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Archive for juillet, 2015

Un smig de consensus national pour la sauvegarde de la nation

Posted by bendrihem-haider on 21st juillet 2015

L’impérieuse nécessité d’un front de l’opposition

Haider BendrihemPublié dans El Watan le 04 - 06 - 2015

«Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu’ils peuvent provoquer des changements en se rassemblant.» 
Noam Chomsky
«Quelquefois, on peut tuer un Etat sans tuer un seul de ses membres.»
J.-J. Rousseau
Notre pays sombre dans une crise grave. Il s’agit d’une crise politique profonde, suscitée par l’absence de légitimité ayant sérieusement et définitivement ébranlé les relations entre les citoyens et leurs gouvernants. Une situation qui, visiblement, mènera le pays à terme vers l’irréparable. Face à ce constat, le pouvoir connaît une cacophonie indescriptible. Il y a d’abord les institutions de l’Etat qui s’effritent devant l’autel du pouvoir personnel, ensuite il y a les partis politiques du système qui implosent, enfin il y a le front social qui continue à s’emballer avec des pics alarmants au sud du pays.
Tout est fait dans l’improvisation, la précipitation et le mépris de l’autre afin d’imposer un scénario qui risque de mettre le pays à feu et à sang. Qu’est-ce qui explique cet état de fait ?
Ce pouvoir refuse de dresser un quelconque bilan de sa gestion qui a englouti plus de 1000 milliards de dollars pour de piteux résultats. Si ces sommes mirobolantes avaient été déboursées dans un autre pays, avec une bonne gouvernance et une véritable stratégie de développement, il aurait postulé à la candidature au G20. Notre pays s’enfonce dans le sous-développement, avec des classes d’école surchargées, passées de 44 élèves avant 1999 à 55 élèves, voire plus, dans certains lycées du pays, un système de santé en ruine et ruineux, des routes mal faites, des coupures d’électricité… et la liste est longue.
Ce pouvoir autiste refuse tout dialogue politique pouvant aider le pays à sortir de la situation dans laquelle il se débat. Après 16 ans de pouvoir sans partage, on continue à prôner la politique de la fuite en avant, l’improvisation et la diversion pour éviter de poser les véritables problèmes, initiant les faux débats et proposant de fausses solutions.
Tantôt on nous sort la révision de la Constitution, quand il n’y a plus rien pour occuper l’opinion et quand ce pouvoir sent l’étau se resserrer autour de lui à travers les pressions sociales et surtout à travers les initiatives de convergence de l’opposition, il lance un nouveau remaniement gouvernemental, qui ne répond à aucune logique économique, sociale ou encore moins politique, il ruse pour détourner l’opinion publique des questions urgentes.
En l’absence d’une stratégie de développement et dans l’incapacité chronique de se reformer politiquement, le pouvoir actuel use avec frénésie des finances engrangées de la seule rente pétrolière et continue à ignorer toute voix qui ne partage pas son bilan politique et économique.
Les huit plans appliqués le long des 15 ans de règne de Bouteflika n’ont pas changé ce modèle rentier. Pis encore, aujourd’hui on parle de moins d’un milliard de dollars d’exportations hors hydrocarbures, pour près de 65 milliards d’importations, une part très importante finit dans les poches des prédateurs qui agissent aujourd’hui à visage découvert.
Devant cette impasse, à la fois politique, économique, sociale et morale, les tenants du pouvoir refusent de regarder la réalité du pays en face et continuent à manœuvrer pour perdurer, à n’importe quel prix, et à faciliter la tâche aux prédateurs pour accaparer ce qui reste de la rente.
Pour remettre le débat sur les rails et créer surtout un rapport de force salvateur pour le pays, l’opposition est appelée à se mobiliser, se rassembler et surtout inscrire en urgence dans son agenda immédiat la préparation de l’après-Bouteflika.
Nous avons le choix entre l’option fataliste, en laissant notre pays sombrer dans une situation de régression stérile, sans fin, qui produit la prédation, la corruption, la mauvaise gouvernance et le mépris du citoyen, ou se lancer dans une opération de rassemblement de l’ensemble des patriotes qui veulent le bien pour ce pays. Cela aboutira à un consensus patriotique pour sauver le pays de la désintégration et de la violence programmée.
L’Algérie se trouve, aujourd’hui, dans une impasse historique. La crise dure depuis de nombreuses années, mais le chaos qui s’est installé ces dernières années est plus que préoccupant. Les institutions ont été déstabilisées de manière à remettre en cause même les fondements de l’Etat et son autorité.
Depuis plusieurs années, les contre-valeurs ont été davantage dopées, favorisant une corruption généralisée, ainsi qu’un populisme érigé en mode d’ascension politique. La nation ne peut supporter plus de dérives et de scandales.
Ce sont l’unité nationale et la cohésion sociale qui sont mises en péril. Il y a vraiment urgence de se mobiliser pour une action collective afin de sauver la nation d’une désintégration annoncée.
La conférence nationale de Zéralda du mois de juin 2014 constitue, certes, un acte fondateur politique majeur. Elle a permis de réconcilier une opposition fragmentée et a permis aussi de lancer les jalons d’une vision commune pour une sortie de crise. Mais elle n’a pas encore créé ce déclic citoyen pour engager un rapport de force avec les tenants du pouvoir, afin de les ramener à la table de négociations pour une sortie de crise apaisée.
Elle n’a pas non plus engagé une réflexion consensuelle sur les options qui peuvent éviter à notre pays le statu quo. Cette vision reste à concrétiser dans un projet commun et dans un cadre plus large que celui de Zéralda, à travers un congrès national de l’opposition pour une sortie de crise aboutissant à une action collective que les Algériens n’ont pas réussie depuis Novembre 1954.
Ce congrès fera l’objet d’un débat serein et responsable sur la base de la plateforme de Zéralda et arrêtera une stratégie commune et une feuille de route sous forme d’appel aux consciences patriotiques, afin d’arriver à l’objectif d’un changement apaisé et salvateur pour la nation entière.
Cet appel patriotique interpellera, d’abord, les organisateurs afin de s’éloigner des malentendus stériles, des débats marginaux et des manœuvres de leadership. Il interpellera, ensuite, les tenants du pouvoir sur leur responsabilité à continuer à ignorer une bonne partie de l’opinion publique et surtout à ignorer le danger qui guette la nation.
Il s’adressera, aussi, à l’ensemble de la classe politique afin de l’amener à surpasser ses divergences et à accepter une convergence responsable, dans l’objectif de créer les conditions de l’instauration d’une société démocratique, juste, pluraliste, pleinement respectueuse des droits humains, des libertés individuelles, fonctionnant selon des mécanismes socioéconomiques susceptibles d’assurer le bien-être de tous. Notre pays possède les moyens humains et matériels pour réussir ce défi.
L’opposition doit, dès aujourd’hui, s’entendre sur les outils d’une transition concertée avec toutes ses composantes et les forces patriotiques de la nation.
Seule une opposition unie et clairvoyante est capable de mobiliser le peuple pour une transition apaisée susceptible de remettre le pays sur le chemin du développement et du progrès.
La seule demande que l’opposition doit brandir, à l’heure actuelle, et qu’elle est appelée à considérer comme une condition non négociable, est la création d’une commission indépendante d’organisation des élections.
Cette commission doit centraliser à son niveau la révision du fichier électoral, le dépôt de dossier des candidats, le contrôle du scrutin et la publication des résultats. Après la mascarade des législatives de 2012, ayant permis au parti de l’argent de contrôler le Parlement, et celle de 2014 qui a permis à un Président malade et incapable de gouverner de rempiler pour la quatrième fois, il est du devoir de l’opposition et du peuple algérien de ne pas reculer sur cette demande légitime, pour barrer la route à toute autre élection en dehors de ce cadre afin de mettre à nu les fossoyeurs de la République.
Seule une action collective de toute l’opposition et des forces patriotiques de la nation, appuyée par une adhésion consciente du peuple, est à même de sauver l’Algérie de ce naufrage annoncé. Cet appel d’urgence pour un sursaut patriotique doit mettre l’ensemble des forces politiques devant leur responsabilité historique.
Un consensus doit être trouvé avec les tenants du pouvoir pour l’instauration de cette commission nationale d’organisation et de contrôle des élections.
Dans d’autres pays, comme la Tunisie, l’opposition s’est trouvée seule face à la vacance du pouvoir, habitée de ce devoir historique de mettre en place cette commission, alors que dans notre pays l’expérience est différente dans ce sens qu’un pouvoir de fait existe. Une fois que le consensus sera obtenu autour de cette commission, le débat sera ouvert sur les échéances électorales.
Quand l’opposition et les tenants du pouvoir s’accorderont sur la nature et les prérogatives de cette instance nationale d’organisation et de contrôle des élections, une Constitution consensuelle deviendra une réalité nationale et mettra le pays définitivement à l’abri de toute tentative de déstabilisation. L’opposition et les tenants du pouvoir sont appelés à concrétiser ce smig patriotique, à défaut le pays se dirigera droit vers la désintégration.
Le salut de la nation viendra inéluctablement d’urnes transparentes et d’élections propres, organisées par cette commission indépendante. Cette approche garantira le retour de la légitimité, facilitera le consensus pour une transition démocratique et en dernier lieu nous permettra de réussir le pari pacifique du changement de la nature actuelle du pouvoir. C’est la seule issue possible qui assurera à toutes les parties une sortie honorable et qui évitera certainement, si elle est matérialisée, à notre pays la tragédie libyenne, l’impasse au Yémen ou le drame syrien. 

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Ce pouvoir est devenu fou

Posted by bendrihem-haider on 19th juillet 2015

Ghardaïa, meurtrie, nous interpelle tous : ce pouvoir est devenu fou

Ghardaia sous état d'urgence maquillé.

Ghardaia sous état d’urgence maquillé.

Jacques Vergés, ancien membre du collectif des avocats du FLN en France durant la guerre de libération nationale, à propos du régime Algérien actuel: “Pour être tout à fait juste, je veux bien considérer qu’il existe entre Massu et vous une vraie différence. Massu combattait dans un pays qui n’était pas le sien, des hommes qui lui étaient en tout points étrangers. Vous, dans votre propre pays, vous traitez en ennemis des hommes qui sont vos frères, (…)Vous ne pourriez rien connaitre de pire. Je vous plains. Sincèrement, les maladies de l’âme se transmettent par les fesses. Ayant posé les vôtres sur les fauteuils des pieds-noirs, vous en avez attrapé les réflexes, et pire, les modes de pensées”.

L’Algérie n’est plus gouvernée au sens conventionnel du terme. Son président demeure toujours absent de la scène politique, en dehors de quelques apparitions protocolaires et une participation épistolaire et occasionnelle aux débats de l’heure, et ce, depuis son AVC en mars 2013. Au même moment, le pays, qui s’achemine avec ténacité et application vers une impasse politique, économique, culturelle et sociale historique, n’a jamais autant ressenti le besoin d’avoir un homme fort et clairvoyant aux commandes, accompagné d’institutions légitimes. Car, l’Algérie est fortement ébranlée par des jacqueries récurrentes qui risquent d’emporter le pays dans un mouvement de désintégration sociale incontrôlé.

Le Sud du pays s’embrase. Ouargla et Laghouat n’ont pas encore absorbé les mouvements de colère de ses chômeurs, In Salah brûle toujours sous la menace du gaz de schiste, Tamanrasset, Adrar et toutes les régions de l’Ahaggar et du Touat se solidarisent avec et observent les dérapages de ce pouvoir qui a perdu totalement la boussole au milizu de grand désert algérien, voilà que Ghardaïa n’a pas encore pansé ses blessures profondes depuis plus d’une année qu’elle replonge dans une crise très dangereuse pour la cohésion sociale et pour l’unité nationale. Devant ces menaces, le gouvernement semble être frappé par le syndrome “d’El Gueddafi”. Le feu est dans la demeure, au moment où ces gouvernants regardent ailleurs.

Les coûts de la non-gouvernance commencent à se faire sentir, et les dégâts sont déjà là. Les parrains de la décision du quatrième mandat pour un homme très malade et visiblement très fatigué, ne sont pas seulement des irresponsables politiques mais des criminels au sens politique, économique et humain. Il ne faut pas s’étonner de constater l’anarchie dans laquelle le pays s’est engouffré.

Les événements sanglants qui ont secoué les localités de Oued M’zab sont le prolongement naturel de toutes les émeutes que le pays a connu depuis le printemps noir de Kabylie où plus de 125 jeunes Algériens avaient été ravis à la vie par des balles assassines.

Ce qui vient de se passer à Ghardaia et ailleurs fait réellement honte à ce système, qui refuse d’entendre les cris de détresse des citoyens et la sonnette d’alarme tirée par des experts en politique, en économie et surtout le syndrome de la fin de la rente pétrolière et l’échec criminel de la non- préparation de l’Algérie à l’après pétrole.

Notre économie est toujours dépendante à 98% des exportations pétrolières, malgré plus de 1000 milliards de dollars dépensés pour une imaginaire relance économique, mais, pour un réel enrichissement extravagant de la nomenklatura et les courtisans du pouvoir. Quel crédit peut-on encore accorder à ce pouvoir, quand il demande aux algériens de serrer la ceinture. Pis encore, il a mis ce secteur entre des mains criminelles qui ont travaillé beaucoup plus pour préserver les intérêts des multinationales que les intérêts des Algériens. Quinze ans de non-gestion, de siphonage de notre pétrole, de gabegie, de corruption, voilà que nos gouvernants se réveillent tardivement pour réaliser qu’ils n’ont rien fait pour diversifier notre économie, mais qu’ils ont créé une oligarchie devenue dangereuse pour la sécurité nationale.

Le pire est devant nous et non derrière nous.

Que les gouvernants de ce pays assument les conséquences et les dégâts qui en découlent! L’histoire retiendra leurs noms liés à leurs méfaits voire à leurs crimes.

Les événements de la vallée du M’zab et ailleurs sont entrain de sonner le glas de ce système grabataire. Encore une région meurtrie par des émeutes qui tournent au drame qui vient nous rappeler la crise sans précédent qui secoue une grande partie du sud du pays depuis plus d’une année. C’est un autre signal fort qui interpelle toute la société en général et les patriotes de ce pays en particulier.

Qui est en train de jouer avec le feu ? Qui veut orienter la colère légitime des jeunes algériens vers des dérives communautaristes meurtrières pour la cohésion nationale ? Ce pouvoir, qui ne lésine devant aucun moyen pour perdurer, risque d’avoir un coût très élevé pour notre peuple meurtri par des décennies de violence. Ce pouvoir et ses prolongements courtisans sont devenus un danger pour la sécurité nationale et la cohésion sociale.

D’abord, si le Président de la république est capable de gouverner, selon les affirmations de ses soutiens, il aurait pu se déplacer à Ghardaïa, à Ouargla, à Touggourt et à In Salah pour circonscrire la fitna à sa racine et remédier à la situation caractérisant cette partie du pays gagnée par le pourrissement.

Aujourd’hui, avec les protestations, les émeutes, les marches et les occupations des places publiques, il n’y’a désormais plus d’ordre ; c’est l’anarchie et même la désobéissance qui s’installent.

La crise est politique, il faut le répéter à chaque occasion pour ce pouvoir devenu autiste et aveugle, et elle nécessite prioritairement des solutions politiques et non sécuritaires. Des milliers de policiers et de gendarmes sont stationnés à Ghrardaia depuis plusieurs mois sans aucun résultats et aujourd’hui le pouvoir d’Alger a pris la décision de mobiliser des militaires qui ne sont nullement formés pour ce genre de conflit, cela coûte non seulement très cher au trésor publics mais risque à la longue de fragiliser ces forces de l’ordre voire mettre en danger cette institution importante pour la sécurité nationale, juste pour combler les défaillances et dérives de politiques hasardeuses et illégitimes.

On ne gouverne pas un pays durablement à coups de matraques ou de Kalachnikov pour cacher les misères de la mauvaise gouvernance et l’incapacité à gérer les affaires de la Nation. Ces policiers, gendarmes et militaires sont en fin de compte des citoyens.

Il est temps de penser, dans le cadre de la refondation nationale, à une loi cadre clarifiant les champs d’intervention des institutions sécuritaire et militaire, afin, de mettre définitivement un terme à l’utilisation de balles réelles contre des manifestants citoyens, tout en soulignant clairement l’utilité publique de ces institutions sécuritaires au service de la Nation et non au service de personnes et des dérives d’un pouvoir illégitime.

Les bénéficiaires de ce système, qu’ils soient civils ou militaires, savent déjà que le vent du changement commence à souffler, ils s’attaquent frontalement et de façon disproportionnée à toute voix discordante qui risque de mettre leurs intérêts en danger.

Ce qui s’est passé à In salah, à Tamanrasset, à Tougourt et qui se répété à Ghradaia, prend aujourd’hui des allures de révoltes et de désobéissance civile, ceci n’est qu’une partie de leur bilan et de leurs œuvres.

Un bilan qui est, sans conteste, négatif, marqué par la corruption, le régionalisme, les détournements des biens de l’Etat, le gaspillage et la fronde qui a gagné l’ensemble des couches sociales.

Le pays vit une crise politique inédite, caractérisée par l’absence d’un centre de décision politique clair et responsable, remplacé par des centres de décision opaques qui servent des intérêts personnels et claniques, au détriment de l’intérêt général, de la stabilité et de la sécurité du pays.

La crise de Ghardaïa, de Touggourt d’In Salah et d’ailleurs, est, d’abord, une crise de représentativité politique. Les citoyens respectés et respectables ne s’engagent plus dans les élections puisqu’ils savent d’avance que les élections seront truquées et que l’administration favorisera ceux qui sont soumis à son diktat. Les conséquences du nouveau code communal en vigueur depuis deux ans sont là.

Depuis 2 années de crise grave à Ghardaïa, nous n’avons jamais entendu parler de rencontres entre les élus locaux et les citoyens, la primauté de l’administratif et du sécuritaire sur le politique est le résultat de cette catastrophe nationale. Touggourt, In Salah et aujourd’hui Ghardaïa ne sont que des micro-laboratoires de ce qui se passera demain dans toutes les wilayas du territoire national.

Il est temps que de nouvelles lois dans le cadre d’une rupture radicale avec ce pouvoir plus qu’irrésponsable et corrompu et dans le sillage d’une refondation nationale réhabilitant le politique et, surtout, l’élu que ce soit local ou national, en redonnant tout d’abord à l’élection son sens politique majeur, à savoir la réhabilitation du rôle du député dans ses fonctions de législateur et contrôleur des politiques de l’exécutif, du maire qui doit être le premier magistrat de la commune et le rôle du président de l’APW qui devient le premier magistrat de la wilaya, si toutefois nos assemblées élues reflètent le véritable choix des électeurs.

Le wali et son exécutif sont les représentants du gouvernement au niveau de la Wilaya, ils veillent à l’exécution et au respect des lois et non à la gestion politique et économique des affaires de la wilaya. Tant qu’on n’a pas répondu à ces questions sensibles, faisant que l’élu est responsable devant ses électeurs et que le fonctionnaire n’est responsable que devant celui qui le nomme, la corruption, les émeutes et la désobéissance civile continueront à se généraliser. Actuellement, il n’y’a plus de contrôle sur la gestion, ni contrôle populaire ni contrôle judiciaire, les élections sont truquées et la justice n’est ni indépendante ni un pouvoir à part entière.

Nous savons que les hauts fonctionnaires de la République, comme le chef de daïra et le wali, ne rentrent pas tous dans cette catégorie de véreux, il y’a beaucoup de cadres de l’administration locale qui sont compétents, intègres et dévoués à leurs travail. Ils ont besoin aussi d’être protégés par des statuts pour qu’ils soient réhabilités dans leur statut de commis de l’Etat au service des citoyens et non des employés au service d’un système ou d’un clan corrompu et anti national. Sinon comment expliquer la mort tragique du wali d’Annaba et la démission de plusieurs commis de l’Etat.

Actuellement, les programmes des élus locaux se limitent à des projets de réfection de routes et de trottoirs, des opérations de surcroît surévaluées et sources de corruption et qui ne se terminent jamais. Il est temps que le développement local ait un sens dans le programme des élus locaux. Il est temps que les élus locaux s’occupent sérieusement de la gestion de la cité, de l’école, de l’environnement et du développement au sens durable du terme. Il est temps que les élus locaux prennent en charge les préoccupations des citoyens, surtout les plus vulnérables. Il est temps que l’élu local ait une idée sur les besoins de sa localité, le nombre de chômeurs, le type de formation qu’il faut pour les jeunes en chômage, en fonction du développement de la région et des projets programmés dans sa localité.

Il est temps aussi que les partis politiques deviennent des institutions et des écoles politiques et que le ministère de l’Intérieur s’occupe sérieusement des réformes du territoire et de la sécurité des citoyens et de leurs biens, au lieu de continuer à jouer à la police politique, en tant que machine qui bloque la vie politique. A ce moment ce genre de conflit trouvera vite des interlocuteurs crédibles et sérieux pour trouver des solutions fiables et justes.

Les partis politiques ont un rôle à jouer dans la formation des futurs élus de la République dont la stabilité et le développement en dépendent.

Ghardaïa, Touggourt et In Salah sont peut-être aussi, une occasion pour prendre conscience de nos insuffisances pour mieux y remédier. Un défi pour une refondation de l’Etat national est lancé. Il est encore temps de sauver la République de cette dérive oligarchique meurtrière. La sauvegarde des acquis de l’Etat nation a un coût certes, mais, il sera certainement moins coûteux que celui du maintien de cette oligarchie à la tête du pays.

Haider Bendrihem

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