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Le cri d’une nation en détresse

Posted by bendrihem-haider on octobre 5th, 2014

Le cri d’une nation en détresse

Haider BENDRIHEM Mars 2014

La situation que traverse le pays est grave. Des observateurs avertis de la sphère politique algérienne ne cessent de tirer la sonnette d’alarme. Avec les nouveaux rebondissements, œuvres d’apprentis politiques et d’aventuriers instrumentalisés par une oligarchie politico-financière naissante, qui cible frontalement  des institutions névralgiques de la République, le pays bascule déjà vers une crise qui ressemble à celle de l’été 1962.

Les faits sont là. La majorité parlementaire ne gouverne plus. Les partis politiques, mêmes majoritaires, n’ont plus de pouvoir. Ils sont devenus de simples appareils électoraux. Le principe faisant qu’un parti politique est créé pour la prise du pouvoir et l’application d’un programme politique, en solitaire ou en coalition n’est plus de mise. C’est ce qui a annihilé la notion de militant politique, laissant place à de simples courtisans cooptés pour servir les maitres du jour. La notion constitutionnelle de séparation et de l’équilibre des pouvoirs n’a plus de sens devant la situation qui prévaut actuellement.

L’image du parlementaire a été volontairement souillée et amoindrie par le pouvoir exécutif pour arriver à un Parlement qui ne contrôle plus rien. D’une simple chambre d’enregistrement, il est devenu un corps inutile, squatté par une majorité d’élus qui ne sait même pas à quoi elle sert. Sinon, comment expliquer le mutisme du Parlement, avec ses deux chambres, devant les scandales de corruption ayant terni l’image de l’Algérie au niveau international. Comment expliquer le silence du Parlement devant les événements dramatiques qui secouent des régions de notre pays, notamment la wilaya de Ghardaïa. Il est utile de rappeler, dans ce cadre, que même dans la situation la plus difficile de l’Algérie, durant les années de braise marquées par la détérioration de la situation sécuritaire, le Parlement exprimait ses points de vue. Les commissions d’enquêtes, les interpellations du gouvernement sur des sujets brulants de l’actualité nationales étaient courantes et découlaient naturellement des prérogatives du législateur. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Le pouvoir judiciaire n’a pas échappé à cette entreprise de destruction. Ce n’est plus un pouvoir jouissant de prérogatives garantissant son indépendance, mais, un instrument au service de l’exécutif et ses relais. Le témoignage récent à travers la presse nationale d’un ancien ministre de la justice sur la l’état de la justice et les interférences dans ses prérogatives n’est plus à démontrer.

Les organes de contrôle judicaire ont été tout simplement mis au placard,  à l’image de la marginalisation de la Cours des comptes devenue obsolète. La généralisation de la corruption trouve son explication dans cet état lamentable caractérisant le pouvoir judiciaire actuel.

D’autres conseils consultatifs ayant un rôle à jouer pour orienter l’exécutif et qui fournissent l’expertise nécessaire pour engager des politiques publics efficaces, ont été apprivoisés pour certains et dissous pour d’autres.

Le CNES, transformé en Conseil qui justifie les errances économiques et sociales de l’exécutif. A cela s’ajoute le gèle du Conseil algérien de l’énergie qui détermine et oriente la politique énergétique du pays, faisant de ce secteur stratégique et vital pour la Nation, un secteur ouvert aux prédateurs nationaux et internationaux.

 

La dissolution du Conseil supérieur de l’Education qui œuvrait à doter le système éducatif national d’une politique efficace, en termes d’enseignement, de formation, de recherche scientifique pour le mettre au diapason des attentes des Algériens ambitieux de mettre leur pays dans le giron des Nations qui avancent, fut aussi un acte irréfléchie, dont les résultats aujourd’hui sont perceptibles, à travers la délinquance juvénile ayant pris des proportions alarmantes et la déliquescence de la société, ainsi que la non performance du système économique et social.

Aujourd’hui, il n’y a plus d’équilibre des pouvoirs, mais, un seul pouvoir qui instrumentalise le Parlement, la justice et même les pouvoirs intermédiaires, à savoir les partis politiques, les syndicats et le mouvement associatif.

Le salut de notre pays passe par une refondation d’une constitution consensuelle et acceptée par tous qui instaure de la façon la plus claire et sans équivoque la séparation et l’équilibre des pouvoirs, une condition impérative pour construire l’Etat de droit et des citoyens.

Le Parlement doit retrouver sa vocation principale, celle de légiférer en toute indépendance et de contrôler l’exécutif en toute autonomie. Le pouvoir judiciaire doit inéluctablement être réhabilité. Il s’agit d’une urgence salvatrice qui sauvera le pays du chaos. Le pouvoir judicaire doit reprendre entièrement ses prérogatives pour mettre un terme à la gabegie,  à la dilapidation des richesses de la Nation et à la « hogra ». Il est impératif aussi de libérer le champ politique de manière à réhabiliter l’opposition politique et lui conférer son rôle naturel, celui du contre pouvoir et de jouer pleinement sa mission celle d’assurer l’alternance démocratique et pacifique. Il est aussi urgent de remettre de l’ordre dans la fonction publique, en réhabilitant le statut du commis de l’Etat, de façon à garantir sa neutralité, en l’affranchissant de la tutelle partisane et de le soustraire de sa situation actuelle, celle qui fait de lui, un courtisan au service d’une oligarchie et non pas au service de l’Etat et du citoyen.

Ces mesures découlent de notre souci de redressement de la situation, de réhabilitation des institutions de la République, ainsi que la création des conditions favorables à une refondation nationale qui passe par l’apaisement du climat social et politique, déjà, suffisamment délétère menaçant l’Etat-nation de désintégration.

Cet appel à toute la classe politique est un cri de détresse d’une nation en état de démantèlement, un cri citoyen et patriotique qui découle d’une conviction et d’une démarche mûrement réfléchie et surtout de notre souci d’œuvrer d’une manière résolue et pacifique pour instaurer l’Etat de droit, ancrer le pays dans la stabilité, condition sine qua none pour un véritable décollage économique.

La seule manière pour répondre à ce cri d’une nation en détresse est de mobiliser toutes les forces patriotiques et toutes les élites de la nation, autour d’un rassemblement le plus large possible pour barrer la route à l’oligarchie politico-financière et extirper le pays des mains de ceux qui veulent le noyer.  Un rassemblement autour de taches bien définies, à savoir la mise en place d’une transition démocratique pour doter le pays d’une Constitution consensuelle, redonner la parole aux citoyens en ouvrant le champ politique et médiatique et surtout permettre à la société civile de se réorganiser en toute autonomie.

 

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