs mais ils avaient toujours refusé que leur dignité et leur honneur soit atteint, car, durant l’histoire ils n’avaient jamais perdu ces deux vertus, la dignité et l’honneur, qui incarnent le montagnard algérien en général et le chaoui en particulier que cet ex-chef de daïra vient d’insulter.

Gouverner c’est prévoir. Alors, cet-ex-premier ministre doit ignorer qu’il vient d’allumer la mèche d’un mouvement en marche pour le changement qui va certainement emporter le monarque et sa cour pour instaurer enfin la république rêvée par nos chouhadas. 

Posted in Uncategorized | No Comments »

Grandeur et décadence : « L’Etat civil » de Benmhidi et Abane à Saadani

Posted by bendrihem-haider on 5th octobre 2014

Grandeur et décadence : « L’Etat civil » de Benmhidi et Abane à Saadani

 Par Haider Bendrihem  habendri57@yahoo.fr

 Publié dans le quotidien ELWATAN

                        

Le pouvoir semble vivre dans une cacophonie indescriptible. Le peu de culture d’Etat qui subsistait encore après la prise du pouvoir par Bouteflika a été réduit à néant. Tout est fait dans l’improvisation, la précipitation et le mépris de l’autre afin d’imposer un scénario qui risque de mettre le pays à feu et à sang. Qu’est ce qui explique cet état de fait ?

Quand Amar Saadani annonce des changements profonds dans les hautes sphères de l’Etat dans les jours à venir, en réalité il annonce la fin éminente d’une étape du pouvoir actuel et la mise en œuvre d’un plan qui va être imposer au peuple.

Il veut en réalité, aussi, vendre le maintien du clan qui gouverne le pays à travers la formule toute trouvée de « l’Etat civil ». C’est quoi « l’Etat civil » pour Amar Saidani ? Abane et Benmhidi ont certes annoncé la primauté du civil sur le militaire, tout en consolidant la cohésion et la complémentarité du militaire et du politique pour la libération de l’Algérie. Le binôme Abane et Benmhidi avait réussi à structurer la révolution et l’a doté de ces organes légiférant et exécutif. Mais leur œuvre n’a pas vécu trop longtemps suite à la main mise des trois B sur l’ensemble des structures du pouvoir. Le militaire, alors, avait primé sur le civil et tout le pouvoir sera mis entre les mains des militaires après la crise de l’été 1962.  

« L’Etat civil » rêvé par Abane et Benmhidi n’est certainement pas celui de Saadani, qui est lui-même un produit de l’Etat sécuritaire.  Cet « Etat civil » ne sera possible que dans un contexte d’un état de droit qui consacre la légitimité populaire.

Pour Saadani, qui est un homme averti, bien informé et exécutant une feuille de route déjà mise en œuvre, « l’Etat civil » n’est pas la séparation des pouvoirs, bien au contraire,  la révision de la constitution, en 2008, a concentré tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme. « L’Etat civil » n’est pas la  consécration du contrôle de l’exécutif à travers des mécanismes démocratiquement élus tel qu’il est de tradition dans les pays où la société civile est la garante de la pérennité  de la démocratie, les élections de 2014 ont bien montré un mépris pour tout un peuple en donnant 80% à un président malade et totalement effacé.

Les parrains de Saadani cherchent en réalité à affaiblir l’autorité capable de s’opposer à une certaine candidature à la présidentielle qui serait fatale au pays. C’est clair, c’est une partie de l’armée qui est visée à travers cette formule aussi ambigüe que la personne qui en est l’auteur.

Actuellement, le seul acquis qui a réussi à maintenir le pays debout, malgré tous les coups et les insuffisances, est l’institution militaire, son unité, son professionnalisme, sa discipline et son patriotisme. C’est à cet acquis que cette meute d’affairistes s’attaque de front. L’ANP et tous les services de sécurité ne doivent pas être des outils au service du pouvoir ni d’un clan, ils appartiennent à la nation et ils sont au service de la nation toute la nation.

Créer la zizanie et diviser l’indivisible, même au sein des partis au pouvoir, ne leur suffit pas, ils s’attaquent aux derniers verrous qui maintient la république debout afin d’installer durablement  le pouvoir de l’argent sale.

Comment croire à une volonté de consacrer un Etat dans n’importe quelle  forme autre que celle d’un Etat non-militaire ou sécuritaire, quand ce pouvoir refuse de dialoguer avec l’opposition et lui refuse même les autorisations pour mener son activité. Pire encore, une simple conférence animée par un ancien chef du gouvernement à Tlemcen fut interdite, sans aucun motif apparent. Même le discours pacificateur et rassembleur d’un ancien chef du gouvernement s’apparente à de la subversion pour l’actuel pouvoir.

Ce qui apparait nettement claire, aujourd’hui, est la volonté affirmée pour la prise du pouvoir, tout le pouvoir, par la puissance de l’argent. Les derniers leviers qui agissent contre cette fatalité commencent à sauter.

Ceux qui  croient que Saadani est un simple fou du Roi doivent revoir leurs grilles de lectures.

Cet homme parle au nom du pouvoir réel, et ce pouvoir agit. Il est au centre de la décision politique. Il veut aujourd’hui tout le pouvoir, c’est-à-dire transformer la République algérienne en République bananière basée sur deux leviers, à savoir la rente pétrolière et son bras sécuritaire. En somme, c’est la définition réelle de « l’Etat civil » prônée par Saidani et ses mentors. En plus du pouvoir de l’argent, ce clan compte actionner son armée formée par ses clients au sein de l’administration qui a squatté les espaces qui reviennent aux institutions élues, en gérant seul le pays, en dehors de tout contrôle populaire, judiciaire ou autres, et en distribuant la rente pour colmater les demandes sociales et en renforçant le pouvoir de l’argent à travers les marchés publics

Le cas de la gestion de la crise de Ghardaïa illustre le mieux cette vision des choses. En effet, la défaillance des responsables est criarde dans cette affaire. Les élus locaux sont absents. Ils n’arrivent pas à se frayer un chemin parmi cette faune politique qui fait la navette entre Alger et Ghardaïa. Les élus au niveau des deux chambres du Parlement brillent aussi par leur absence et leur silence. Pouvaient-ils parler, eux qui souffrent de légitimité ?! A travers cette crise, le pouvoir a encore prouvé qu’il ne gère qu’à travers le sécuritaire et l’argent de la rente, c’est-à-dire les deux leviers, à savoir la rente et le sécuritaire.

Le pouvoir semble ne pas se poser de questions sur le coût de la gestion sécuritaire des crises telle que la crise de Ghardaïa au cour de laquelle des milliers d’hommes sont mobilisés avec leurs moyens, engins et outils de répression à longueur de l’année. Cet état de fait n’est pas la faute des gendarmes et  policiers qui peinent à maintenir l’ordre dans cette région meurtrie, mais, bien la faute de la décision politique qui demeure centralisée et entre les mains d’hommes incapables qui ont mené le pays à une faillite généralisée.   .

Ainsi, c’est un nouveau type d’Etat qui est entrain de se former. Un Etat rentier et sécuritaire consacrant une République bananière, appelée par Saidani « Etat civil ».

 

 

Devant cette impasse, à la fois, politique, économique, sociale et morale, le pouvoir en place  s’acharne à anéantir ce qui reste des fondements de l’Etat républicain, pour permettre aux prédateurs de s’accaparer de ce qui reste de la rente, à travers un pouvoir dominé par l’argent sale, en imposant à la société une nouvelle forme de transmission du pouvoir à la syrienne.

Pour l’opposition, le temps est malheureusement pour les luttes de leadership et pour les plans d’alternance qui nourrissent des mythes et qui donnent des faux espoirs au peuple.

Certes, l’opposition a prouvé son évolution et son sens de la responsabilité, en se réunissant d’abord et en murissant des plans de sortie de crise pour épargner à notre peuple d’autres drames. Mais, dès l’entame de son action, une partie de l’opposition fut évacuée par des calculs de leadership de certaines composantes de cette initiative.

La main tendue au pouvoir n’a pas eu de suite, il est temps que l’opposition revoit sa grille de lecture, en s’inscrivant dans l’après Bouteflika et surtout en posant les premiers jalons d’un congrès de toute l’opposition pour la refondation nationale et pour la construction d’institution civiles et républicaines qui passent par la légitimité des urnes.

Pour remettre le véritable débat sur les rails et créer surtout un rapport de force salvateur pour le pays, l’opposition est appelée à inscrire certaines urgences dans son calendrier immédiat.

L’après Bouteflika a sonné et le pouvoir de l’argent est en  phase d’action pour ne pas être surpris par une vacance prématurée du pouvoir. Il est du devoir de l’opposition d’agir dans l’urgence pour refuser la fatalité de la transmission familiale du pouvoir, ou la fatalité du pouvoir considéré comme un legs, afin, d’épargner à notre peuple meurtrie par plus de 10 ans de sang et d’instabilité, la tragédie libyenne, l’impasse égyptienne ou le drame syrien.

La refondation de l’Etat nation passe inéluctablement par le refus de cette fatalité et la revendication d’une commission indépendante d’organisation des élections pour aller conquérir le pouvoir à travers les urnes. L’opposition doit, dès aujourd’hui, s’entendre sur le contenu et les outils  de cette transition élue. Cette transition élue doit être concertée avec toutes les composantes de cette opposition, autour d’un programme orienté sur la refondation de l’Etat nation, tel que rêvé par les initiateurs du 1er Novembre 1954.

 

Posted in Uncategorized | No Comments »

 

Créer un Blog | Nouveaux blogs | Top Tags | 33 articles | blog Gratuit | Abus?